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    AccueilEditorial Grève des enseignants : un appel à une meilleure redistribution de la richesse nationale

    [Editorial] Grève des enseignants : un appel à une meilleure redistribution de la richesse nationale

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    Depuis quelques jours, le monde de l’éducation est paralysé dans notre pays par une grève d’une extrême ampleur. Cet arrêt de travail ne doit pas être vu comme une simple fronde corporatiste. Il est révélateur d’un problème plus profond : la mauvaise gestion des agents de l’Etat, l’égoïsme d’une « élite comprador », le sentiment d’injustice face au traitement des différentes catégories d’agents publics…

    Les revendications des enseignants — rappels impayés, carrières bloquées, conditions de travail dégradées — ne sont pas nouvelles. Elles traduisent un sentiment d’injustice accumulé au fil des années, depuis l’ère Omar Bongo.

    Ce malaise n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un système où : certains corps bénéficient d’avantages importants, tandis que d’autres, pourtant essentiels à la construction du capital humain, sont laissés pour-compte. Cette asymétrie crée une fracture silencieuse mais profonde : celle de la reconnaissance sociale.

    Recrutements sans critères clairs

    Cette crise va passer au révélateur les décisions prises au plus haut sommet de l’Etat, que les enseignants, particulièrement, interprètent comme une injustice qui leur est infligée. Cette perception est le fruit de recrutements sans critères clairs. La masse salariale a bien augmenté de 700 à 900 milliards de Fcfa mais, pourtant, les besoins au sein de l’éducation nationale restent énormes.

    Comment comprendre que des avantages sont accordés à plusieurs corporations, comme les agents des finances, les officiers généraux, les parlementaires, et l’enseignant laissé à l’écart ? Si l’on considère que l’enseignant est celui qui forme l’homme, prépare les cadres, les ingénieurs, les médecins, les officiers, les entrepreneurs et les décideurs de demain, alors la place qui lui est accordée dans la structure des avantages publics est en contradiction avec son rôle réel.

    Une profonde réflexion sur la redistribution des avantages

    Un pays qui sous-valorise ses enseignants se prive de sa propre capacité de transformation. La justice sociale ne peut pas être sélective. La crise qui secoue aujourd’hui le monde de l’éducation appelle à une profonde réflexion sur la redistribution des avantages au sein des agents de l’Etat.

    Qu’on ne se trompe pas : le corps social a enregistré les signaux contradictoires du Gouvernement ces derniers mois : le procès dit de la « Young team » sans réforme visible sur les avantages attribués aux hauts dirigeants (ministres, conseillers spéciaux, directeurs de cabinets…) ; la politique fiscale indifférenciée qui, désormais, n’épargnera plus les plus faibles, notamment avec des mesures telles que la taxe d’habitation.

    Dans une certaine mesure, le corps social y répond par la fulgurance de cette grève au sein de l’éducation nationale. Il revient au Gouvernement de décoder les signaux et les traduire en une politique de gestion des agents de l’Etat plus équitable.

    La fronde des enseignants n’est pas seulement un conflit social. C’est une alerte. Une invitation à repenser : la justice sociale, la valorisation des métiers essentiels, la cohérence des avantages, et la gouvernance des ressources humaines de l’État.

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