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Éducation nationale : Docteur Iloko Boussengui fustige une « faute politique » et appelle à l’arbitrage du chef de l’État

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L’ancien candidat à l’élection présidentielle, le docteur Stéphane Germain Iloko Boussengui, vient de publier une analyse incisive sur la crise scolaire qui secoue le Gabon. Entre rigueur juridique et mise en garde politique, il dénonce l’amateurisme du gouvernement et exhorte la présidence à reprendre la main pour éviter un point de rupture définitif.

L’interpellation des leaders syndicaux Simon Ndong Edzo et Marcel Libama constitue le point de départ d’une réflexion qui ne fait aucune concession sur le respect des textes. Si le docteur Iloko Boussengui reconnaît le bien-fondé des plaintes des enseignants, il n’en demeure pas moins intraitable sur la forme. « L’association SOS Éducation, à l’origine du déclenchement de ce mouvement, ne dispose ni de la qualité juridique ni de la légitimité syndicale requises », tranche-t-il d’emblée. La lutte syndicale étant strictement encadrée en République gabonaise, « toute action de grève menée en dehors de ce cadre constitue une violation caractérisée des règles », rappelle l’homme politique avec fermeté.

L’illégalité légitimée par l’exécutif

Mais le « juriste » s’efface rapidement derrière l’analyste politique pour pointer les errements de l’exécutif. Selon lui, l’État s’est enfermé dans un piège en discutant avec des interlocuteurs non habilités. « Le gouvernement porte une faute politique majeure », estime-t-il, avant de préciser qu’en acceptant de négocier avec une structure informelle, « l’exécutif a contribué à légitimer l’illégalité ». Cette confusion des rôles aurait ainsi affaibli l’autorité de l’État, laissant place à une gestion par l’émotion et la force plutôt que par la règle.

Le diagnostic est d’autant plus sévère que l’ancien candidat voit dans la répression actuelle un aveu d’impuissance. « On ne négocie pas avec l’illégalité un jour pour la réprimer brutalement le lendemain », déplore-t-il. Pour lui, les poursuites judiciaires et les récits de manipulation ne sont que des « récits commodes » destinés à masquer une stratégie incohérente. « Les arrestations arbitraires, les intimidations et les démonstrations de force sont inopportunes et dangereuses », insiste le docteur Iloko Boussengui, alertant sur le risque d’une fracture sociale profonde.

Un appel au dernier rempart républicain

La solution réside désormais dans une intervention directe du sommet de l’État pour restaurer la confiance. Prenant l’exemple de la gestion de la crise dans le secteur de la Santé, il invite le président de la République à recevoir les syndicats légaux pour « leur parler avec franchise, responsabilité et vérité ». Il s’agit, selon lui, d’un impératif pour préserver l’esprit de rupture né le 30 août 2023. « La Ve République ne peut se construire sur la confusion des rôles », martèle-t-il en conclusion, rappelant que chaque jour d’hésitation menace l’équilibre même de la Nation.

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