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Macron salue la « nouvelle ère » du Gabon et promet un partenariat « réinventé »

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En visite officielle à Libreville, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France aux autorités gabonaises, appelant à un partenariat bilatéral « gagnant-gagnant » et « respectueux ».

Lors d’un point de presse conjoint avec son homologue, Brice Clotaire Oligui Nguema, le président français a salué la rapidité et le respect des engagements pris par les autorités de la Transition. Il a cité le Gabon comme un « exemple » de stabilité dans un contexte de déstabilisation régionale. Accueilli en grandes pompes le 23 novembre, le chef de l’État français a qualifié le 30 août 2023 de « tournant » ouvrant une « nouvelle ère fondée sur le renouveau, l’inclusivité, la pluralité ». La France, a-t-il souligné, a « dès les premiers instants soutenu la transition ».

Il a félicité le président Oligui Nguema pour avoir respecté les délais fixés et pour l’élection du 12 avril, qui l’a confirmé à la tête d’une nouvelle République. Les prochaines échéances nationales et locales permettront de « parachever tout le processus ».

Partenariat économique et valorisation

Au-delà de la politique, Macron a insisté sur un partenariat économique « réinventé » et mutuellement bénéfique, en phase avec la vision gabonaise de la transformation. La France se dit « pleinement disponible » pour accélérer les investissements.

Avec 85 filiales françaises au Gabon (12 000 emplois), le soutien se concentrera sur l’eau, l’assainissement, la gestion des déchets et les infrastructures. Un contrat majeur a été signé avec l’Agence française de développement (AFD) pour accompagner le développement du transport ferroviaire.

Macron salue la « nouvelle ère » du Gabon et promet un partenariat « réinventé »
Oligui Nguéma pose les bases d’un nouveau chapitre dans les relations Gabon-France, exigeant transparence économique et justice pour les fonds détournés.

Des engagements ont aussi été pris concernant le manganèse pour assurer sa transformation accrue sur place, créant « plus de richesse ». Le président français a réaffirmé que « l’Afrique ne peut plus être un continent de simple extraction des ressources », épousant ainsi la vision d’Oligui Nguéma pour une transformation locale des richesses du sous-sol gabonais.

Sécurité, environnement et jeunesse

La sécurité et l’environnement restent des piliers. La France a « totalement transformé » son partenariat de défense sur une base « réciproque », ciblant la formation et l’équipement des forces gabonaises. Le Gabon est appelé à devenir une « référence régionale », notamment via la création de l’Académie de protection de l’environnement, dédiée à la lutte contre le braconnage et l’orpaillage illégal.

Concernant l’environnement, la France affecte intégralement 60 millions d’euros (issus d’un accord de conversion de dette) à la gestion durable des écosystèmes forestiers.

Macron a souligné que la « vraie richesse du Gabon, c’est sa jeunesse », annonçant l’inauguration du nouvel Institut français du Gabon et confirmant le soutien à l’éducation et à l’entrepreneuriat culturel.

Ce déplacement réaffirme la volonté de Paris de s’inscrire durablement dans « l’esprit de respect mutuel », loin des critiques associées aux anciennes relations françafricaines. « La France sera là à sa juste place. C’est-à-dire celle d’un ami qui veut vous aider à réussir… », a conclu le chef de l’État français, scellant l’engagement de Paris aux côtés d’un Gabon résolument décidé à redéfinir les termes de sa souveraineté.

Le gouvernement dément l’exclusion des éleveurs locaux du marché du poulet

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Le ministère de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural a opposé un démenti formel aux rumeurs persistantes suggérant l’exclusion des fermiers gabonais du marché du poulet de chair au profit d’investisseurs étrangers. Dans un communiqué publié le vendredi 21 novembre, le gouvernement a réaffirmé son soutien indéfectible à la production nationale, qualifiant ces allégations de « totalement infondées » et ne reflétant « en rien la politique nationale en matière de développement avicole ».

Le ministère a profité de cette mise au point pour détailler le Plan d’action national pour l’autosuffisance avicole. Ce programme stratégique vise à renforcer la production locale de poulet de chair et, à terme, à réduire drastiquement la dépendance aux importations.

Ce plan découle directement des conclusions du Forum national de concertation tenu les 25 et 26 août 2025, dont l’objectif central était d’établir une feuille de route claire pour la mise en œuvre effective de l’interdiction d’importer du poulet de chair.

La feuille de route prévoit notamment la création de six fermes avicoles intégrées, l’installation de quatre cents PME avicoles à travers le pays, ainsi que l’expérimentation de l’aviculture familiale et villageoise. Le gouvernement affirme ainsi vouloir soutenir activement les exploitations nationales dans leurs efforts de modernisation.

Afin de disposer d’un diagnostic précis, un recensement des acteurs avicoles nationaux a été lancé en juillet et août 2025. Parallèlement, une enquête conjointe menée avec le ministère de la Planification est en cours pour identifier les capacités existantes et les opportunités de développement. Le gouvernement invite par ailleurs les producteurs locaux à s’organiser et à présenter leurs projets d’expansion, promettant un accompagnement technique et financier ciblé.

L’appel du gouvernement est clair : un retour à la sérénité et au dialogue. Il exhorte toutes les parties prenantes à « éviter les polémiques et les accusations infondées » afin d’assurer le succès de cette transition économique majeure. « Nous devons poursuivre ce processus dans un climat de confiance et de détermination », conclut le communiqué du ministère, réaffirmant la volonté du gouvernement de faire de l’aviculture un secteur stratégique pour l’économie nationale.

Micro-trottoir

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Pour la première visite d’Emmanuel Macron au Gabon depuis l’arrivée du président Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du pays, nous sommes allés recueillir les avis de quelques personnalités gabonaises. Ci-dessous, ce qu’elles en pensent :

Geoffroy Foumboula Libeka (ancien député de la Transition, leader de la société civile) 

Geoffroy Foumboula Libeka (ancien député de la Transition, leader de la société civile)
Geoffroy Foumboula Libeka (ancien député de la Transition, leader de la société civile)

Je ne comprends pas pourquoi l’arrivée d’Emmanuel Macron au Gabon devrait susciter un questionnement particulier. Pour moi, il est un président comme les autres, et sa venue relève simplement d’une visite d’amitié, un acte diplomatique normal. La France demeure certes un partenaire historique du Gabon.

S’agissant du partenariat gagnant-gagnant, il ne se décrète pas ; il se construit en fonction des priorités du Gabon. Sous la Transition, le pays a pu définir lui-même ses orientations. Dans les BTP, par exemple, plusieurs marchés reviennent désormais à des entreprises gabonaises, alors qu’autrefois, ce secteur semblait dominé par quelques sociétés françaises comme Colas.

Le Gabon diversifie aujourd’hui ses partenaires sans attendre l’aval de quiconque. La France reste un partenaire historique, en raison de notre passé commun et de l’influence culturelle encore visible, notamment à travers la langue française. Mais ce lien ne doit plus conditionner nos choix économiques. Le Gabon s’est affranchi de la domination économique française et coopère désormais avec une variété d’acteurs, dont de nombreux partenaires asiatiques. C’est donc à la France de s’adapter à cette réalité et de revoir son approche. De son côté, le Gabon poursuit sa diversification, valorise ses entreprises nationales et traite ses partenaires sur un pied d’égalité.

Pepecy Ogouliguende (femme leader et ancienne députée de la Transition)

Pepecy Ogouliguende (femme leader et ancienne députée de la Transition)
Pepecy Ogouliguende (femme leader et ancienne députée de la Transition)

 Le coup de libération a marqué un réel désir de changement en matière de gouvernance, et je pense que le président français en est conscient. Il aura un autre regard sur notre pays, et les réalisations du président Brice Clotaire Oligui Nguema démontreront sa volonté manifeste de mettre l’accent sur le développement du Gabon.

La France demeure un partenaire historique du Gabon. Toutefois, avec la mondialisation et la période post-Transition, de nouveaux investisseurs arrivent dans le pays. Le partenariat gagnant-gagnant s’impose aujourd’hui, car la concurrence saine et loyale entre tous les partenaires est essentielle. Par ailleurs, les populations attendent la satisfaction de leurs besoins essentiels et le développement durable du Gabon. C’est la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, matérialisée par son projet de société pour lequel il a été plébiscité, et qui guide notre essor vers la félicité. 

Georges Mpaga (président du Conseil d’administration du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon, sénateur élu)

Georges Mpaga (président du Conseil d’administration du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon, sénateur élu)
Georges Mpaga (président du Conseil d’administration du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon, sénateur élu)

Je partage pleinement la vision du président sur le renouveau des relations entre la France et le Gabon, qu’elles soient politiques, stratégiques ou économiques. Cela passe par la révision des anciens accords, souvent signés dans l’opacité et désavantageant le Gabon. Les compagnies extractives françaises, comme Total ou Eramet, doivent désormais se conformer aux standards de l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives, ndr), publier systématiquement leurs rapports et garantir la transparence sur la propriété réelle des entreprises. Il est essentiel de mettre en place un registre de propriété effective et de rendre publics les accords pétroliers, miniers et forestiers, pour que les citoyens puissent suivre le flux budgétaire et exercer un contrôle sur l’action publique.

Par ailleurs, la France doit coopérer avec la justice gabonaise pour le rapatriement des avoirs mal acquis placés dans ses banques. Ces fonds, issus de détournements et de corruption, doivent revenir au Gabon. En tant que démocrate gabonais et président du Conseil d’administration du principal réseau de bonne gouvernance, j’exige que des mécanismes efficaces de recouvrement soient mis en place. Notre objectif est clair : établir des accords gagnant-gagnant où la France, comme le Gabon, tire bénéfice de relations transparentes et équitables, tout en sanctionnant les pratiques économiques illégales du passé.

Gildas Awong (chercheur au CENAREST)

Gildas Awong (chercheur au CENAREST)
Gildas Awong (chercheur au CENAREST)

Nous attendons du séjour d’Emmanuel Macron que soient revisités les accords économiques, sociaux et militaires entre le Gabon et la France. Le pays a déjà commencé à revoir certains partenariats, notamment avec l’Union européenne dans le secteur de la pêche. Des ajustements sont également nécessaires au niveau de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord, ndr) et du Camp de Gaulle, où les effectifs militaires ont été réévalués. Le Gabon devient un pays stratégique en Afrique centrale, surtout à un moment où certains Etats de la sous-région ont tourné le dos, et Paris ne peut pas se permettre de perdre cette coopération. Au-delà de la sécurité et des partenariats, il est important que le président gabonais aborde avec Emmanuel Macron la question fiscale : les entreprises françaises doivent contribuer aux recettes de l’État. Ces ressources pourraient renforcer le développement national et soutenir le dynamisme économique du pays. Il s’agit donc de profiter de cette visite pour clarifier les relations, réévaluer les accords et instaurer une coopération véritablement gagnant-gagnant.

Mark Malekou (homme politique)

Mark Malekou (homme politique)
Mark Malekou (homme politique)

Le Gabon reste encore largement sous l’influence de la France, malgré l’indépendance proclamée en 1960. Politiquement, aucun dirigeant n’aurait accédé au pouvoir sans l’appui français. Economiquement, plus de 80 % des ressources naturelles sont exploitées par des groupes étrangers. Monétairement, l’utilisation du franc CFA limite la souveraineté économique. Et, militairement, la présence d’instructeurs étrangers affaiblit l’autonomie nationale. Cette dépendance partielle empêche le Gabon de devenir pleinement maître de son destin.

Pour changer cette situation, il faut réévaluer les relations avec la France et reprendre le contrôle des leviers politiques, économiques, monétaires et militaires. La reconquête de la souveraineté totale apparaît comme le préalable indispensable pour bâtir un Gabon véritablement indépendant et capable de définir lui-même son avenir, tout en préservant un partenariat équilibré avec les pays amis.

Recueillis par Darelle Mamba, Douglas Mamboundou & Andréa Ontsuma

Gabon : 65 ans après notre Indépendance, est-ce toujours la faute de la France ?

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Ce questionnement est de saison. Tant, la responsabilité du pays de Gaulle dans le sous-développement de ses anciennes colonies est devenue une antienne. Et pourtant, il suffit de dérouler le tapis de la gouvernance de nos Etats pour se convaincre du contraire.

Le sentiment anti-français qui traverse les pays francophones n’est pas une vue de l’esprit. Héritage colonial, rapports asymétriques, exploitation des ressources : tout cela a existé, et personne ne peut le nier. Oui, la France a longtemps profité du pétrole, du bois ou du manganèse gabonais pour asseoir son développement. Mais l’honnêteté intellectuelle impose d’aller au-delà des réflexes faciles : une grande partie de notre sous-développement porte notre propre empreinte.

Qui peut affirmer avoir subi des injonctions françaises pour détourner les budgets destinés aux routes, aux écoles ou aux hôpitaux ? Quel dirigeant français a demandé à des responsables gabonais de siphonner la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) au point d’asphyxier pharmacies et hôpitaux ? Aucun.

La corruption, le népotisme, l’enrichissement illicite et le blanchiment des capitaux ne sont pas des constructions importées : ils sont l’œuvre de nos propres élites.

En 2009, Ali Bongo Ondimba trouve 290 milliards dans le Fonds des générations futures : un pactole qui disparaît sans laisser les traces d’investissements structurants. Entre 2009 et 2023, le Gabon a disposé de milliers de milliards de budget, additionnés à d’innombrables prêts. Pour quel résultat ?

Le procès Bongo-Valentin a mis en lumière un système de prédation où une poignée d’individus a confondu trésor public et comptes personnels. En remontant plus loin, l’affaire des biens mal acquis d’Omar Bongo Ondimba finit de convaincre : notre mal est d’abord endogène.

Pourtant, lorsque la volonté politique existe, les avancées suivent. Ali Bongo, malgré une gouvernance aléatoire, a jeté les bases d’une industrialisation du bois sans que la France ne s’y oppose. Aujourd’hui, Brice Clotaire Oligui Nguema fixe des caps clairs : fin des importations de poulet en 2027, arrêt de l’exportation du manganèse brut en 2029. Preuve qu’avec une vision, le Gabon peut reprendre la main.

Accuser donc la France est confortable. Se regarder en face est plus difficile, mais indispensable pour construire, enfin, notre propre développement.

France-Gabon : une amitié à sens unique ?

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Alors qu’Emmanuel Macron est au Gabon pour une visite d’État, l’écart de traitement entre Français au Gabon et Gabonais en France questionne. Une réalité d’autant plus frappante que la coopération est ancienne, étroite et officiellement « gagnant-gagnant ».

Depuis l’époque coloniale, les liens entre la France et le Gabon sont constants. Mais à l’épreuve des faits, les Français vivant au Gabon semblent bénéficier d’avantages que les Gabonais n’obtiennent pas en France. Ici, aucun Français n’est chômeur, mendiant ou en difficulté administrative. L’accueil est fluide, les titres de séjour sont délivrés rapidement et les sociétés françaises prospèrent : mines, BTP, ports, automobile, import–export. Certaines ont fait naître de véritables fortunes, comme celle de Christian Kerangall, figure emblématique de l’économie gabonaise.

À l’inverse, l’entrée en France relève souvent du parcours du combattant. Obtenir un visa est un défi, même pour les étudiants ou les touristes. Les évacuations sanitaires sont alourdies par des exigences administratives complexes. Et une fois en France, la situation peut virer au cauchemar, notamment pour les étudiants gabonais.

Un collectif installé dans l’Hexagone alerte : des centaines d’étudiants seraient privés de titres de séjour, malgré des dossiers complets. Avec la dématérialisation totale des préfectures, « le seul interlocuteur, c’est la machine », déplorent-ils.

Conséquences : perte d’aides, impossibilité de travailler ou d’effectuer des stages, difficultés à se loger ou se soigner. Certains échouent dans leur cursus, faute de moyens de subsistance.

Les étudiants s’interrogent : comment parler de coopération équilibrée quand les Français obtiennent au Gabon des facilités qui leur sont refusées en France ? Ils appellent le président Brice Clotaire Oligui Nguema à faire de ce sujet une priorité lors de son entretien avec Emmanuel Macron.

La visite du président français au Gabon apparaît ainsi comme un moment-clé pour réexaminer la question des visas, des titres de séjour et, plus globalement, le principe même d’un partenariat réellement réciproque.

FACIGA : Atlantic Group réaffirme son engagement

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Parmi le parterre de personnalités et des acteurs majeurs des secteurs public et privé présents au Forum d’affaires Côte-d’Ivoire-Gabon (FACIGA), figurait Atlantic Group, à travers sa filiale AFG Bank Gabon, sponsor officiel du forum, réaffirmant ainsi son engagement à la consolidation d’un modèle de développement fondé sur la coopération, la création de valeur et l’innovation.

La délégation du Groupe, conduite par son président fondateur Koné Dossongui, a pris une part active à la première édition du FACIGA. Cette présence de haut niveau traduit la volonté du Groupe Atlantic d’inscrire sa filiale AFG Bank Gabon dans une dynamique ambitieuse visant à encourager la création de richesses au sein des économies, stimuler l’investissement privé, accompagner les entreprises dans des projets structurants et promouvoir des partenariats stratégiques.

Cette première journée marquant le lancement officiel de l’événement s’est achevée par un dîner de gala. Auparavant, des sessions dédiées, tables rondes et panels thématiques ont meublé les travaux. En accompagnant cette initiative, Atlantic Group et AFG Bank Gabon réaffirment leur volonté de soutenir les actions favorisant le développement économique interafricain et la montée en puissance des coopérations Sud-Sud.

A propos d’Atlantic Financial Group….

Atlantic Group est un conglomérat actif depuis plus de 40 années dans la banque, l’assurance, l’industrie, l’agro-industrie et l’agriculture. Son empreinte s’étend aujourd’hui sur 13 pays africains, de l’ouest, du centre et dans l’Océan indien. Guidé par une vision d’excellence africaine et de souveraineté économique, le groupe joue un rôle-clé dans la transformation industrielle du continent, favorisant une création de valeur intégrée et durable sur l’ensemble de ses marchés.

… et d’AFG Bank Gabon

Créée en 1945 au Gabon, sous le nom de BNCI, AFG Bank Gabon soutient depuis toujours l’économie gabonaise aux côtés de l’État et des opérateurs économiques. Première banque du pays à accompagner son développement, elle offre un marché des services financiers propice aux affaires.

Depuis 2020, son intégration au groupe AFG (Atlantique financial Group) ouvre des perspectives en Afrique centrale, de l’ouest et australe. Avec plus de 40 ans d’expertise en zones UEMOA, CEMAC et Océan indien, AFG supervise un large éventail d’activités financières, technologiques et d’assurance.

Dotée de fonds propres conséquents, AFG Bank Gabon reste une référence du secteur et un pilier historique du développement économique du Gabon.

Côte d’Ivoire-Gabon : Redéfinir les axes d’une coopération économique ambitieuse

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Près de 700 acteurs publics et privés des deux pays, dont des membres du gouvernement et des chefs d’entreprise, se sont réunis le 18 novembre 2025 au Nomad pour redéfinir les axes d’une coopération économique ambitieuse dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Placée sous le patronage d’Henri-Claude Oyima, ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances, de la dette et des participations, chargé de la lutte contre la vie chère et Vice-président du gouvernement par intérim, la première édition du Forum d’affaires Côte d’Ivoire-Gabon (FACIGA), tenue à Libreville le 18 novembre dernier était dédiée au renforcement de la coopération entre les deux pays. Autour de la table pour cette réflexion, des membres du gouvernement et acteurs économiques gabonais et ivoiriens.

Fruit de la volonté conjuguée des présidents Alassane Ouattara et Brice Clotaire Oligui Nguema qui souhaitent que soit franchie « une nouvelle étape dans la construction d’un partenariat Sud-Sud, fondé sur la solidarité, la complémentarité économique et l’ambition partagée de bâtir une économie résiliente, compétitive et souveraine », dira le ministre d’État Henri Claude Oyima. Ajoutant que tout comme la Côte d’Ivoire, le Gabon est également engagé sur la voie de l’économie de transformation des matières premières.

Durant les échanges, plusieurs agences d’investissement, entreprises, organisations patronales et chambres consulaires ont discuté autour de secteurs clés tels que l’agro-industrie, les infrastructures, l’énergie, les mines et la digitalisation. Des sujets de préoccupations autour desquels les chefs d’Etat gabonais et Ivoirien partagent une vision commune, comme l’a rappelé François Ndong Obiang, ministre gabonais des Affaires étrangères par intérim. Même si les échanges commerciaux ont doublé en cinq ans, ceux-ci restent en deçà du potentiel réel, a-t-on entendu.

Engagé dans une vaste refondation économique, le Gabon voit dans le FACIGA un levier important pour attirer l’expertise ivoirienne et renforcer son positionnement au sein du marché de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Le ministre d’État, en charge de l’Agriculture et du développement rural ivoirien, Kobenan Kouassi Adjoumani, a d’ailleurs présenté le modèle agricole de son pays, « fondé sur le PNIA (Programme national d’investissement agricole, ndr) 1 et 2 et les réformes pertinentes engagées par le président de la République, qui nous ont permis de hisser notre agriculture au sommet du monde dans plusieurs spéculations agricoles. »

Avant de révéler l’ambition commune de la Côte d’Ivoire et du Gabon d’établir « désormais une coopération Sud-Sud plus concrète, marquée par des projets conjoints, un renforcement des chaînes de valeur et un possible assouplissement du régime de visas. »

Emmanuel Macron au Gabon : un accueil triomphal pour un partenariat à réinventer

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Accueilli ce 23 novembre 2025 avec 21 coups de canon, un défilé militaire et une ferveur populaire exceptionnelle, Emmanuel Macron entame à Libreville une visite de 48 heures placée sous le signe d’un partenariat franco-gabonais appelé à se rééquilibrer et à entrer dans une nouvelle ère.

Une arrivée historique qui ravive des liens anciens

Emmanuel Macron a été reçu en grande pompe ce dimanche en fin d’après-midi par Brice Clotaire Oligui Nguema. Hymnes nationaux, revue des troupes, défilé militaire et salves d’artillerie ont donné à cette arrivée un éclat rare. Les populations, massées autour de l’aéroport, ont offert un accueil chaleureux au président français, saluant ce qu’elles perçoivent comme le début d’une phase renouvelée du partenariat.

Emmanuel Macron à Libreville
Arrivée d’Emmanuel Macron à Libreville, ce dimanche 23 novembre 2025 © Gabon24.

Ce faste renvoie à une histoire séculaire. En effet, l’histoire des relations Gabon-France commence au temps de la colonisation, lorsque la France établit ses premiers comptoirs sur les côtes gabonaises, installe des infrastructures et développe des entreprises pour exploiter les ressources naturelles du territoire. Dès cette époque, l’extraction du bois, du pétrole naissant, des minerais est organisée selon un schéma dominé par les intérêts français, qui jettent les bases d’un lien économique encore vigoureux aujourd’hui.

À l’indépendance, le Gabon choisit de maintenir des liens étroits avec l’ancienne métropole. Léon M’ba, premier président gabonais, cultive une relation personnelle et politique exceptionnelle avec Charles de Gaulle : il considère la France comme une « deuxième patrie » pour tout Gabonais. Sous son mandat, la coopération bilatérale se renforce dans tous les domaines, et la France devient un partenaire privilégié du Gabon souverain.

Son successeur, Omar Bongo Ondimba, poursuit dans cette tradition, tout en diversifiant les alliances internationales. Bien que Bongo tisse des liens avec d’autres puissances (pays émergents, nouveaux acteurs africains), la France demeure au premier plan. Cette double stratégie — diversification d’un côté, fidélité de l’autre — marque durablement les décennies de coopération et d’influence mutuelle.

Un partenariat multidimensionnel… mais des promesses non tenues

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron à sa descente d’avion à Libreville ce 23 novembre © Gabon24.

Les relations entre le Gabon et la France ne se sont pas limitées au symbolique : elles se sont matérialisées dans des secteurs stratégiques. Sur le plan économique, les entreprises françaises dominent dans le pétrole, le BTP et l’exploitation minière : Total (ex- Elf) opère dans les champs pétroliers, Bouygues ou Vinci contribuent aux infrastructures, et des sociétés extractives françaises, comme Eramet, exploitent manganèse et autres ressources. Sur le plan diplomatique, la France a soutenu le Gabon dans les enceintes internationales, a fourni aide financière et technique, et formé des élites gabonaises à travers des bourses d’études et des programmes éducatifs.

En matière d’aide, prêts, dons, expertise — militaire, administrative, sanitaire — la coopération est multiforme et profonde. Cependant, force est de constater que malgré ces appuis massifs, le développement du Gabon n’a pas véritablement décollé pour le plus grand nombre. La majorité des Gabonais ne vit pas dans des conditions de vie radicalement meilleures : chômage, inégalités, pauvreté persistent.

Les richesses du sous-sol, pétrole et manganèse surtout, bien que largement exploitées par des firmes françaises, n’ont pas toujours été transformées au profit du bien-être collectif. Le bilan socio-économique laisse transparaître un déséquilibre : des semences ont été semées, mais les retombées pour la population restent limitées.

Oligui Nguema et Macron : vers un partenariat réellement gagnant-gagnant

Avec l’arrivée de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon semble entrer dans une phase inédite de sa coopération avec la France. Emmanuel Macron, dont le second mandat s’achèvera au printemps 2027 (la prochaine présidentielle française est prévue en avril 2027), ne visite pas Libreville en simple hôte, mais en acteur conscient de la nécessité de repenser le partenariat franco-gabonais.

Oligui Nguema, fort de sa vision d’un Gabon souverain et ambitieux, souhaite rééquilibrer la coopération : il ne s’agit plus d’un rapport de dépendance, mais d’une alliance de co-développement. Parmi ses ambitions figure une coopération militaire renforcée, non plus seulement de présence, mais de transformation : le camp de Gaulle pourrait être converti en un centre de formation gabono-français, symbolisant ce nouveau partage de responsabilités. Il prône également une formation partagée, où les officiers gabonais et français apprennent ensemble, dans un cadre mutuellement bénéfique.

Emmanuel Macron accueilli à Libreville
Emmanuel Macron accueilli à Libreville ce dimanche 23 novembre, pour une visite axée sur le partenariat entre la France et le Gabon.

De plus, la dimension économique sera revisitée : Oligui Nguema entend que les projets industriels, les licences d’exploitation et les infrastructures soient négociés dans un cadre équitable, avec des retombées directes pour l’économie locale, l’emploi, et la technologie gabonaise. La présence d’une forte délégation du MEDEF et de plusieurs hommes d’affaires français accompagnant Emmanuel Macron témoigne d’ailleurs de la volonté affichée des deux parties de conclure de nouveaux accords économiques bénéfiques pour les deux pays.

La visite de 48 h de Macron au Gabon où il est arrivé ce dimanche, s’inscrit dans un continuum historique : elle répond à la consolidation d’un partenariat de longue date, mais surtout à la volonté de redéfinir une coopération sur des bases plus équilibrées et durables. Le programme officiel de la visite prévoit un tête-à-tête entre les deux chefs d’État, la signature de nouveaux accords et plusieurs visites de chantiers. Des étapes qui doivent marquer la transition vers une coopération modernisée, centrée sur l’équité et la transparence.

En somme, l’accueil triomphal réservé à Macron traduit une attente forte : que cette visite soit le point de départ d’un partenariat rénové, où les intérêts partagés s’accompagnent enfin d’un progrès visible pour le Gabon et pour son peuple.

National Foot : reprise en danger

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La patience du football gabonais a atteint ses limites. Après six mois d’arrêt forcé, l’incertitude autour de la reprise du National-Foot a poussé les acteurs clés du championnat à une réunion de crise le 22 novembre à Libreville. Dans une atmosphère décisive et sous haute pression, les clubs ont posé un ultimatum clair aux responsables de la Ligue nationale de football professionnel (Linafp) : si les championnats de première et deuxième divisions n’obtiennent pas de garanties institutionnelles avant la mi-décembre, la saison 2025-2026 sera tout simplement compromise.

L’absence prolongée de compétition génère une anxiété palpable chez les dirigeants. Landry Nkeyi, le président de l’Association des clubs de D1 et D2, a exprimé sans détour la frustration générale. « On ne peut pas être satisfait. Jusqu’à ce jour, il n’y a aucune visibilité. On ne sait toujours pas quand les championnats vont commencer », a-t-il déclaré, avant de préciser sans ambiguïté l’ultimatum posé par l’assemblée. « Nous nous sommes accordés, avec la Linafp et les clubs, que si au 15 décembre il n’y a toujours aucune avancée institutionnelle, il sera impossible de jouer », a-t-il martelé. Dépasser cette date butoir signifierait la mise en péril d’une nouvelle saison.

National Foot : reprise en danger

Sous la présidence de Brice Mbika, la Linafp a tenté d’apaiser les tensions en proposant un cap concret. Un consensus a été trouvé pour une reprise du championnat lors du week-end du 24 janvier 2026. Le président de la Linafp a affirmé que cet accord représente la volonté de faire redémarrer la machine. Toutefois, cette annonce reste suspendue à l’exécution des engagements institutionnels attendus d’ici le 15 décembre, notamment concernant le financement et la structuration du football national.

La date du 24 janvier 2026 apporte une lueur d’espoir, mais la méfiance prévaut. Le monde du football gabonais reste focalisé sur les deux prochaines semaines, guettant les décisions qui garantiront la tenue du National Foot. Si l’appel des clubs n’est pas entendu avant la mi-décembre, le risque est grand de voir le Gabon s’acheminer vers une nouvelle saison blanche, un scénario catastrophe pour le développement des joueurs et la crédibilité de la discipline au niveau national et international.

Mise en place du CESEC : La société civile dénonce un passage en force du ministère

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Les organisations de la société civile gabonaise haussent le ton. Réunies le samedi 22 novembre à ABC Mall aux Charbonnages, elles ont officiellement contesté l’arrêté du 17 novembre relatif au renouvellement du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Par la voix de leur porte-parole, Frédéric Mba Bibang, elles dénoncent des irrégularités majeures et un « passage en force » du ministère de la Réforme et des relations avec les institutions, annonçant l’intention de saisir la Cour constitutionnelle si le texte n’est pas révisé.

Le Gabon doit procéder à la mise en place du nouveau CESEC le 13 décembre prochain, conformément à la Constitution et à sa loi organique. Or, pour les organisations, l’arrêté ministériel introduit des dispositions qui contreviennent directement à ces textes fondateurs.

Frédéric Mba Bibang a souligné que le ministère a outrepassé ses prérogatives en modifiant les modalités de désignation des membres. La loi organique prévoit une composition de 99 membres répartis en quatre groupes distincts (associations, religieux, salariés et cadres de l’État), désignés principalement par leurs pairs. « L’exigence faite aux différentes composantes de transmettre un dossier de candidature au ministère s’écarte du principe fondamental de désignation par les pairs », a-t-il précisé.

Ajouts contestés et menace de recours

La société civile relève également deux autres irrégularités majeures dans le texte ministériel : l’ajout de nouveaux groupes, notamment la diaspora et les populations autochtones, qui ne figurent pas dans la loi organique en vigueur, ainsi que l’attribution de nominations directes au président de la République, au-delà des prérogatives prévues.

Mise en place du CESEC : La société civile dénonce un passage en force du ministère

Face à ces « irrégularités flagrantes », la société civile a décidé de mettre en demeure le gouvernement. « Le ministère de la Réforme et des relations avec les institutions ne peut se placer au-dessus de la loi organique ni au-dessus de la Constitution », a martelé le porte-parole.

Les organisations ont confirmé qu’elles « saisiront sous peu le ministre » afin de solliciter une révision immédiate de l’arrêté.

En cas d’absence de réponse favorable, la société civile a déjà annoncé qu’elle portera l’affaire devant la Cour constitutionnelle. Cette démarche vise à garantir un processus transparent et à faire du CESEC un véritable outil technique d’aide à la décision, plus représentatif et rigoureusement ancré dans le respect du droit. Les organisations se disent prêtes à poursuivre le dialogue, à condition que les textes de la République soient respectés.