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     [Éditorial] Le venin de la division

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    Le Gabon s’est bâti sur une âme pacifique. Une nation où près de quarante ethnies vivent ensemble, se marient entre elles, partagent les mêmes quartiers, les mêmes deuils et les mêmes espoirs. Terre d’immigration, le Gabon a longtemps offert sécurité et hospitalité à de fortes communautés étrangères, parfois même au-delà du strict cadre administratif. Cette tolérance, rare en Afrique, a fait notre fierté et notre force.

    Aujourd’hui, ce socle vacille. Des discours dangereux, extrémistes, xénophobes et stigmatisants gagnent l’espace public. Le plus grave n’est pas qu’ils viennent de citoyens anonymes, mais de personnes qui se présentent comme proches collaborateurs, défenseurs ou porte-voix du président de la République. À ce niveau, le silence devient une faute.

    Comment accepter qu’un responsable se réclamant des traditions accuse publiquement, sans la moindre preuve, cinq pays africains de comploter contre le Gabon ? Mesure-t-il seulement les lourdes conséquences diplomatiques que de telles déclarations peuvent engendrer ? Comment tolérer des propos qui indexent des communautés entières, parlant « d’extrémistes Batéké », de « quelques Myéné en embuscade », ou mettant en cause des populations du Haut-Ogooué ? L’histoire nous l’a appris : les drames collectifs commencent toujours par des mots. Le Rwanda n’a pas sombré en un jour.

    Le Conseil national des rites et traditions du Gabon, censé incarner la sagesse, l’équilibre et la paix, a failli. Pire, appeler à chasser des étrangers en les menaçant de « misère, maladie et mort » relève d’une irresponsabilité aux conséquences incalculables pour la sécurité intérieure et les relations diplomatiques du pays.

    Dans un État sérieux, la justice devrait s’autosaisir. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema doit clairement désavouer et écarter ces voix toxiques. Il est le garant du vivre-ensemble, la clé de voûte de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Il ne peut laisser parler en son nom ceux qui, hier déjà, ont égaré le pays et qui rêvent aujourd’hui de prospérer par l’exclusion, le tribalisme et la peur. Car ces mêmes « esprits tordus », qui avaient enfermé Ali Bongo Ondimba dans un cocon de privilèges et de prédation en instrumentalisant le tribalisme comme bouclier, cherchent désormais à reproduire la même manœuvre autour du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Le vivre-ensemble est aujourd’hui gravement menacé, non par le peuple, mais par une caste mue par la boulimie financière et la quête des privilèges, prête à réhabiliter l’exclusion et la division pour régner sur les ruines de notre fraternité nationale. Quel modèle social voulons-nous pour le Gabon ? Au-delà de la transition des institutions, il est impératif d’engager une véritable transition des mentalités. Car le Gabon que nous voulons est un pays de paix et d’harmonie, où le vivre-ensemble n’est pas un slogan, mais une vertu sacrée.

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