Face aux difficultés économiques du secteur, la municipalité de Libreville a instauré, le 26 mars dernier, un moratoire sur le paiement des autorisations de circuler. Cette mesure offre une flexibilité de paiement inédite aux opérateurs de marchandises.
L’initiative émane directement du maire, Pierre Matthieu Obame Etoughe. En répondant favorablement aux doléances du Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (SYLTEG), l’édile a choisi de desserrer l’étau fiscal qui pèse sur les professionnels de la route, sans pour autant renoncer au cadre réglementaire.
Un paiement « à la carte »
Le cœur de ce dispositif repose sur une souplesse de trésorerie. Désormais, les transporteurs ne sont plus contraints par un calendrier rigide : ils peuvent s’acquitter de la taxe municipale de manière trimestrielle, semestrielle ou annuelle.
Ce répit administratif tombe à point nommé pour des entreprises confrontées à l’explosion de leurs charges d’exploitation et à une conjoncture incertaine. L’objectif de la mairie est double : soutenir l’activité économique tout en garantissant que chaque véhicule conserve sa régularité administrative.
Si la mairie accorde des facilités de paiement, elle ne transige pas sur la discipline. « Souplesse » ne signifie pas « exonération ». Au contraire, la municipalité muscle ses contrôles pour assainir un secteur trop souvent miné par l’informel.
Désormais, la légalisation des autorisations auprès de l’état civil devient impérative. Cette étape vise à sécuriser les documents officiels et à barrer la route aux réseaux de fraude. Les services municipaux ont reçu des consignes claires : la vérification de la conformité des titres de transport sera stricte.
Le pari du dialogue
Au-delà de l’aspect financier, cette décision marque une volonté politique de privilégier le dialogue avec les corps intermédiaires comme le SYLTEG. En faisant des transporteurs des partenaires plutôt que de simples contribuables, la mairie espère améliorer durablement le climat des affaires à Libreville.
Ce moratoire agit comme un test : la flexibilité fiscale réussira-t-elle à encourager la formalisation du secteur ? Pour les transporteurs, cette bouffée d’oxygène est, en tout cas, un premier signal fort envoyé par l’hôtel de ville.


