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Gabon : Axel Nguema Edou fustige un calendrier « express » pour l’élection à la Fégafoot

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Alors que le dépôt des candidatures pour la présidence de la Fédération gabonaise de football (Fégafoot) est ouvert ce lundi 9 mars 2026, Axel Nguema Edou est monté au créneau. Le candidat déclaré dénonce un calendrier électoral trop serré et un manque de transparence qui, selon lui, menacent l’équité du scrutin.

Le compte à rebours est lancé, mais le rythme ne convient pas à tout le monde. Face à la presse ce lundi, Axel Nguema Edou a exprimé ses vives inquiétudes concernant le chronogramme établi par Jean-Luc Ndong, président de la commission électorale. En ligne de mire : une fenêtre de dépôt des dossiers fixée du 9 au 18 mars, soit seulement dix jours pour finaliser les candidatures.

Pour le candidat, ce délai est matériellement insuffisant pour remplir les exigences statutaires. Le nœud du problème réside dans l’obtention des sept parrainages requis auprès des membres du congrès. « Obtenir ces soutiens en quelques jours est un défi complexe », soutient-il, rappelant que les clubs et structures votantes sont disséminés sur l’ensemble des neuf provinces du pays. Dans ces conditions, Axel Nguema Edou estime que l’égalité des chances entre les prétendants est compromise.

Un manque de transparence numérique

Au-delà du temps imparti, c’est l’opacité du processus qui est pointée du doigt. Le postulant déplore l’absence d’une liste officielle et actualisée des membres habilités à parrainer.

Plus critique encore, il pointe la vétusté des outils de communication de la Fédération. Le site internet de la Fégafoot serait, selon lui, « obsolète », affichant encore des informations datant de la CAN 2021 au Cameroun. Un décalage numérique qui illustre, selon lui, les dysfonctionnements actuels de l’instance, citant également les difficultés de gestion de la Ligue nationale du football féminin (LINAFFEM).

Pour garantir un processus « crédible et apaisé », Axel Nguema Edou formule trois exigences claires : la publication immédiate de la liste à jour des membres du congrès ; le report de la date limite de dépôt des candidatures et une clarification des règles entourant le système de parrainage.

Pour le candidat, cette élection ne doit pas être une simple formalité administrative, mais le point de départ d’une refonte profonde de la gouvernance du football gabonais.

Gabon : Le fléau invisible des enfants mendiants à Libreville

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Dans la capitale gabonaise, la mendicité des mineurs gagne du terrain. Aux abords des mosquées et des grands carrefours, ces visages de la précarité interpellent les passants. Malgré un arsenal juridique strict, l’impunité semble régner, pointant du doigt l’inertie des services sociaux.

« J’ai faim. » Deux mots, souvent murmurés, qui claquent comme un aveu d’échec dans les rues de Libreville. Ils sortent de la bouche d’enfants, parfois très jeunes, postés de longues heures durant devant la mosquée, jouxtant la Préfecture de police du Littoral ou aux carrefours stratégiques de la ville. Ce spectacle, autrefois sporadique, est devenu une composante familière du décor urbain librevillois.

Le Gabon, pôle économique régional, attire des flux migratoires importants. Mais cette attractivité a un revers sombre : le développement de la traite des mineurs. Derrière la main tendue de l’enfant se cache souvent une exploitation organisée, une forme moderne d’esclavage où le mineur devient un outil de rentabilité pour des adultes restés dans l’ombre.

Sur le terrain, la stratégie est rodée. Les enfants ne se contentent plus d’attendre ; ils racolent, tirent les passants par les vêtements, s’exposant aux dangers permanents de la circulation et à l’épuisement. Une détresse criante qui se joue sous les yeux de tous.

Une loi restée lettre morte ?

Pourtant, le droit gabonais ne souffre d’aucune zone d’ombre. L’article 85 du Code de l’enfant est catégorique : « La traite, la vente et la mendicité des enfants sont interdites ». Si le cadre légal existe, son application, elle, semble stagner dans les textes.

Face à cette violation flagrante des droits de l’enfant, l’opinion s’interroge : pourquoi ces réseaux de mendicité prospèrent-ils au vu et au su des autorités ?

Le ministère des Affaires sociales est aujourd’hui sur la sellette. Alors que ses agents ont pour mission régalienne de protéger les plus vulnérables, leur absence sur ces « points chauds » de la mendicité interpelle.

Des signalements sont-ils réellement effectués ? Pourquoi les enquêtes sociales ne débouchent-elles pas sur des retraits systématiques de la rue ? Quelle prise en charge est réellement offerte à ces mineurs ? Tant que les institutions ne passeront pas de la parole aux actes, les rues de Libreville continueront d’offrir ce visage amer : celui d’une enfance sacrifiée qui, entre deux voitures, continue de murmurer son indigence.

Des sanctions décisives mais peu appliquées

Pourtant au Gabon, l’arsenal juridique pour protéger les mineurs est robuste. Outre l’article 85 du Code de l’enfant, le Code Pénal prévoit des peines allant de 6 mois à 5 ans d’emprisonnement et des amendes pouvant atteindre 10 millions de FCFA pour quiconque organise la mendicité d’autrui ou en tire profit. Si la traite est avérée (exploitation transfrontalière ou réseau organisé), les peines peuvent doubler. Le décalage entre la sévérité de la loi et la présence quotidienne de ces enfants dans la rue pose la question de la volonté politique de démanteler ces réseaux.

Gabon : Okoumba Nkoghe explore les cycles de la vie avec « Ebarlare »

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Le siège de l’Union des écrivains gabonais (UDEG) a vibré, ce samedi 7 mars 2026, au rythme de la poésie. Au centre des débats : Ebarlare, le dernier opus d’Okoumba Ngoghe, une œuvre où l’existence humaine se mire dans le destin d’un manguier.

C’est dans le cadre feutré du siège de l’Union des écrivains gabonais, au quartier Louis, à Libreville, que les passionnés de belles-lettres se sont retrouvés pour un café littéraire riche en symboles. L’enjeu de la rencontre ? Décrypter Ebarlare, le recueil poétique d’Okoumba Nkoghe qui interroge, avec une rare profondeur, les méandres de la condition humaine.

Gabon : Okoumba Nkoghe explore les cycles de la vie avec « Ebarlare »

L’exercice de la critique littéraire a été porté par Paul Maxime Moussavou. Dans une analyse fine, il a exposé la « richesse symbolique » des textes, soulignant l’habileté de l’auteur à transformer des images du quotidien en véritables interrogations métaphysiques.

Mais c’est l’auteur lui-même qui a livré la clé de voûte de son travail. Pour Okoumba Nkoghe, l’homme et la nature ne font qu’un. « Ebarlare nous invite, à travers la métaphore du manguier, à sceller un pacte avec la vie », a-t-il expliqué. Selon sa philosophie, l’existence suit le cycle de cet arbre : un voyage en cinq grandes étapes, marquées par leurs propres « folies» et leurs beautés singulières.

Un pacte avec l’existence

Loin d’une vision linéaire de la vie, l’écrivain gabonais propose une lecture circulaire et organique de notre trajectoire. « Cette métaphore nous aide à comprendre que la vie est une série de transformations », a-t-il rappelé devant un auditoire suspendu à ses mots.

En organisant cette rencontre, l’UDEG confirme sa place de bastion de la pensée contemporaine au Gabon. Plus qu’une simple présentation d’ouvrage, cette rencontre a été une démonstration de la vitalité de la littérature nationale, capable de transformer un arbre fruitier en une puissante leçon de sagesse universelle.

Gabon : Okoumba Nkoghe explore les cycles de la vie avec « Ebarlare »

Qui est Okoumba Nkoghe ?

Une figure de proue des lettres gabonaises. Ecrivain prolifique et figure respectée du paysage culturel, Okoumba Ngoghe n’en est pas à son coup d’essai. Connu pour sa plume qui allie lyrisme et réflexion philosophique, il explore régulièrement les thèmes de l’identité, de la tradition et de la modernité. A travers Ebarlare, il confirme son rôle de « passeur » entre la nature et la pensée, ancrant son œuvre dans une spiritualité universelle tout en restant profondément attaché à ses racines gabonaises.

Un dialogue entre générations : au-delà de l’analyse académique, c’est l’interactivité qui a marqué ce samedi à l’UDEG. Le public, composé d’étudiants, de critiques et de curieux, s’est prêté à un jeu de questions-réponses nourri avec l’auteur. Les échanges ont notamment tourné autour de la place de la poésie dans le Gabon d’aujourd’hui. Plusieurs lecteurs ont salué la capacité de l’ouvrage à rendre la philosophie accessible, transformant une simple observation de la nature en un miroir de nos propres épreuves.

Gabon : L’UPG en ordre de marche pour son prochain congrès

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Après une longue période de léthargie, l’Union du peuple gabonais (UPG) sort de son silence. Une assemblée générale organisée ce samedi 7 mars 2026 au siège d’Awendjé a marqué le coup d’envoi de la restructuration du parti, avec en ligne de mire un congrès national décisif.

L’heure est à la mobilisation au quartier Awendjé. Le parti fondé par l’emblématique Pierre Mamboundou veut retrouver son lustre d’antan. Pour ce faire, les cadres de l’UPG ont acté ce week-end la mise en place d’une commission ad hoc et d’une coordination générale, véritables tours de contrôle du processus de transition devant mener à la prochaine convention nationale.

Le principal chantier de cette relance est technique. Pour Aleck Nziengui, secrétaire général de la formation, la modernisation du parti passe par une identification rigoureuse de ses troupes. « L’ancien fichier était devenu caduc », a-t-il tranché.

Le nouveau système repose sur trois piliers : une refonte totale de la base de données ; une nouvelle fiche d’adhésion intégrant une photographie, l’exigence du Numéro d’identification personnel (NIP) pour chaque membre.

Se conformer à la loi, reconquérir le terrain

Au-delà de la stratégie interne, cette mutation répond à une nécessité légale. Selon le coordinateur général, Roger Mouloungui, l’usage du NIP est désormais indispensable pour garantir l’existence juridique des formations politiques au Gabon.

Mais la bataille se jouera aussi sur le terrain. Les responsables ont reçu pour consigne de parcourir le pays afin de remobiliser la base. L’objectif est de transformer cette étape administrative en un véritable élan populaire pour que le futur congrès ne soit pas seulement une réunion de cadres, mais le point de départ d’une reconquête politique.

En multipliant les références à son fondateur historique, la direction actuelle de l’UPG cherche à ressouder un parti qui a connu plusieurs années de divisions internes. L’intégration du NIP dans le processus d’adhésion est perçue comme un gage de transparence et de sérieux, visant à rassurer les militants et les autorités sur la vitalité réelle de cette formation historique de l’opposition.

L’exigence du Numéro d’identification personnel (NIP) pour les adhésions n’est pas qu’une simple formalité administrative. Elle s’inscrit dans le cadre du durcissement de la loi sur les partis politiques au Gabon. Cette mesure vise à mettre fin aux « doubles adhésions » et aux fichiers gonflés artificiellement. Pour l’UPG, c’est un test de crédibilité : en liant chaque militant à une identité biométrique officielle, le parti prouve qu’il dispose d’une base réelle et vérifiable, condition sine qua non pour peser lors des futurs scrutins.

Le défi de l’unité retrouvée

Au-delà de la restructuration technique, le véritable défi pour Aleck Nziengui et Roger Mouloungui reste celui de la cohésion. Depuis la disparition de Pierre Mamboundou, l’UPG a souvent été affaiblie par des querelles de leadership. L’installation de cette nouvelle coordination générale est une tentative de synthèse pour rassembler les différentes sensibilités du parti. La réussite du prochain congrès dépendra de la capacité des cadres à convaincre la base que cette « redynamisation » est un projet collectif et non une simple manœuvre d’appareil.

En lançant ce chantier de restructuration, l’UPG joue sa survie sur l’échiquier politique gabonais. Entre modernisation technique et reconquête territoriale, le parti d’Awendjé n’a plus le droit à l’erreur. Le succès du futur congrès déterminera si cette formation historique peut redevenir un acteur de premier plan ou si elle restera prisonnière de son passé.

Gabon : Neuf mois dans les gradins, les oubliés du carrefour SNI d’Owendo

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Depuis juin 2025, une trentaine de familles expulsées lors des opérations d’assainissement du carrefour SNI survivent dans le gymnase Léon Augé. Entre promiscuité extrême et espoir de relogement, ces sinistrés interpellent l’Etat face à une attente qui s’éternise.

Bible en main, un pasteur prêche devant une poignée de femmes et d’enfants assis sur des nattes. Autour de lui, le décor est surréaliste : des matelas s’entassent entre les gradins, des moustiquaires pendent aux poutres et des sacs de fortune marquent les frontières de chaque foyer. Dans cet antre autrefois dédié au sport, la prière est le dernier rempart contre le découragement.

Matelas, cartons et quelques couvertures suffisent à peine à protéger les habitants du gymnase des intempéries.
Matelas, cartons et quelques couvertures suffisent à peine à protéger les habitants du gymnase des intempéries.

Depuis leur déguerpissement il y a neuf mois, 35 familles, incluant nourrissons et personnes âgées, ont fait de cet espace leur domicile forcé. Ici, l’intimité n’existe plus. « Quand il pleut, l’eau s’invite dans le gymnase. Les vents sont violents et nos couchages finissent souvent trempés. Nous passons parfois la nuit dans l’eau », confie Abeng Aude Laure, enseignante de formation, qui porte la voix du collectif en l’absence du porte-parole.

Les occupants attendent toujours une décision des plus hautes autorités sur leur relogement.
Les occupants attendent toujours une décision des plus hautes autorités sur leur relogement.

Le cycle est épuisant : aux nuits humides succède la chaleur étouffante qui s’accumule sous la toiture métallique dès les premières lueurs du jour. Malgré tout, la vie s’organise. Chaque matin, les enfants enfilent leurs uniformes pour rejoindre l’école, tentant de maintenir un semblant de normalité après des nuits hachées par les moustiques.

La solidarité pour seul filet de sécurité

Sans aide étatique régulière, la survie repose sur la solidarité. Des églises et des citoyens apportent vivres et produits de première nécessité. A l’intérieur, une autogestion rigoureuse s’est installée : les occupants assurent eux-mêmes l’entretien des sanitaires et la propreté des lieux. Si l’accès à l’eau est maintenu, le reste demeure précaire.

Sur le plan administratif, le dossier semble s’être enlisé dans les hautes sphères. Si les mairies d’Owendo et d’Awoungou assurent un suivi de terrain, elles n’auraient plus la main. Le sort des déguerpis serait désormais entre les mains de la présidence ou du gouvernement, pour une évaluation au cas par cas basée sur le recensement pré-opératoire.

Pour ces familles, le temps des promesses administratives ne suffit plus. L’urgence est au toit, pas forcément au chèque. « Nous ne demandons même pas de compensation financière, car cela pourrait pousser à reconstruire de manière anarchique. Nous voulons simplement un endroit où vivre dignement », insiste Abeng Aude Laure.

Sous la charpente du gymnase Léon Augé, les journées s’étirent entre jeux d’enfants dans les tribunes et discussions entre adultes lassés. Si la foi soude encore la communauté, une question hante chaque occupant : combien de temps ce refuge provisoire restera-t-il leur seule adresse ?

Le silence assourdissant des autorités

Si le dossier est officiellement « en cours de traitement » au sommet de l’État, sur place, le sentiment d’abandon prédomine. Les visites de la mairie d’Owendo, bien que régulières, sont perçues par les occupants comme de simples formalités de recensement sans portée concrète.

Interrogées sur les délais, les sources municipales se murent dans la prudence : « Le dossier n’est plus de notre ressort », glisse un agent administratif sous couvert d’anonymat. Ce transfert de responsabilité vers les « plus hautes autorités » laisse les familles dans un vide juridique et social total. L’Etat, après avoir libéré l’emprise du carrefour SNI au nom de l’utilité publique, semble avoir oublié le volet humain de l’opération, transformant une mesure d’assainissement en une crise humanitaire locale.

Gabon : Le gouvernement rejette les « allégations » de Sylvia Bongo et menace de suspendre certains médias

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Lors d’une conférence de presse tenue ce dimanche 8 mars, le ministre de la Communication, Germain Bihadjow, a balayé les accusations de torture portées par l’ex-Première dame. Entre défense du bilan du CTRI et fermeté sur la régulation des réseaux sociaux, l’exécutif tape du poing sur la table.

Face à la presse nationale et internationale, le porte-parole du gouvernement n’a pas fait dans la demi-mesure. Au cœur de son intervention : l’entretien accordé par Sylvia Bongo Ondimba à France 24, où elle dénonçait des actes de violence. Un récit que Germain Bihadjow qualifie d’« infondé ».

Le ministre a réitéré que l’ancienne famille présidentielle a bénéficié de conditions de détention respectueuses. « Sylvia Bongo Ondimba, son fils Noureddine Bongo Valentin et leurs co-accusés ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine », a-t-il martelé.

Toutefois, le gouvernement va plus loin et brandit la menace de la censure face à ce qu’il considère comme une campagne de désinformation. Si la diffusion d’informations «insuffisamment vérifiées » persiste sur les chaînes étrangères, l’Etat gabonais se réserve le «droit souverain » de suspendre leur droit d’information sur le territoire national.

Réseaux sociaux : vers un « forum citoyen »

Autre point chaud : la restriction actuelle de certaines plateformes numériques. Pour sortir de l’impasse, Germain Bihadjow a annoncé la tenue prochaine d’un forum citoyen sur la régulation de l’espace numérique. L’objectif affiché est de définir des règles de modération basées sur les « valeurs de respect et de dignité ». Le ministre a notamment confirmé que des discussions étaient envisagées avec les géants du secteur, dont l’application TikTok, particulièrement ciblée par les autorités et attendue dans les tout prochains jours à Libreville.

En amont de ces dossiers brûlants, le ministre a tenu à recadrer le contexte politique actuel. Il a rappelé que l’intervention du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) s’est opérée « sans effusion de sang » pour éviter le chaos.

Selon lui, l’Exécutif ne se laisse pas distraire par les polémiques et reste focalisé sur le quotidien des Gabonais : « Le gouvernement demeure mobilisé sur l’essentiel : l’accès à l’eau, à l’électricité et l’amélioration concrète des conditions de vie ». Une manière de rappeler que, pour le gouvernement, la page de l’ancien régime est bel et bien tournée.

Une pression accrue sur la liberté de la presse ?

En brandissant la menace d’une suspension des médias étrangers, le gouvernement gabonais franchit un cap dans sa stratégie de communication de crise. Cette déclaration, loin d’être anodine, révèle trois enjeux majeurs : la guerre du récit. En ciblant les informations «insuffisamment vérifiées », Libreville cherche à reprendre le contrôle de l’image du pays à l’international. Face aux accusations de Sylvia Bongo sur France 24, le gouvernement veut imposer sa version des faits comme l’unique référence crédible.

Un avertissement aux médias internationaux. Cette posture rappelle les tensions passées entre le Gabon et certains médias français. En évoquant son « droit souverain », l’Etat rappelle qu’il n’hésitera pas à restreindre l’accès à l’information si celle-ci est jugée déstabilisatrice pour la nation.

Un risque d’isolement diplomatique. Si une telle menace venait à être exécutée, elle pourrait ternir l’image de « restauration des institutions » naguère prônée par le CTRI. La liberté de la presse étant un indicateur clé pour les partenaires internationaux, une suspension de signal pourrait être perçue comme un recul démocratique, au moment même où le pays cherche à rassurer ses bailleurs de fonds.

Gabon : Prime Boungou Oboumadzogo explore « La complexité de Dieu »

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Le pasteur et théologien Prime Boungou Oboumadzogo a présenté son nouvel essai, ce vendredi 6 mars, à la Chambre de commerce de Libreville. Dans cet ouvrage, l’auteur invite à rompre avec une vision simpliste de la divinité pour embrasser toute la profondeur de la foi.

La Chambre de commerce de Libreville s’est muée, le temps d’une soirée, en un temple de la réflexion théologique. Devant un auditoire attentif, Prime Boungou Oboumadzogo a dévoilé son livre intitulé « La complexité de Dieu ». Plus qu’un simple traité religieux, l’œuvre se veut une exploration métaphysique destinée à bousculer les certitudes des croyants et des curieux.

Pour l’auteur, l’objectif est d’élever le niveau de compréhension du sacré. « Dieu ne se simplifie pas, il se révèle à travers la complexité », a martelé l’essayiste durant la présentation. Selon lui, réduire la divinité à des concepts basiques limite l’expérience spirituelle. Il appelle donc ses lecteurs à un changement de paradigme pour percevoir la « grandeur réelle » de l’entité divine.

Gabon : Prime Boungou Oboumadzogo explore « La complexité de Dieu »

L’ouvrage reflète le parcours hybride de son auteur. Pasteur et théologien, Prime Boungou Oboumadzogo est également doctorant en administration des affaires à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Cette double casquette apporte à son écrit une rigueur d’analyse où se mêlent spiritualité, philosophie et approche structurelle.

Gabon : Prime Boungou Oboumadzogo explore « La complexité de Dieu »

Ce vernissage marque le point de départ d’un débat que l’auteur souhaite porter au sein de la communauté intellectuelle et religieuse du Gabon : celui d’une foi plus nuancée, capable d’affronter les mystères de l’existence.

Gabon : Prime Boungou Oboumadzogo explore « La complexité de Dieu »

Bio express : Un esprit entre ciel et terre

Théologien engagé et observateur attentif des dynamiques organisationnelles, Prime Boungou Oboumadzogo se distingue par un parcours atypique. Pasteur reconnu, il ne limite pas sa réflexion aux murs de l’église. Actuellement doctorant en Administration des Affaires (DBA) à l’Université Paul Valéry de Montpellier, il fait le pont entre la rigueur de la gestion moderne et la profondeur de la métaphysique. Avec « La complexité de Dieu », il signe un essai qui réconcilie l’analyse académique et la quête spirituelle.

Gabon : Joseph Lapensée Essingone dévoile un projet de réforme fiscale pour renflouer les caisses de l’État

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À l’heure où les finances publiques gabonaises suscitent de vives inquiétudes, le président du mouvement L’Éveil de la Pensée Citoyenne, Joseph Lapensée Essingone est monté au créneau. L’ancien candidat à l’élection présidentielle a animé, le 6 mars 2026 à Libreville, une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé l’achèvement d’un projet de réforme fiscale qu’il entend soumettre prochainement au Chef de l’État.

Promesse tenue, selon l’intéressé. Après plusieurs semaines de travail, le document est désormais finalisé et se veut une contribution aux efforts visant à redresser les finances publiques du pays. « J’avais pris l’engagement de présenter au Président de la République un projet de réforme fiscale capable de permettre à notre pays de mobiliser des recettes additionnelles, afin de rembourser ses dettes tout en poursuivant le financement des projets publics nécessaires au bien-être du peuple gabonais », a déclaré Joseph Lapensée Essingone.

Pour le leader de L’Éveil de la Pensée Citoyenne, le Gabon dispose d’un potentiel de richesse encore insuffisamment exploité.
Pour le leader de L’Éveil de la Pensée Citoyenne, le Gabon dispose d’un potentiel de richesse encore insuffisamment exploité.

Un diagnostic sévère sur la situation financière

Dans son analyse, le leader politique se montre sans détour. Selon lui, considérer le Gabon comme un pays riche relève davantage du mythe que de la réalité. « Le Gabon n’est pas un pays riche. Il dispose plutôt d’un potentiel de richesse », estime-t-il.

Cette affirmation s’appuie notamment sur les difficultés que rencontre l’État à honorer certains engagements financiers. Une situation récemment illustrée par la décision de l’agence de notation Fitch Ratings, qui a encore dégradé la note souveraine du Gabon, la faisant passer de CCC à CCC-, signe d’une fragilité financière persistante et d’une capacité de remboursement fortement dépendante de conditions extérieures favorables.

Une alternative aux recettes du FMI

Face à ces tensions budgétaires, le gouvernement a choisi de se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI) pour tenter de relancer l’économie. Mais pour Joseph Lapensée Essingone, cette option mérite d’être interrogée. Après près de quarante ans de relations avec l’institution financière internationale, les résultats restent, selon lui, peu convaincants. D’où la nécessité, à ses yeux, d’explorer d’autres approches pour redonner de l’oxygène aux finances publiques.

Au cœur de son projet figure une refonte du système fiscal gabonais. L’objectif : dégager de nouvelles marges budgétaires et améliorer la mobilisation des recettes publiques. Parmi les pistes avancées, la révision de certains avantages fiscaux accordés aux opérateurs économiques au nom de l’attractivité du territoire. Pour le leader de L’Éveil de la Pensée Citoyenne, ces mesures incitatives, parfois très généreuses, ont considérablement réduit les ressources de l’État.

Autre proposition : la transformation de certains prélèvements jugés aujourd’hui inefficaces, notamment la PID, afin qu’ils puissent alimenter directement le budget public et contribuer au financement de la diversification de l’économie nationale. « Le rapport que je soumettrai au Chef de l’État aborde l’ensemble des questions fiscales liées à l’exploitation de nos richesses naturelles, afin d’améliorer significativement leur contribution au budget de l’État », a-t-il expliqué, estimant que l’expertise nationale doit également être mise à contribution dans la recherche de solutions économiques.

Des sujets d’actualité également évoqués

Au-delà de la question fiscale, Joseph Lapensée Essingone a également profité de cette rencontre avec la presse pour se prononcer sur plusieurs sujets d’actualité qui préoccupent les Gabonais. Le leader politique a notamment évoqué les difficultés persistantes dans le secteur de l’éducation, les coupures récurrentes d’électricité qui affectent la vie quotidienne des populations ainsi que la suspension des réseaux sociaux, une mesure qui continue de susciter débats et interrogations au sein de l’opinion publique.

Autant de problématiques qui, selon lui, méritent une attention particulière des pouvoirs publics, tant leurs conséquences se font ressentir dans la vie sociale et économique du pays.

En remettant son rapport au Chef de l’État, Joseph Lapensée Essingone espère désormais susciter la volonté politique nécessaire à la mise en œuvre d’une réforme qu’il juge essentielle pour assainir durablement les finances publiques et relancer l’économie nationale.

Crise au Moyen-Orient : Libreville active une cellule d’urgence pour ses ressortissants

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Face à l’instabilité croissante au Moyen-Orient, le ministère gabonais des Affaires étrangères a annoncé, ce vendredi 6 mars, la création d’une Cellule de veille et d’assistance d’urgence (CVAU). Ce dispositif vise à recenser, assister et, si nécessaire, évacuer les compatriotes présents dans la région.

L’anticipation est désormais le maître-mot de la diplomatie gabonaise. Par décision ministérielle datée du 4 mars 2026, le gouvernement a acté la mise en place d’une structure dédiée au suivi de ses ressortissants installés ou de passage en zone de crise.

La mission prioritaire de la CVAU est d’établir une cartographie précise de la présence gabonaise au Moyen-Orient. En collaboration étroite avec les ambassades et consulats, la cellule doit « localiser, identifier et recenser » chaque compatriote. Cette base de données est le préalable indispensable à toute intervention logistique rapide.

Au-delà du simple suivi, le dispositif prévoit un soutien concret. Selon le communiqué officiel, la cellule est chargée de coordonner l’assistance multiforme aux Gabonais impactés par les tensions sécuritaires. Le ministère se tient prêt à activer des mesures de protection renforcées, incluant des plans de rapatriement si la dégradation de la situation sur le terrain l’exige.

Une veille permanente

Soucieuses de rassurer les familles restées au pays, les autorités s’engagent à communiquer régulièrement sur l’évolution de la situation. La CVAU fonctionne en mode « veille permanente » et reste accessible via des lignes téléphoniques dédiées.
Contacts d’urgence :
+241 661 896 83
+241 744 017 18
+241 622 504 41

Une région sous haute tension

L’activation de cette cellule d’urgence par Libreville intervient dans un climat de volatilité extrême. Depuis plusieurs mois, le Moyen-Orient est secoué par une escalade des tensions régionales, marquée par des conflits armés persistants et une instabilité politique chronique. Entre les risques d’extension des fronts militaires et la perturbation des liaisons aériennes, la sécurité des ressortissants étrangers est devenue une préoccupation majeure pour de nombreuses chancelleries africaines.

Pour le Gabon, cette initiative s’inscrit dans une volonté de renforcer sa diplomatie de proximité et de garantir la protection de ses citoyens, même à des milliers de kilomètres de l’Estuaire.

Appel à la vigilance

Face à l’imprévisibilité de la situation, le ministère des Affaires étrangères exhorte les Gabonais résidant dans la région à la plus grande prudence. Il est vivement recommandé de se signaler sans délai auprès des services consulaires et de limiter les déplacements non essentiels dans les zones à risques. Dans ce contexte de crise, la réactivité des ressortissants reste le premier maillon de leur propre sécurité.