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Mali : La BMS-SA valide son budget 2026 et muscle sa stratégie de croissance

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Réunie le 16 décembre à son siège de l’ACI 2000, la Banque malienne de solidarité (BMS-SA) a tenu sa 93 session de conseil d’administration. Sous la présidence de Yehia Ag Mohamed Ali, l’institution a non seulement adopté son budget pour l’exercice 2026, mais a également gravé dans le marbre une feuille de route ambitieuse visant à consolider son leadership financier au Mali et dans la sous-région.

Depuis 2022, la BMS-SA s’est imposée comme le pivot des grandes réformes structurelles de l’État. En remportant des appels d’offres stratégiques, la banque assure désormais la gestion de services critiques tels que la domiciliation des flux e-impôts ou le traitement des fonds liés aux passeports de l’AES et aux cartes nationales d’identité biométriques.

Ce rôle de partenaire de premier plan s’étend au financement des secteurs vitaux, où l’institution pilote la structuration financière de l’Office malien de l’habitat, soutient EDM-SA et intervient comme un acteur clé dans le financement de la filière coton.

Mali : La BMS-SA valide son budget 2026 et muscle sa stratégie de croissance

Expansion territoriale et assainissement financier

L’année 2026 marquera une nouvelle étape dans la stratégie de proximité de la banque. Pour soutenir cette dynamique, le Conseil d’Administration a validé une extension significative du réseau avec l’ouverture prochaine d’agences à Nioro du Sahel, à Yanfolila, ainsi qu’une nouvelle implantation dans le district de Bamako. Cette expansion ne s’arrête pas aux frontières nationales, puisque la succursale d’Abidjan verra également son maillage renforcé par deux nouvelles agences, confirmant l’ambition régionale de l’établissement.

Parallèlement à ce déploiement, la BMS-SA met l’accent sur une rigueur budgétaire accrue. La stratégie 2026 repose sur une optimisation des fonds propres et un assainissement rigoureux du portefeuille de crédit. Pour financer l’économie malienne à des taux compétitifs, la banque prévoit de mobiliser de nouvelles lignes de crédit auprès d’institutions internationales tout en intensifiant la collecte de dépôts sur l’ensemble du territoire national.

Gouvernance et transformation numérique

Forte de son statut de pionnière technologique grâce au succès de ses récents projets monétiques, la banque entend capitaliser sur sa transformation digitale pour améliorer l’expérience client. Sur le plan de la conformité, cette 93ᵉ session a permis d’aligner la gouvernance de l’institution sur les standards de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA). En adoptant de nouveaux plans de formation et en renforçant ses fonctions de contrôle interne, la BMS-SA définit une « appétence aux risques » maîtrisée, garantissant ainsi la pérennité de sa croissance.

En clôturant cette session budgétaire, la Banque malienne de solidarité réaffirme sa position de socle du développement économique, prête à relever les défis de l’exercice 2026 avec une résilience et une vision renouvelées.

[Tribune libre] Taxe forfaitaire d’habitation au Gabon : une normalité institutionnelle aux conséquences politiques et sociales discutables

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La création de la taxe forfaitaire d’habitation (TFH), telle qu’initiée, soulève une interrogation centrale : la conformité institutionnelle suffit-elle à légitimer une mesure fiscalement sensible dans un contexte social dégradé ?

Sur le plan strictement juridique, le recours au Parlement est conforme au principe de légalité de l’impôt. Sur les plans politique, démocratique et social, en revanche, la démarche apparaît plus fragile et comporte des risques non négligeables pour la confiance publique.

I. Une mesure juridiquement régulière, mais politiquement exposée

1. La normalité institutionnelle

Le Parlement est constitutionnellement compétent pour créer, modifier ou supprimer un impôt. Le renvoi d’une mesure fiscale sensible devant les représentants de la Nation respecte donc l’orthodoxie constitutionnelle et le principe du débat parlementaire.

2. Une responsabilité politiquement diluée

Toutefois, lorsqu’une taxe est perçue comme socialement impopulaire, son transfert au Parlement peut être interprété comme une dilution de la responsabilité politique de l’Exécutif, particulièrement dans un contexte de tensions sociales et d’érosion du pouvoir d’achat. Cette perception fragilise l’adhésion citoyenne, même lorsque la procédure est régulière.

II. Une inopportunité sociale manifeste

1. Un pouvoir d’achat structurellement affaibli

L’inflation persistante sur les produits de base, la hausse des coûts de transport et le poids des loyers ont considérablement réduit la capacité contributive réelle des ménages gabonais, notamment en milieu urbain. L’introduction d’un impôt forfaitaire, par définition déconnecté des revenus, revient à imposer indistinctement des ménages aux situations économiques profondément inégales.

2. Des services publics insuffisamment améliorés

Le consentement à l’impôt repose sur la perception d’un retour tangible :

 * Coupures récurrentes d’électricité ;

 * Accès irrégulier à l’eau ;

 * Faiblesse visible des investissements dans les services essentiels.

Dans ce contexte, demander un effort fiscal supplémentaire sans amélioration perceptible des prestations publiques compromet gravement l’acceptabilité de la mesure.

3. Une absence de pédagogie fiscale

Aucune communication structurée n’a accompagné la réforme : ni étude d’impact publiée, ni estimation claire des recettes attendues, ni affectation précise des fonds collectés. Cette carence nourrit la défiance et affaiblit la légitimité sociale de la TFH.

III. Une architecture fiscale techniquement et administrativement contestable

1. Le choix du forfait : une option régressive

Les standards contemporains de fiscalité locale privilégient des critères objectifs : valeur locative, surface, zone, voire revenus. Le forfait uniforme est reconnu comme socialement régressif, car il pèse proportionnellement plus lourd sur les ménages modestes.

2. Un adossement problématique à la facture SEEG

La facture d’eau et d’électricité supporte déjà plusieurs redevances. Y adosser une taxe d’habitation soulève trois difficultés majeures :

 * Confusion juridique entre redevance et impôt ;

 * Atteinte au consentement à l’impôt, le citoyen ne pouvant dissocier consommation et fiscalité ;

 * Risque de sanctions disproportionnées, notamment la coupure de services essentiels pour un litige fiscal. Ce mode de recouvrement est contraire aux bonnes pratiques internationales en matière de fiscalité locale.

IV. Une fragilité juridique réelle

1. Atteinte au principe d’égalité devant l’impôt

Un ménage modeste supporte la même charge qu’un foyer aisé ; un logement précaire est traité comme une résidence de haut standing. Cette absence de proportionnalité constitue une rupture manifeste du principe constitutionnel d’égalité fiscale.

2. Flou sur la compétence fiscale

La fiscalité liée à l’habitation relève traditionnellement des collectivités locales. Une taxe nationale mal articulée avec les compétences municipales pourrait soulever un contentieux constitutionnel.

3. Procédure insuffisamment transparente

L’introduction rapide de la TFH, sans débat public approfondi ni information préalable des citoyens, fragilise la régularité démocratique du processus.

V. Un rendement budgétaire marginal au regard des enjeux

Les données budgétaires 2025–2026 montrent un budget national dépassant 6 300 milliards FCFA, avec des investissements publics massifs. Dans cette configuration, le produit potentiel de la TFH reste marginal, sauf à alourdir excessivement la charge pesant sur les ménages.

Les véritables gisements financiers se situent ailleurs :

 * Rationalisation des dépenses publiques ;

 * Lutte contre l’évasion fiscale ;

 * Recouvrement des impôts impayés ;

 * Valorisation du patrimoine public ;

 * Modernisation de la gestion financière (digitalisation).

Conclusion

La taxe forfaitaire d’habitation, telle qu’actuellement conçue, apparaît socialement inadaptée, techniquement discutable, juridiquement fragile, administrativement maladroite et politiquement risquée.

Toute fiscalité repose sur un pacte implicite entre l’État et le citoyen, fondé sur la justice, la transparence et la proportionnalité. En l’absence de ces garanties, une réforme fiscale peut être légalement adoptée sans être durablement acceptée.

Une révision profonde de la TFH n’est donc pas une option politique : elle constitue une nécessité institutionnelle pour préserver la cohésion sociale et la crédibilité de l’action publique.

Arthur N’Doungou, Citoyen gabonais

 « Le temps des conventions déséquilibrées est révolu » : Oligui Nguema impose une nouvelle doctrine économique

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Dans une démonstration de fermeté souverainiste, le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 16 décembre les dirigeants des groupes Ciment d’Afrique (CIMAF) et Hunan Xinzhonao Investment. Ces audiences marquent un tournant structurel : le Gabon n’est plus une terre de simples concessions, mais un partenaire exigeant qui place désormais la nationalisation des emplois et la participation au capital au cœur de sa stratégie.

La rupture avec les pratiques du passé est désormais actée. S’adressant à Anas Sefrioui, PDG de CIMAF, le président de la Transition a défini une « ligne claire » pour la refondation des relations économiques. « Le temps des conventions déséquilibrées est révolu », a-t-il martelé, avant d’annoncer que l’État gabonais fera une entrée de force à hauteur de 10 % au capital de CIMAF. Cette participation stratégique, jusque-là inexistante, vise selon le chef de l’État à « garantir nos intérêts et faire en sorte que la richesse produite au Gabon bénéficie d’abord aux Gabonais ».

L'État exige désormais 10 % du capital pour les investisseurs étrangers.
L’État exige désormais 10 % du capital pour les investisseurs étrangers.

Cette exigence de souveraineté ne s’arrête pas aux conseils d’administration ; elle descend jusqu’au cœur de la chaîne de production. Oligui Nguema a signifié avec vigueur que la nationalisation des emplois liés à la sous-traitance, à la distribution et à la revente du ciment devra être effective sans délai.

L’enjeu est de briser les monopoles d’importation ou de services étrangers pour « intégrer pleinement les entrepreneurs gabonais à la chaîne de valeur ». Le Président a d’ailleurs prévenu qu’il veillera « personnellement à l’application stricte de cette orientation », précisant que ce modèle est appelé à s’étendre à toutes les entreprises opérant sur le territoire national.

Malgré cette fermeté, l’ambition industrielle reste au premier plan. Le groupe CIMAF a confirmé l’augmentation massive de la capacité de l’usine d’Owendo, qui passera de 850 000 à 1 850 000 tonnes par an dès septembre 2026 grâce à une troisième ligne de production.

Mais au-delà de l’Estuaire, c’est tout l’arrière-pays qui est visé par cette dynamique de relance. Le chef de l’État a exprimé sa volonté de redonner vie à la filiale CIMGabon–Franceville, située à Baya dans le Haut-Ogooué. « Ma vision est claire : industrialisation, emploi et souveraineté économique », a-t-il affirmé, liant la réouverture de ce site à une volonté de recréer une activité industrielle forte et des emplois durables dans les provinces.

Cette nouvelle ère économique, placée sous le signe de la « méthode, de la rigueur et de la responsabilité », redéfinit le contrat social entre l’État et les investisseurs. Pour les partenaires du Gabon, le cadre est désormais tracé : l’investissement ne sera plus seulement financier, il devra être un levier de développement humain et souverain.

Emploi : le PNPE part à la reconquête des talents de la diaspora

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Le Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE) entend désormais faire de la diaspora gabonaise un levier stratégique de sa politique. Cette nouvelle orientation a été au cœur d’une séance de travail tenue ce 16 décembre entre le Directeur général du PNPE, Pascal Franck Nze Ndong Nze, et le Secrétaire général du ministère du Travail, le colonel Bernard Obié.

Au cours des échanges, le patron du PNPE a exposé sa vision : l’ouverture de représentations de l’institution à l’étranger. Cette initiative vise à recenser précisément les compétences gabonaises établies hors du pays afin de faciliter leur contribution au développement national. L’objectif affiché est clair : endiguer la fuite des talents et valoriser l’expertise nationale partout où elle se trouve.

Cette démarche s’inscrit également dans une volonté de réduire significativement le recours aux autorisations d’emploi pour la main-d’œuvre étrangère. En privilégiant les profils gabonais, notamment ceux dotés d’une expérience internationale, le PNPE ambitionne de renforcer l’adéquation entre les besoins du marché et les compétences disponibles, tout en consolidant la souveraineté nationale en matière d’emploi.

En marge des discussions, le Directeur général a présenté le rapport statistique 2025 ainsi que le plan stratégique 2026-2030. Un projet de loi destiné à clarifier et renforcer les prérogatives du PNPE a également été soumis à l’attention de la tutelle.

À l’issue de la rencontre, les deux parties ont convenu de la nécessité d’une synergie accrue entre le PNPE et le ministère. Cette collaboration est jugée essentielle à la mise en œuvre effective d’une politique désormais tournée vers la mobilisation des forces vives de la nation, au service de la croissance économique.

Libreville sous les eaux : Le cri d’alarme des sinistrés face à l’urgence de l’aménagement

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La pluie diluvienne qui s’est abattue sur la capitale dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre a plongé les zones des PK10, 11 et 12 dans le chaos. Entre infrastructures de santé dévastées et familles sans abri, ce nouveau drame met à nu l’échec des politiques d’assainissement et d’urbanisation.

Le scénario, tragiquement répétitif, ne surprend plus mais continue de briser des vies. Des précipitations d’une rare intensité, rythmées par de violents orages, ont transformé les quartiers périphériques de Libreville en zones de désolation. Le bilan matériel est lourd : au-delà des toitures arrachées et des habitations privées effondrées, c’est l’ossature même des services publics qui vacille.

L’un des symboles les plus frappants de cette catastrophe est sans doute le Centre hospitalier de Melen, où les dégâts touchent directement le service de la vie. Michel Arnaud Saphou Damon, Directeur général de l’établissement, déplore avec amertume la perte totale de la maternité et de la salle d’accouchement, précisant que ses équipes sont désormais dans l’incapacité de procéder à des naissances. Cette paralysie sanitaire s’étend au secteur éducatif, puisque l’École nationale des arts et manufactures (ENAM) ainsi que le complexe scolaire de Melen ont également subi la fureur des eaux, compromettant l’avenir immédiat de centaines d’élèves.

Si la violence des éléments est indiscutable, l’origine du désastre réside dans une équation complexe où se mêlent urbanisme sauvage et déficit d’infrastructures. La construction dans des zones marécageuses ou à risques reste le point noir du développement de la capitale. Ici, la responsabilité est commune : si les populations doivent impérativement prendre conscience des dangers liés au choix des sites et à la précarité des matériaux, le civisme citoyen restera vain sans une interdiction stricte et rigoureusement appliquée de bâtir en zones inondables par les autorités.

Pour que Libreville cesse de s’écrouler à chaque saison des pluies, le simple constat ne suffit plus. L’urgence impose aujourd’hui une modernisation radicale des réseaux d’évacuation d’eau couplée à un plan d’accompagnement des pouvoirs publics pour la sécurisation des lieux d’habitation. Sans une politique d’assainissement d’envergure, la capitale restera à la merci du ciel, condamnant ses habitants à revivre, année après année, une tragédie pourtant évitable.

Coopération militaire : Le Gabon explore un partenariat avec le groupe chinois Lighthouse Garment

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En recevant le 16 décembre à Libreville une délégation de l’entreprise Lighthouse Garment Manufacturing PLC, conduite par son Manager général Chen Wenbing, le ministre de l’Intérieur Hermann Immongault a ouvert une réflexion stratégique sur la modernisation des dotations de l’armée. Assurant l’intérim de la Défense nationale, le membre du gouvernement explore ainsi de nouvelles pistes de coopération pour optimiser l’équipement des forces de défense gabonaises.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’ouverture visant à diversifier les partenaires du Gabon dans le domaine de la logistique militaire. Le groupe industriel chinois, déjà solidement implanté sur le continent avec une présence dans une quinzaine de pays, a profité de cette audience pour exposer ses ambitions. L’objectif est clair : accompagner les autorités de la Transition dans la fourniture d’effets et d’équipements destinés aux personnels des forces armées.

Les échanges, auxquels participaient le Secrétaire général du ministère de la Défense ainsi que plusieurs officiers généraux, ont permis de détailler l’éventail des solutions proposées. Les représentants de la firme ont mis en avant leur savoir-faire en matière d’équipements individuels des troupes, fort de leur expérience internationale et d’une intégration verticale incluant l’entreprise Tianjin Myway International.

Disposant d’une base opérationnelle à Addis-Abeba, en Éthiopie, le groupe entend s’appuyer sur cette proximité géographique pour développer un partenariat durable, adapté aux réalités du terrain africain.

Cette phase d’évaluation marque une étape importante pour les autorités gabonaises. Dans un contexte de montée en puissance des capacités nationales, l’amélioration des conditions d’équipement des soldats demeure un enjeu majeur de souveraineté et de sécurité.

Gabon : Clap de fin pour le Sénat de la Transition

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Le Sénat gabonais est entré, ce mercredi 17 décembre 2025, dans une séquence institutionnelle décisive marquant la fin de la Transition parlementaire. En effet, conformément au chronogramme officiel rendu public, les travaux de la dernière session ordinaire de l’année ont débuté dès la matinée avec l’enregistrement des nouveaux sénateurs et l’accomplissement des formalités administratives.

Dans un premier temps, cette phase préparatoire précède la cérémonie officielle de clôture de la mandature du Sénat de la Transition, prévue ce jour à 14 heures. Il s’agit là d’un moment solennel qui consacre la fin d’un cycle politique exceptionnel et qui ouvre, par conséquent, la voie à l’installation de la nouvelle législature.

Les sénateurs réunis pour la cérémonie de clôture.
Les sénateurs réunis pour la cérémonie de clôture.

Par la suite, les travaux se poursuivront jeudi 18 décembre à partir de 10 heures, avec l’élection du président et des membres du Bureau du Sénat. À cet égard, cette étape est déterminante, puisqu’elle permettra de doter la Haute chambre de sa nouvelle direction et, ainsi, de poser les bases de son fonctionnement pour les années à venir.

La Présidente du Sénat de la Transition, aux côtés d’Henry Claude Oyima et de François Ndong Obiang.
La Présidente du Sénat de la Transition, aux côtés d’Henry Claude Oyima et de François Ndong Obiang.

Pour finir, la séquence institutionnelle s’achèvera vendredi 19 décembre à 13 heures, lors de la cérémonie solennelle de clôture de la deuxième session ordinaire de l’année 2025. Cette étape marquera le terme définitif des travaux parlementaires pour l’exercice en cours.

Taxe forfaitaire d’habitation : l’équité fiscale à l’épreuve du Sénat

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Après l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, la chambre haute se saisit d’un dossier sensible. Entre impératifs budgétaires et protection du pouvoir d’achat, les sénateurs devront examiner la constitutionnalité et la justice sociale d’un nouvel impôt dont les contours restent à définir pour le contribuable gabonais.

L’Assemblée nationale a adopté la taxe forfaitaire d’habitation. Cette étape, bien que cruciale, ne constitue nullement l’aboutissement de la procédure législative. Conformément à l’équilibre de nos institutions, le Sénat demeure pleinement saisi du texte et appelé à en apprécier la portée, tant sur le plan juridique que social.

La création d’un nouvel impôt doit répondre à une double exigence : la conformité aux principes constitutionnels et l’adéquation au contexte socio-économique. Or, dans un environnement marqué par une pression accrue sur le pouvoir d’achat des ménages, toute charge fiscale supplémentaire appelle une analyse rigoureuse de son opportunité.

Le caractère forfaitaire de la taxe interroge particulièrement au regard du principe d’égalité devant l’impôt et de la prise en compte de la capacité contributive réelle des citoyens. À cela s’ajoutent des doutes relatifs à la cohérence du dispositif avec les prélèvements déjà supportés par les ménages au titre des services collectifs locaux, d’autant que l’affectation concrète du produit de cette taxe demeure insuffisamment explicitée. L’adhésion à l’impôt suppose pourtant une lisibilité claire de son utilité publique et des bénéfices attendus pour la collectivité.

Dans ce contexte, le Sénat, en tant que chambre de réflexion et de modération, dispose de la responsabilité d’examiner le texte avec la distance et la profondeur nécessaires. Plusieurs options s’offrent désormais à lui, allant de la confirmation du dispositif en l’état à sa suspension pure et simple afin de compléter les études d’impact, en passant par des ajustements substantiels destinés à en renforcer l’équité et la cohérence.

La qualité de la norme fiscale se mesure moins à la rapidité de son adoption qu’à sa capacité à concilier exigence budgétaire, justice sociale et acceptabilité citoyenne. En définitive, le temps sénatorial n’est pas un retard, mais une garantie indispensable pour le contribuable gabonais.

[Tribune libre] Afrôtopia : Nous regarder tels qu’en nous-mêmes

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Dans cette tribune libre, Jean Claude Mpaka, figure mythique du cinéma gabonais (L’Auberge du salut) et actuel Conseiller technique du ministre de la Communication et des Médias, livre une analyse profonde du film Afrôtopia de David Mboussou. À travers ce miroir cinématographique, il interroge l’urgence de préserver notre héritage immatériel et le défi de la survie d’une industrie nationale aujourd’hui orpheline de ses salles.

Dans l’île-État de Tuvalu, dans les Caraïbes, menacée d’engloutissement suite au réchauffement climatique, les autorités au plus haut sommet du pays ont décrété la digitalisation de tous les savoirs caractérisant les habitants de ces terres immergées, afin de les transmettre à la postérité lorsque l’île aura disparu avec le temps.

À l’est de la République démocratique du Congo, une équipe de psychologues a entamé une thérapie pour les traumatisés de la longue guerre civile qui ensanglante la région depuis des décennies, par des séances de projection de films aux thématiques appropriées. Au cours d’un repas ayant réuni des convives, le maître des lieux s’est vivement exclamé : « Remets-nous ce morceau ! ». Pas de viande, mais… de musique.

Comme quoi, l’héritage matériel et immatériel de tout peuple, à l’échelle planétaire, en constitue l’essence inaliénable sans laquelle celui-ci ne serait plus. La projection en « première » du film Afrôtopia du réalisateur gabonais David Mboussou à l’Institut français du Gabon, du 26 au 29 novembre 2025, et qui a chaque fois rempli la grande salle de 400 places de cet établissement de promotion culturelle, confirme cette assertion.

Le septième art comme miroir identitaire

En effet, que de rires, de pleurs, de silences à chacune des séances de projection de ce long-métrage où le génie du texte, de la réalisation, du jeu des acteurs et de la production a créé cet effet de magie. Car le cinéma, c’est une somme d’émotions fortes, vécues profondément, qui permet au public de faire corps avec un rôle, un personnage, et de s’identifier à un modèle. C’est également cela qui permet au 7e Art d’influencer le comportement de tout un peuple. C’est enfin la preuve par mille que le cinéma est un soft power d’une puissance insoupçonnée pour fédérer une population autour d’un idéal à dimension nationale.

Lorsque Cheikh Anta Diop, l’égyptologue et écrivain sénégalais bien connu, publiait en 1954 son livre au retentissement mondial Nations nègres et culture, ce devait être sans conteste dans le dessein de reconstruire l’identité des peuples noirs du monde, castrés de leur dignité et de leurs croyances essentielles — l’animisme — par les Aryens, les Blancs, alors que c’est leur âme profonde. Le lien majeur avec la vie. La vie depuis les divers commencements jusqu’aux diverses évolutions des sociétés à travers le temps.

Afrôtopia rappelle l’importance du relais harmonieux entre hier et aujourd’hui. L’imbrication irréversible de l’Occident sur notre être, sans pour autant nous faire aucunement oublier d’où nous venons. La science moderne ne peut se permettre de tourner le dos au Ndjobi, au Mvett, au Ndjembé, à l’Ikokou. Ce sont nos repères impérissables pour l’enseignement de la puissance de la parole donnée, du mystère de la fécondité, de l’incarnation et de l’exercice du pouvoir, de la communion avec le monde invisible.

Du rapport fécond entre le Bantu et le Pygmée, dont la destruction de l’habitat originel nous met face à l’imminence de la perte des encyclopédies que sont la maîtrise des plantes dans leurs vertus infinies : médicinales, transcendantales, euphorisantes… Cette forêt précieuse qui est à la fois leur pharmacie, leur supermarché, leur bureau, leur arène pour les jeux. Leur intégration dans les villages dits modernes peut constituer une solution transitoire, mais qu’est-ce qu’on fait de tout ce qu’ils laissent derrière eux ?

Le défi de la pérennité et de la distribution

Afrôtopia est une merveille dans l’écriture, la réalisation, le jeu des acteurs et la production. Mais pour quelle postproduction ? Pourquoi faire de si bons et beaux films si on ne peut les distribuer ? S’il n’y avait pas eu l’Institut français du Gabon, où se serait déroulée la « première » si mémorable de ce film ?

Nous avons transformé toutes nos salles de cinéma, même les plus mythiques, en lieux de culte. Les financements sont problématiques et les plus fous du cinéma sont condamnés à l’autoproduction. Aux plus hautes autorités de la République de prendre à bras-le-corps cette problématique déterminante, synonyme du dilemme majeur : être ou ne pas être.

Jean Caude Mpaka, Conseiller technique du ministre de la Communication et des Médias

NB : les intertitres sont de la Rédaction

Transport ferroviaire : le Wi-Fi bientôt disponible à bord des trains de voyageurs

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Le 23 décembre prochain, le ministère de l’Économie numérique, de la digitalisation et de l’innovation et le ministère des Transports, de la marine marchande et de la logistique, en partenariat avec la SETRAG et Airtel Gabon, lanceront officiellement le service Internet à bord des trains de voyageurs.

Ce projet vise à améliorer le confort et l’expérience des passagers à travers l’intégration progressive des services numériques. Dans une première phase, l’accès à Internet sera limité à l’utilisation de l’application WhatsApp, afin de tester la fiabilité du dispositif et d’évaluer la qualité de la connexion dans un environnement ferroviaire.

La solution technique retenue, OneWeb, est fournie par Airtel Gabon en collaboration avec la SETRAG. Le lancement sera marqué par une présentation du dispositif et un test de connexion en conditions réelles à bord du train, en présence des autorités et des partenaires, avant un élargissement progressif des services en fonction des performances observées.