AccueilA La UneFrance-Gabon : une amitié à sens unique ?

France-Gabon : une amitié à sens unique ?

Publié le
Écouter cet article

Alors qu’Emmanuel Macron est au Gabon pour une visite d’État, l’écart de traitement entre Français au Gabon et Gabonais en France questionne. Une réalité d’autant plus frappante que la coopération est ancienne, étroite et officiellement « gagnant-gagnant ».

Depuis l’époque coloniale, les liens entre la France et le Gabon sont constants. Mais à l’épreuve des faits, les Français vivant au Gabon semblent bénéficier d’avantages que les Gabonais n’obtiennent pas en France. Ici, aucun Français n’est chômeur, mendiant ou en difficulté administrative. L’accueil est fluide, les titres de séjour sont délivrés rapidement et les sociétés françaises prospèrent : mines, BTP, ports, automobile, import–export. Certaines ont fait naître de véritables fortunes, comme celle de Christian Kerangall, figure emblématique de l’économie gabonaise.

À l’inverse, l’entrée en France relève souvent du parcours du combattant. Obtenir un visa est un défi, même pour les étudiants ou les touristes. Les évacuations sanitaires sont alourdies par des exigences administratives complexes. Et une fois en France, la situation peut virer au cauchemar, notamment pour les étudiants gabonais.

Un collectif installé dans l’Hexagone alerte : des centaines d’étudiants seraient privés de titres de séjour, malgré des dossiers complets. Avec la dématérialisation totale des préfectures, « le seul interlocuteur, c’est la machine », déplorent-ils.

Conséquences : perte d’aides, impossibilité de travailler ou d’effectuer des stages, difficultés à se loger ou se soigner. Certains échouent dans leur cursus, faute de moyens de subsistance.

Les étudiants s’interrogent : comment parler de coopération équilibrée quand les Français obtiennent au Gabon des facilités qui leur sont refusées en France ? Ils appellent le président Brice Clotaire Oligui Nguema à faire de ce sujet une priorité lors de son entretien avec Emmanuel Macron.

La visite du président français au Gabon apparaît ainsi comme un moment-clé pour réexaminer la question des visas, des titres de séjour et, plus globalement, le principe même d’un partenariat réellement réciproque.

Articles similaires

Dernières nouvelles

CECA-GADIS

Les + Lus