Après la déroute des Léopards de la RDC face aux Fennecs algériens en huitièmes de finale de la CAN 2025, Michel Kuka, alias « Lumumba Vea », a regagné Kinshasa le jeudi 8 janvier 2026. Malgré de multiples sollicitations visant à le retenir au Maroc jusqu’au terme de la compétition, l’homme qui a marqué l’histoire de ce tournoi par sa présence constante et ses gestes symboliques a choisi de s’éclipser en même temps que son équipe nationale.
Cet homme, quasi incognito sur ses propres terres avant l’événement, s’est imposé comme le personnage le plus populaire auprès du public du Royaume chérifien. Durant les quatre rencontres disputées par la sélection congolaise, il a offert une image attractive et mémorable, loin d’être un simple passage météorique dans les tribunes.
Sa particularité résidait dans une attitude inhabituelle au milieu du tumulte assourdissant des stades : il imposait le silence. Immobile, drapé aux couleurs nationales et le bras droit levé, il incarnait la dignité, la retenue et la mémoire de Patrice Emery Lumumba.

L’intégrité d’un symbole face aux offres lucratives
Mais face à la défaite, au terme d’une confrontation haletante où le score est resté vierge jusqu’au bout du temps réglementaire, le piédestal a vacillé. Submergé par l’émotion, la figure emblématique a laissé place à l’image d’un supporter meurtri, éclatant en sanglots alors que le rêve des tirs au but s’envolait.
Au-delà de l’émotion, l’intégrité de l’homme force le respect. Michel Kuka aurait décliné une proposition de la Fédération marocaine de football s’élevant à 2000 dollars par match pour le reste du tournoi. Le contrat impliquait qu’il change de tenue en fonction des équipes en lice. Fidèle à son idéal, il a estimé que rester après l’élimination de la RDC aurait été une trahison envers son pays.
Cette dignité rare, que ni l’argent ni les études ne peuvent acheter, témoigne d’une éducation et d’un patriotisme profond qui interroge désormais les observateurs sur la manière de valoriser ce nouvel aspect culturel ayant rayonné sur le monde durant cette CAN.


