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Gabon : Alain-Claude Bilie-By-Nze fustige un nouveau Code de la nationalité « discriminatoire »

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L’ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) est monté au créneau ce 1er avril 2026. Il dénonce une réforme « dangereuse » qui instaurerait plusieurs catégories de citoyens et fragiliserait la cohésion nationale.

Après les sorties remarquées d’Ali Akbar Onanga Y’Obegue et de Landry Abaga Essono, c’est au tour d’Alain-Claude Bilie-By-Nze de briser le silence. Lors d’une conférence de presse très attendue, le leader de EPG a fustigé l’ordonnance n°004/PR portant nouveau Code de la nationalité, un texte qui cristallise désormais les tensions au sein de la classe politique gabonaise.

Un « passage en force » législatif

L’ancien chef du gouvernement a d’abord pointé du doigt la méthode employée par l’exécutif. Selon lui, le choix de légiférer par ordonnance à quelques jours seulement de la rentrée parlementaire s’apparente à une erreur stratégique majeure.

« Sur un sujet aussi sensible, qui touche à l’identité même de la Nation, le dialogue et la concertation auraient dû primer sur l’urgence », a-t-il martelé, regrettant l’absence de débat de fond au sein de l’hémicycle.

Ce que dénonce Bilie-By-Nze

La méthode : un passage par ordonnance jugé trop rapide et sans débat parlementaire. La hiérarchisation : la création de “sous-catégories” de Gabonais selon le mode d’acquisition de la nationalité. L’exclusion : l’interdiction d’accès aux hautes fonctions (Défense, Magistrature) pour certains citoyens. L’arbitraire : le retrait de la nationalité pour « subversion », désormais décidé par l’Exécutif et non plus par un juge.

Des citoyens de « seconde zone » ?

Sur le fond, Bilie-By-Nze s’inquiète d’une dérive constitutionnelle. Le nouveau texte introduirait des restrictions d’accès aux hautes fonctions de l’Etat basées sur le mode d’acquisition de la nationalité. Une disposition que le président de EPG qualifie de discriminatoire.

Il a notamment illustré son propos en évoquant les secteurs de la Défense et de la Magistrature : « Comment admettre que des citoyens puissent servir leur pays, parfois au péril de leur vie, tout en se voyant interdire l’accès aux plus hautes responsabilités ? » s’est-il interrogé, dénonçant une rupture du principe d’égalité républicaine.

La menace du retrait de nationalité

Autre point de discorde majeur : le pouvoir discrétionnaire accordé à l’Exécutif pour retirer la nationalité gabonaise en cas de « subversion ». Jusqu’ici, cette prérogative relevait de l’autorité judiciaire. Pour l’ancien Premier ministre, ce glissement de compétences ouvre la porte à des dérives arbitraires.

Face à ce qu’il considère comme un texte de « division », Alain-Claude Bilie-By-Nze appelle au retrait pur et simple de l’ordonnance. Il prône l’ouverture d’assises nationales impliquant experts et forces vives de la nation pour réécrire un texte qui, selon ses mots, doit « rassembler les Gabonais plutôt que de les trier ».

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