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Gabon : Le numérique comme moteur de désenclavement à Etimboué

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À l’occasion des fêtes de fin d’année, le sénateur du département d’Etimboué, Georges Mpaga, a effectué une tournée dans plusieurs localités du Haut et du Bas-Nkomi. Au cours de ce périple, il a récompensé les élèves méritants tout en sensibilisant les communautés éducatives à l’importance cruciale des sciences et du numérique dans la formation de la jeunesse gabonaise.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte local complexe, marqué par l’enclavement géographique, l’insuffisance d’infrastructures éducatives modernes et un exode rural persistant. À Etimboué, la réussite scolaire demeure pour de nombreuses familles le principal levier d’ascension sociale. Cette réalité confère aux actions en faveur de l’éducation un enjeu stratégique majeur pour l’avenir de la région.

Un plaidoyer pour l’innovation locale

Dans cette perspective, le sénateur plaide pour un renforcement structurel de l’apprentissage de l’informatique. Il appelle notamment à la mise en place, à Omboué, d’un incubateur dédié aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle. L’objectif affiché est de préparer les jeunes du département aux métiers émergents et de favoriser une innovation locale capable de soutenir durablement le développement économique du département.

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Encourager les disciplines scientifiques pour mieux préparer les jeunes aux métiers de demain.

De Kongo à Sainte-Anne, en passant par Batanga, Odombo, Azendjé, Omboué et Tchongorové, Georges Mpaga a délivré un message constant. Son discours s’est axé sur la valorisation du travail scolaire et la nécessité d’orienter les élèves vers les disciplines scientifiques. La remise de cadeaux aux meilleurs élèves n’était pas un simple geste symbolique, mais un véritable outil de motivation. Le sénateur a d’ailleurs martelé l’urgence d’un encadrement renforcé. « Nos enfants doivent être encouragés et mieux encadrés, car l’avenir du Gabon se construit aujourd’hui dans les salles de classe », a-t-il déclaré.

L’éducation face aux défis technologiques

Dans un monde transformé par l’essor rapide de l’intelligence artificielle et de l’économie numérique, la maîtrise des nouvelles technologies est devenue une nécessité impérieuse. Les systèmes éducatifs qui peinent à s’adapter exposent aujourd’hui leurs jeunes à un risque réel de déclassement professionnel.

Une tournée marquée par la proximité, l’écoute et la valorisation des efforts des élèves.
Une tournée marquée par la proximité, l’écoute et la valorisation des efforts des élèves.

À Etimboué comme ailleurs, préparer les élèves à ces mutations revient à leur donner les outils indispensables pour comprendre et intégrer les transformations globales. Cette tournée parlementaire confirme ainsi la pertinence du message porté par Georges Mpaga : sans une adaptation rapide aux évolutions technologiques, le développement humain et économique du pays restera hors de portée.

Cinéma : le Gabonais Melchy Obiang primé à Paris

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Le Gabon s’est illustré avec éclat sur la scène française lors de la 7e édition du festival « L’Afrique fait son cinéma ». Le réalisateur gabonais Melchy Obiang y a reçu une double distinction pour son long-métrage, Le Cœur des hommes. Face à une sélection rigoureuse de plus de 35 œuvres issues de 31 pays, la production des Studios Montparnasse a fait l’unanimité en décrochant l’Ubuntu d’argent, le prestigieux prix du jury.

Les membres du jury ont particulièrement salué l’excellence artistique de cette œuvre qui explore des thématiques humaines universelles, oscillant entre les tourments de l’infidélité et une quête profonde de justice. Pour porter ce projet dans la capitale française, Melchy Obiang était accompagné d’une délégation de dix acteurs.

Ce séjour a permis au groupe de s’immerger au cœur de l’industrie cinématographique en participant à des masterclass de haut niveau et en tissant des liens stratégiques avec des producteurs internationaux. Le cinéaste a d’ailleurs souligné l’importance de cette cohésion en affirmant que l’unité du groupe leur permettrait d’aller encore plus loin.

Cette étape parisienne n’est qu’un prélude pour l’équipe du film. Dès le mois de janvier, les Studios Montparnasse mettront le cap sur Abidjan, où Le Cœur des hommes briguera les titres de meilleur film et de meilleur acteur africain.

À travers ce succès, le Gabon renforce sa visibilité culturelle et impose sa signature sur la scène internationale, prouvant que les talents locaux sont désormais prêts à conquérir les écrans du monde entier.

Libreville : le gaz domestique se fait rare dans les foyers

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Depuis près d’une semaine, les ménages gabonais, particulièrement à Libreville, constatent une raréfaction des bouteilles de gaz. Ce déséquilibre entre l’offre et la forte demande de fin d’année s’explique par le fonctionnement en flux tendu des centres d’emplissage, accentué par les perturbations logistiques liées aux jours fériés. Face à cette situation, les populations parcourent désormais de longues distances pour s’approvisionner, tandis que les autorités tentent de stabiliser la distribution dans le Grand Libreville.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les points de vente habituels sont régulièrement en rupture de stock. La préparation des repas de fête devient alors un défi logistique, comme le souligne un riverain : « Nous quittons le domicile dès l’aube pour faire le tour des stations-service, mais nous rentrons souvent les mains vides ». Cette quête quotidienne impose aux usagers des déplacements épuisants et une incertitude croissante.

Interrogé sur les causes de ces tensions, le Directeur général de l’Aval pétrolier et gazier, Thibault Gaël Idoumi, pointe du doigt l’extrême sensibilité du circuit de distribution. Selon lui, la cadence de remplissage ne tolère aucun arrêt, au risque de fragiliser immédiatement l’ensemble de la chaîne. Il précise ainsi que « le moindre jour chômé ou incident technique rompt le cycle d’approvisionnement », tout en soulignant que la priorité donnée ponctuellement aux zones rurales « accentue mécaniquement le déficit de bouteilles dans les grands centres urbains ».

Pour sortir de cette gestion de l’urgence, le gouvernement mise sur des solutions pérennes. Outre les mesures de régulation imposées aux marketeurs pour renforcer leurs stocks de sécurité, le projet de création d’un nouveau centre d’emplissage à haute capacité est désormais une priorité. Cette future infrastructure devrait permettre de garantir une autonomie de stockage suffisante pour que de telles tensions ne perturbent plus le quotidien des Gabonais.

Mali : L’appel à l’union du MPUSRB après le massacre de Ségué

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Le mouvement patriotique pour l’unité et la sauvegarde de la région de Bandiagara (MPUSRB) a réagi officiellement le 27 décembre, au lendemain de l’attaque sanglante contre le village de Ségué. Par la voix de son président, Abdallah Togo, l’organisation exprime sa profonde douleur face à un bilan tragique : six civils tués, dont deux enseignants.

« Le MPUSRB condamne cette attaque barbare des forces terroristes que rien ne saurait justifier », martèle Abdallah Togo dans son communiqué. Tout en reconnaissant les efforts de sécurisation fournis par les autorités de la transition, le mouvement estime qu’une vigilance accrue est désormais vitale dans la région pour protéger les populations et leurs biens face à des groupes armés imprévisibles.

Pour briser l’engrenage de la violence, le mouvement prône une solution de terrain basée sur la cohésion des forces en présence. « Le Mouvement encourage une collaboration entre les Forces Armées Maliennes (FAMa) et les chasseurs de Dana Ambassagou (mouvement d’autodéfense) qui œuvrent, eux aussi, dans la lutte contre le terrorisme », précise le président Abdalah Togo.

Cette stratégie d’union sacrée vise à transformer le Pays Dogon en un verrou sécuritaire inexpugnable. Malgré le deuil, le MPUSRB affiche une résilience absolue, plaçant la coopération entre l’armée régulière et les acteurs locaux au cœur de la survie de la région.

Axe Libreville-Washington : le rappel de l’ambassadrice consacre le froid diplomatique

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L’administration américaine dirigée par Donald Trump a ordonné le rappel immédiat de près de trente ambassadeurs de carrière en poste à l’étranger, incluant celui affecté au Gabon. Cette décision inhabituelle s’inscrit dans la droite ligne de la doctrine « America First » et interpelle tant par son ampleur que par son calendrier. À Libreville, cette mesure concerne directement Son Excellence Vernelle Trim FitzPatrick, dont le départ marque un tournant dans la représentation diplomatique des États-Unis au Gabon.

Selon des sources concordantes, les diplomates visés sont sommés de quitter leurs fonctions et de regagner Washington dès janvier 2026. La Maison Blanche justifie cette purge par la volonté de confier les postes stratégiques à des représentants jugés pleinement alignés avec les priorités politiques du président américain. Cette approche rappelle qu’un ambassadeur est, dans l’esprit de l’actuelle administration, l’émanation directe de la volonté de l’exécutif plutôt qu’un simple gestionnaire de la continuité d’État.

Une réciprocité sur fond de crise des visas

Le cas du Gabon revêt une dimension particulière, car ce rappel intervient dans un contexte de refroidissement notable des relations bilatérales. Washington a récemment inscrit le Gabon sur une liste restrictive, entraînant un durcissement significatif des conditions d’entrée sur le sol américain. Depuis cette décision, de nombreux citoyens gabonais font face à des difficultés croissantes pour obtenir des visas, une situation qui pèse sur les échanges entre les deux nations.

En réponse, les autorités gabonaises ont appliqué le principe de réciprocité diplomatique en ajustant à leur tour les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants américains. Cette posture, pleinement assumée par Libreville, témoigne d’une volonté de préserver la dignité nationale et l’équilibre des rapports de force diplomatiques. Le départ de Vernelle Trim FitzPatrick, diplomate de carrière réputée pour sa maîtrise des dossiers africains, soulève désormais des interrogations majeures sur l’avenir de la coopération bilatérale.

Si le Département d’État tente de minimiser la portée politique de ce mouvement, le signal envoyé demeure puissant. Dans une région d’Afrique centrale où les influences internationales se recomposent rapidement, ce vide diplomatique momentané pourrait affaiblir la présence américaine au Gabon. Cette décision ouvre ainsi un chapitre d’incertitude et impose une redéfinition profonde des relations entre Libreville et Washington pour les années à venir.

PK12 : le défi de l’incivisme face au chantier du flyover

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Trois semaines seulement après l’opération de déguerpissement menée au PK12, le spectre du désordre urbain plane de nouveau sur le chantier. Des commerçants et divers occupants ont réinvesti de manière illégale les emprises destinées à la construction du flyover, faisant fi des décisions administratives et des indemnisations déjà perçues. Cette situation préoccupante met en lumière la résistance de certains acteurs face aux projets structurants d’utilité publique.

L’opération de libération des voies, déclenchée le 9 décembre 2025, visait à supprimer toute occupation anarchique sur le tracé du futur ouvrage. Si la démolition des installations avait initialement permis de dégager l’espace de travail, le constat actuel est amer. À peine les engins de chantier éloignés, les étals de fortune et les petits commerces ont réapparu, recréant un encombrement sur un site pourtant déclaré zone interdite par les autorités.

Lors d’une visite de terrain faisant suite à une mission d’inspection dans le Moyen-Ogooué, le ministre Edgard Moukombi a pu observer l’ampleur de ce retour sur les lieux. Accompagné de ses experts techniques, le membre du gouvernement a constaté que la zone, libérée à grands frais et après dédommagement des riverains, était à nouveau obstruée. Ce retour au statu quo, perçu comme une violation flagrante des engagements pris, a suscité une vive réaction de la part des autorités.

Vue des installations anarchiques réapparues sur l’emprise du futur flyover du PK12, malgré l’opération de déguerpissement.
Vue des installations anarchiques réapparues sur l’emprise du futur flyover du PK12, malgré l’opération de déguerpissement.

Face à cet acte de défiance manifeste, le ton du ministre s’est durci pour laisser place à une fermeté sans équivoque. S’adressant directement aux anciens occupants revenus sur les lieux, il a signifié la fin de la période de dialogue et de tolérance administrative. Sans détour, il a lancé une mise en garde radicale. « S’il y a encore des gens ici, je ferai broyer vos choses. Et je ne veux plus vous voir revenir », a-t-il menacé. Le message est clair : tout obstacle au projet sera désormais supprimé sans préavis et aucune complaisance ne sera accordée aux contrevenants.

Incivisme autour du chantier du PK12.
Incivisme autour du chantier du PK12.

Cet incident au PK12 dépasse le cadre d’un simple fait divers pour devenir un cas d’école sur la responsabilité citoyenne. Alors que l’État engage des moyens colossaux pour moderniser le réseau routier et améliorer la sécurité des populations, le comportement de certains usagers reste le principal défi à relever. L’indemnisation financière, censée faciliter la transition, semble ici se heurter à une culture de l’occupation illégale qui questionne l’efficacité des mesures d’accompagnement actuelles.

Gabon : Le grand saut vers la souveraineté numérique avec Huawei

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Dans un contexte mondial marqué par une digitalisation accélérée des économies et des services publics, le Gabon affiche sa volonté de ne pas rester en marge de la révolution numérique. Le 23 décembre, le Gouvernement et Huawei ont signé un protocole d’accord destiné à structurer la transformation numérique nationale. Ce partenariat s’articule autour d’un mécanisme conjoint de pilotage des projets, de l’intégration des start-ups et entreprises locales, ainsi que d’un transfert de compétences stratégique visant à renforcer l’expertise nationale et la souveraineté numérique du pays.

La signature s’est déroulée sous l’autorité du ministre de l’Économie numérique, de la digitalisation et de l’innovation, Mark-Alexandre Doumba, en présence de Wang Lei, PDG de Huawei région CEMAC. Cet accord s’inscrit dans la continuité directe de l’audience accordée en novembre dernier par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, au groupe chinois. Cette rencontre avait alors illustré une volonté politique claire de positionner le Gabon comme un acteur majeur de l’économie numérique mondiale.

À travers ce partenariat, les deux parties entendent consolider des initiatives déjà engagées, notamment le programme des écoles connectées, tout en lançant de nouveaux chantiers structurants nécessitant une expertise technologique de pointe. L’objectif est de doter le pays d’infrastructures et de compétences capables de répondre aux exigences d’un environnement désormais dominé par le numérique.

Dès 2026, les start-ups gabonaises bénéficieront des leviers créés par ce partenariat.
Dès 2026, les start-ups gabonaises bénéficieront des leviers créés par ce partenariat.

Dès 2026, ces projets devraient servir de leviers aux initiatives portées par les start-ups gabonaises, favorisant l’émergence de solutions locales adaptées aux réalités nationales. Une orientation qui confirme que le numérique n’est plus une option, mais un passage obligé pour le développement économique et social du pays.

Cette ambition avait déjà été exprimée par le ministre de l’Économie numérique lors des phases préparatoires. Il se disait alors confiant quant à l’aboutissement d’une convention avec un opérateur de classe mondiale, une vision confirmée lors de l’audience présidentielle du 6 novembre dernier. De son côté, Wang Lei a réitéré l’engagement du groupe en soulignant l’honneur pour Huawei d’utiliser ses forces technologiques pour accompagner et réaliser la vision du président de la République.

Avec cet accord, le Gabon fait le choix de s’arrimer fermement à la modernité technologique. En misant sur ce partenariat présenté comme gagnant-gagnant, le pays franchit une étape décisive dans la construction d’un État plus connecté, plus compétitif et résolument tourné vers l’avenir.

CAN 2025 : Rideau pour le Gabon, les Panthères sortent par la petite porte

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L’aventure marocaine s’arrête brutalement pour la sélection nationale, dont les ambitions se sont fracassées sur la réalité comptable du groupe F. En s’inclinant face au Mozambique pendant que la Côte d’Ivoire et le Cameroun se neutralisaient, les Panthères actent une élimination prématurée qui laisse un goût amer. Cette sortie avant même l’ultime journée de la phase de poules place désormais la sélection face à l’urgence d’une profonde remise en question.

La deuxième journée de ce groupe F a définitivement scellé le sort du pays ce dimanche 28 décembre. La défaite concédée face au Mozambique, combinée au match nul (1-1) entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun, a entraîné l’élimination officielle du Gabon dès la phase de groupes. Dans le choc de la journée, Ivoiriens et Camerounais se sont neutralisés au terme d’une rencontre disputée, un résultat qui permet aux deux favoris de totaliser quatre points chacun et de prendre une option sérieuse sur la qualification. Ce partage des points a surtout eu un impact direct sur le destin gabonais, déjà fragilisé avant même le coup d’envoi.

Plus tôt dans la journée, les Panthères avaient pourtant tenté de se relancer contre le Mozambique. Mais malgré une réaction offensive et une réalisation de Pierre-Emerick Aubameyang, le Gabon s’est incliné sur le score de 3-2, concédant ainsi une deuxième défaite consécutive dans la compétition. Cette victoire permet au Mozambique de compter désormais trois points et de rester en vie dans la course aux huitièmes de finale.

Cette combinaison de résultats rend la chute du Gabon irréversible. Bloquées à zéro point, les Panthères ne peuvent plus mathématiquement rejoindre la Côte d’Ivoire ni le Cameroun au classement. Elles sont également dans l’incapacité de dépasser le Mozambique, vainqueur de la confrontation directe, un critère prioritaire dans le règlement de la CAF pour départager deux équipes à égalité de points.

Éliminé prématurément, le Gabon disputera son dernier match sans enjeu sportif majeur. Ce sera l’heure du bilan pour une sélection sortie bien trop tôt d’une CAN qui nourrissait pourtant de réelles ambitions de grandeur sur la scène continentale.

Gabon : L’ARTF, d’une administration de régulation à un jardin zoologique ?

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Créée par ordonnance en février 2010, l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) est une autorité administrative indépendante. Sa mission régalienne consiste à réguler, contrôler et arbitrer le fonctionnement de l’ensemble du réseau ferroviaire gabonais. Pourtant, cette noble ambition est aujourd’hui portée par une direction en total déphasage avec les attentes des pouvoirs publics.

Comme le veut le principe militaire : « À chaque mission, des hommes et des moyens ». L’avènement de la nouvelle équipe dirigeante de l’ARTF, en décembre 2024, avait été perçu comme l’amorce d’une révolution positive pour le secteur ferroviaire national. Mais le « casting » des personnalités choisies semble avoir trahi l’ambition de l’État. S’il est avéré que les plus hautes autorités ont la volonté d’investir dans ce secteur clé, des influences exogènes freinent cet élan. L’ARTF n’échappe pas à cette gangrène, qui ressemble désormais à un sabordage des politiques publiques de prospérité partagée.

Une erreur de casting flagrante

Aujourd’hui, l’opinion publique s’interroge légitimement sur le choix de l’équipe dirigeante de l’ARTF, et particulièrement sur son chef de file. Comment admettre, dans un pays regorgeant d’experts et de techniciens, que la régulation du chemin de fer soit confiée à un vétérinaire à la retraite ? La nomination du Dr Adrien Moukabi à la tête de l’ARTF apparaît comme une anomalie dont les conséquences sont perceptibles au quotidien. Agents et usagers peinent à voir la plus-value qu’un spécialiste de la santé animale peut apporter au transport ferroviaire. Aucune vision stratégique à court, moyen ou long terme n’est aujourd’hui perceptible, rendant illusoire tout redressement de la situation financière de l’autorité.

Opacité et clientélisme

Le Secrétaire Exécutif semble diriger l’institution dans une opacité digne d’un « jardin zoologique ». Les salaires sont payés de manière sporadique et, semble-t-il, « à la tête du client ». Ce climat favorise un clientélisme exacerbé au détriment de l’efficacité du service. Tout en s’appuyant sur des partenaires sociaux censés défendre les agents, mais devenus de simples laudateurs, Adrien Moukabi s’enferme dans une gestion scabreuse.

Pour maintenir ce système, il s’appuie sur l’agent comptable Modeste Ze Zoula. Ce dernier, en poste depuis 2019, a été promu par le Secrétaire Exécutif au rang de conseiller financier stratégique et d’ordonnateur des fonds, se bâtissant, disent ses contempteurs, un véritable empire financier en six ans de présence.

La direction technique n’est pas en reste. Elle est occupée par Landry Nziengui, transfuge de la Setrag et de la Comilog, où ses états de service n’auraient pas laissé de souvenirs impérissables. L’adage « au pays des aveugles, les borgnes sont rois » prend ici tout son sens : dans une administration de 160 salariés dédiée au contrôle des normes du Transgabonais, on ne compte que trois techniciens ferroviaires. Dans ce désert de compétences, le directeur technique fait figure de savant auprès d’un vétérinaire dépassé par les enjeux.

Une mise à l’écart des compétences

Le cas de l’ARTF dépasse l’entendement. Comment justifier qu’un vétérinaire, censé jouir de sa retraite, bénéficie d’une telle « prolongation » dans un domaine qui n’est pas le sien, au détriment de cadres chevronnés ?

Plus grave encore, la gestion actuelle semble écarter les personnalités les plus compétentes du Conseil de régulation, à l’instar de son président, le diplomate François Banga Eboumi, du vice-président Agondjo ou du secrétaire exécutif adjoint Luc Aymard Bouyela. Sous l’influence de certaines « mains noires », l’ARTF risque de muter définitivement en ménagerie administrative.

Un appel à l’action des autorités

La conséquence immédiate de ce naufrage managérial est la grogne croissante des opérateurs économiques, victimes d’un arbitraire flagrant de la part de celui qui devrait être le « gendarme » du secteur. Les plus hautes autorités, au premier rang desquelles le président de la République, chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema ainsi que le ministre des Transports, se doivent de réajuster le tir. Il est urgent d’agir pour réaffirmer la puissance de l’État dans le secteur ferroviaire, pilier essentiel du développement minier et économique du Gabon en 2025.

Contactée par nos soins, une source proche du Secrétaire exécutif estime que « le Dr Adrien Moukabi ne s’est imposé nulle part. Il a été nommé en Conseil des ministres au regard de ses compétences avérées. Il est donc à sa place. Maintenant, si quelqu’un estime le contraire, qu’il attende le prochain Conseil des ministres pour le limoger. Point final ».

[Editorial] Premier Gouvernement post-Transition : le choix de l’audace ou du surplace ?

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Dans quelques heures, le Gabon connaîtra le visage de son nouveau gouvernement. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’un des plus grands défis de sa gouvernance demeure la réduction effective du train de vie de l’État. Il serait pour le moins contradictoire de proclamer la rigueur budgétaire tout en installant une équipe pléthorique. Le pays peut et doit se doter d’un exécutif resserré, d’environ vingt membres, au lieu de la trentaine actuelle.

Une véritable efficacité naîtrait d’un regroupement intelligent des portefeuilles ministériels. En fusionnant par exemple la Défense et l’Intérieur, la Justice et les Droits Humains, ou encore l’Économie, les Finances et la Planification, l’exécutif gagnerait en lisibilité. Cette logique de concentration pourrait s’étendre à l’Énergie et aux Mines, à l’Éducation globale incluant le professionnel et le supérieur, ou encore à l’industrie associée à l’économie numérique. En vérité, la cohérence de l’action publique doit l’emporter sur la dispersion des budgets et des énergies.

Le défi d’un exécutif resserré

L’histoire nous enseigne que la puissance ne réside pas dans le nombre. Comment justifier nos trente portefeuilles face aux États-Unis qui n’en comptent que quinze, à l’Allemagne qui en dénombre dix-sept, ou au Japon qui plafonne à dix-neuf ? Ces nations, géantes par leur démographie et leur richesse, ont compris que l’efficacité naît de la concentration des responsabilités. Au Gabon, fusionner certains ministères n’est plus une simple option de gestion, c’est un impératif de crédibilité politique.

Mais au-delà de l’organigramme, la question décisive reste celle des femmes et des hommes appelés à servir. Le futur gouvernement doit être composé de personnalités de valeur, à la probité morale irréprochable, animées par l’éthique et un patriotisme sincère. Des enquêtes de moralité préalables s’imposent pour écarter définitivement les nominations de complaisance, les parents et alliés opportunistes ou ces « bras cassés » dont l’expérience professionnelle ne laisse aucune trace crédible dans un curriculum vitae.

Dans un pays à la pluralité ethnique aussi riche, aucun gouvernement ne peut durablement prospérer sans que chaque citoyen s’y reconnaisse. La représentation équilibrée de nos entités locales n’est pas une régression, mais le socle même de notre vivre-ensemble. Cependant, cet impératif géopolitique doit impérativement s’accompagner de méritocratie et d’excellence. Avec neuf provinces, une équipe resserrée permettant d’en nommer deux pour chacune d’elles est un objectif tout à fait réalisable pour garantir une inclusion nationale sans sacrifier l’efficacité.

L’épreuve de vérité face au gaspillage

Enfin, le vrai défi demeure la rupture avec le gaspillage institutionnalisé. Les quatorze années de l’ère Ali Bongo ont laissé le souvenir amer de dépenses extravagantes, entre voitures de luxe, forums internationaux dispendieux et acquisitions immobilières à l’étranger. Rationaliser l’appareil d’État, supprimer le superflu et réorienter chaque franc vers l’essentiel constitue l’unique épreuve de vérité.

Le signal attendu est clair. La taille du gouvernement, la qualité de ses membres et la sobriété de son train de vie diront si la rupture est réelle ou simplement proclamée. Le moment n’est plus aux ministères fantoches, mais à l’avènement d’un État sobre, juste et véritablement efficace.