Dix ans après avoir été dévastée par les violences post-électorales de 2016, la RTN ne survit plus que par la volonté de ses équipes. Entre murs criblés de balles et absence de subventions, le groupe lance un appel de la dernière chance aux autorités publiques gabonaises.
Les stigmates du passé sont toujours là, figés dans le béton. A la Radio Télévision Nazareth (RTN), le décor ressemble encore à un champ de bataille. « Ce ne sont pas des coups de matraque, ce sont des impacts de balles réelles », martèle le président fondateur, Georges Bruno Ngoussi. Dans la cour, les carcasses de cinq véhicules calcinés témoignent de la violence du raid subi en 2016. Depuis, le média pionnier peine à se relever, faute de moyens et de reconnaissance institutionnelle.

L’amertume du Révérend Ngoussi est palpable. Au-delà des dégâts matériels, c’est l’absence de soutien de l’Etat qui interroge. « Nous n’avons jamais reçu de subventions depuis la création de la structure. Cet état de fait persiste, même après que RTN a été décimée par les affres du pouvoir en 2016 », déplore-t-il.
Pour la rédaction, l’enjeu dépasse le simple cadre d’une entreprise privée. « Ce que nous faisons, c’est pour plusieurs familles gabonaises », rappelle le fondateur, soulignant le rôle social et spirituel du groupe dans le paysage médiatique national.

Le défi de l’information à bout de souffle
Dans les studios de fortune, l’exercice du métier est devenu un acte de résistance. Armand Mba, rédacteur en chef, alerte sur les conditions précaires des techniciens et journalistes. «Nous travaillons avec des moyens limités, mais nous continuons d’informer, car c’est notre mission », confie-t-il.

Pourtant, le cri d’alarme est clair : sans un geste fort des autorités de la Ve République pour la reconstruction du siège et le renouvellement du matériel, « c’est toute une voix qui risque de s’éteindre ». Le média espère aujourd’hui que le cri de détresse de la Radio Télévision Nazareth sera enfin entendu à Libreville.