Entre reconnaissance du droit de grève et soutien aux mesures gouvernementales, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) a pris officiellement position sur la crise scolaire. Par la voix de sa porte-parole, Frédérique Eyang Beyeme, l’ancienne formation au pouvoir tente de concilier les impératifs budgétaires de l’État et la détresse des enseignants.
La formation politique a tenu, d’entrée de jeu, à lever toute ambiguïté sur sa perception du conflit. « Le caractère légitime des revendications du corps enseignant ne fait l’ombre d’aucun doute pour le PDG », a d’abord affirmé la porte-parole, précisant que le mouvement s’appuie sur un « socle juridique qui consacre le droit fondamental de faire grève conformément à l’article 23, alinéa 3, de la Constitution du 19 décembre 2024 ». Cette reconnaissance de la « noblesse » des revendications, régularisations administratives et paiement des rappels, ne l’empêche pas de souligner la complexité technique de la situation.
Le parti met en avant l’efficacité de la nouvelle commission tripartite, un dispositif jugé historique. « Par le passé, les négociations de ce type n’intervenaient que dans le cadre sectoriel », a rappelé Frédérique Eyang Beyeme, avant d’ajouter qu’avec ce mécanisme, les ministres sont désormais « mis en situation d’œuvrer avec célérité et efficacité à la résolution de la crise ». Le PDG note par ailleurs que 4 000 dossiers sur 6 574 ont déjà été régularisés, y voyant des « avancées loin d’être négligeables » dans un contexte de crise.
Cependant, le réalisme budgétaire reste le pivot de l’argumentation. La loi de finances 2026 ayant été adoptée sans ces dépenses, « le réalisme voudrait qu’elles soient prises en compte par la loi de finances rectificative », estime le parti. Dans cette attente, la formation fustige l’émergence de leaders « dépourvus de légitimité » tout en invitant le pouvoir à la retenue, car « l’emprisonnement des leaders syndicaux n’est jamais de bon augure » selon l’organisation.
Le PDG exhorte les enseignants à transformer l’essai du protocole d’accord signé le 20 janvier dernier par une reprise immédiate du travail. Invoquant le patriotisme et l’héritage de paix du président Omar Bongo Ondimba, le communiqué rappelle que l’avenir de la jeunesse ne peut être sacrifié. Le dialogue a tracé une voie ; il appartient désormais aux acteurs de l’emprunter pour éviter définitivement le spectre d’une année blanche.
