Trente-quatre ans, jour pour jour, après sa disparition le souvenir de Martine Oulabou a vibré ce 23 mars 2026. A l’occasion de la Journée nationale de l’enseignant, l’Association Réconciliation (AR) a honoré la mémoire de l’institutrice à l’école publique éponyme, tout en exigeant une reconnaissance officielle et judiciaire.
L’émotion était palpable dans la cour de l’établissement. Enseignants, élèves et figures de la société civile se sont réunis pour marquer ce triste anniversaire. Instituée en mémoire du sacrifice de cette enseignante tombée en 1992, la date du 23 mars reste le symbole de la lutte pour la dignité du corps enseignant au Gabon.
Pour l’Association Réconciliation, le devoir de mémoire ne suffit plus. Sa présidente, Aïcha Claudine Tsoumbou, a profité de cette tribune pour interpeller les plus hautes autorités de l’État. « Le sacrifice de Martine Oulabou ne doit pas se réduire à une simple commémoration annuelle », a-t-elle martelé, réclamant une réhabilitation à la hauteur de son engagement.

Au-delà des honneurs, l’AR pointe du doigt la situation précaire des ayants droit. Mme Tsoumbou a rappelé que les enfants de la défunte portent encore le poids de cette tragédie, sans soutien d’envergure. L’association demande désormais un dédommagement concret et un accompagnement digne pour la famille.
Le silence de la justice dénoncé
Le point d’orgue de cette commémoration fut le rappel de l’impunité qui entoure ce dossier. Plus de trois décennies après les faits, aucune vérité judiciaire n’a été établie. « Nous ne pouvons pas continuer à tourner la page sans responsabilité », a dénoncé la présidente de l’AR.
En maintenant cette pression, l’association espère que la lumière sera enfin faite sur les circonstances du drame de 1992. Pour les militants, Martine Oulabou doit passer du statut de martyre oubliée à celui de pilier reconnu de l’histoire éducative gabonaise.
Plus qu’un hommage, l’Association Réconciliation (AR) a transformé cette cérémonie en réquisitoire contre l’oubli. Sa présidente, Aïcha Claudine Tsoumbou, a dénoncé avec force l’absence totale de vérité judiciaire depuis 1992. « On ne peut pas bâtir une Nation sur des non-dits. Le sang de Martine Oulabou crie justice », a-t-elle lancé devant une assemblée silencieuse.
L’AR articule ses revendications autour de trois axes non négociables. La réhabilitation juridique. L’ouverture d’une enquête officielle pour élucider les circonstances exactes du décès, alors que les témoins de l’époque évoquent toujours un tir ciblé des forces de l’ordre lors de la marche pacifique de 1992.
La réparation morale et financière. Un dédommagement conséquent pour les ayants droit, dont les enfants ont grandi dans l’ombre de ce drame sans soutien étatique.
L’ancrage historique. L’intégration officielle de cette figure dans les programmes scolaires gabonais pour que son sacrifice devienne un levier pédagogique sur la citoyenneté et le droit syndical.
En clôturant son intervention, la présidente de l’AR a prévenu : « La reconnaissance symbolique ne suffit plus. » L’association entend maintenir une pression constante sur le gouvernement afin que Martine Oulabou ne soit plus seulement une « martyre de l’école », mais le symbole d’une justice restaurée pour tous les enseignants du pays.