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lundi, 26 janvier 2026
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    [Editorial] Nous sommes poussière, et nous retournerons en poussière

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    « Vanité des vanités, tout est vanité », nous rappelle l’Ecclésiaste. Au Gabon – alors que le quotidien d’autres pays est rythmé par les désastres – cette vérité résonne parfois comme un avertissement ignoré. La vie est un souffle bref, un battement d’ombre entre deux silences. Nous naissons nus, et nous repartons seuls, emportés vers la terre de nos ancêtres dans un costume que les termites ne tarderont pas à revendiquer.

    Dès lors, à quoi sert cette course folle à l’accumulation, ce besoin de confisquer le bien commun ? L’Histoire est d’une cruelle lucidité. Omar Bongo lui-même, au soir de sa vie, l’avait formulé avec une gravité presque prophétique : « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon, ce que nous sommes en train de faire. Il nous observe, il dit « amusez-vous », mais le jour où il voudra aussi nous sanctionner, il le fera ». Cet aveu d’un homme qui a connu tous les sommets du pouvoir souligne l’essentiel : l’or et l’influence n’achètent pas une seconde d’éternité, ni ne nous soustraient au jugement de l’Histoire.

    Pourquoi nous déchirer pour l’éphémère ?

    Steve Jobs n’a pas piraté la mort. Les puissants d’hier, dont les noms ornaient nos édifices, habitent aujourd’hui le même silence que le citoyen anonyme. Si les moyens de l’État et l’autorité absolue ne peuvent garantir la vie éternelle, pourquoi nous déchirer pour l’éphémère ? Pourquoi ne pas consacrer notre énergie à ce « vivre-ensemble » qui seul survit au temps ?

    Le véritable développement ne se mesure pas à la hauteur des forteresses privées, mais à la qualité de l’harmonie sociale. Jean d’Ormesson nous rappelait que nous sommes des « égarés » sans carte fiable. Mais au Gabon, cette boussole existe : c’est la conscience du bien collectif. Si tant est que l’âme survive, il vaut mieux quitter ce monde avec la certitude d’avoir bâti pour les autres plutôt que d’avoir thésaurisé pour soi.

    La mort égalise les rangs, mais la vie devrait nous rapprocher. Aimons-nous maintenant, pendant qu’il est temps. Car, au bout du compte, nous sommes poussière, et nous retournerons en poussière. Et comme le dit la clameur populaire : « Aimons-nous vivants ! », car demain, il ne restera que le souvenir des actes posés pour la Patrie.

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