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Gabon-CEEAC : Libreville pousse pour l’indépendance financière de l’Afrique centrale

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Au Palais des Congrès de Libreville, le Vice-président du gouvernement gabonais, Hermann Immongault, a célébré l’anniversaire de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. Derrière les discours d’unité, le Gabon a mis le doigt sur le principal frein de l’institution : sa dépendance financière.

Le décor était solennel, hier, sous les voûtes du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville. Venu représenter le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Vice-président du gouvernement (VPG), Hermann Immongault, s’est avancé à la tribune pour célébrer le 43e anniversaire de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).

Sous le mot d’ordre ambitieux : « Consolidez l’intégration régionale pour une Afrique centrale intégrée, pacifique, prospère et solidaire », cette commémoration a réuni le corps diplomatique et les hauts cadres de la sous-région. Mais au-delà du protocole et des appels traditionnels à la solidarité entre les onze États membres, Libreville a profité de cette tribune pour poser un diagnostic sans concession sur les faiblesses structurelles de l’organisation.

Le nerf de la guerre : l’autonomie budgétaire

Quarante-trois ans après sa création, la CEEAC souffre toujours du même mal : le manque de moyens. Conscient que les grandes ambitions restent de vaines promesses sans financements pérennes, Hermann Immongault a centré son discours sur le pragmatisme économique. «L’enjeu majeur de ce 43e anniversaire réside dans l’autonomisation budgétaire de notre institution », a martelé le Vice-président du gouvernement.

Pour sortir la Commission de la précarité financière, le représentant gabonais a exigé l’application stricte et sans compromis de l’article 95 du traité révisé de la Communauté. Ce texte prévoit un mécanisme précis : la Contribution communautaire d’intégration (CCI). Conçue pour prélever un pourcentage sur les importations afin de financer directement l’institution, cette taxe souffre depuis des années d’un manque flagrant de recouvrement et du retard de paiement de plusieurs États membres. En tapant du poing sur la table, le Gabon rappelle ses partenaires à leurs obligations juridiques.

Passer des discours aux chantiers concrets

Pour Libreville, l’indépendance financière de la CEEAC est la condition sine qua non pour répondre aux crises sécuritaires et humanitaires qui secouent la sous-région, du bassin du Congo aux frontières des Grands Lacs. Sécuriser les fonds de la Commission doit permettre de financer les infrastructures de transport et d’énergie, maillons manquants d’un marché commun encore balbutiant.

Dans cette optique de souveraineté économique, le VPG a également remis sur le devant de la scène un serpent de mer institutionnel : la création effective de la Banque de développement de la Communauté. Cet outil financier, attendu de longue date par les opérateurs économiques, est désormais présenté comme le bras armé indispensable pour soutenir les grands chantiers transfrontaliers.

Alors que l’Afrique centrale fait face à des bouleversements géopolitiques majeurs, le message envoyé par le Gabon est limpide : la CEEAC ne pourra plus se contenter de célébrer sa longévité. Elle doit désormais se donner les moyens de sa politique pour transformer son espace régional en un bloc véritablement uni, stable et prospère.

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