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Le plaidoyer de Désiré Ename pour une restauration structurelle des médias

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La cérémonie des vœux de la presse au président de la République, organisée le 9 janvier, a servi de tribune à un plaidoyer sans détour pour la reconstruction du paysage médiatique national. Porté par la voix de Désiré Ename, journaliste et patron de presse, le message de la corporation n’a pas seulement été un protocole de civilités, mais une véritable feuille de route pour une mutation profonde d’un secteur encore en convalescence.

Dès l’entame de son propos, l’orateur est revenu sur la symbolique du 4 septembre 2023, date à laquelle le chef de l’État avait placé les médias au cœur du protocole républicain lors de sa prestation de serment. « En donnant la priorité aux journalistes, vous exprimiez clairement votre volonté de soumettre votre gouvernance au regard critique de ceux dont la mission est précisément de dire le vrai », a rappelé Désiré Ename. Cette marque de confiance oblige désormais les professionnels à défendre ce qui constitue, selon lui, le moteur de la vie publique, car « la démocratie est un espace vital, et une presse libre en constitue le souffle », a-t-il affirmé.

Le cri d’alarme sur le patrimoine et la formation

Cependant, derrière les symboles, la réalité matérielle et infrastructurelle impose un constat de contraste flagrant. Si le complexe moderne de Gabon 24 fait désormais la fierté du secteur, d’autres édifices emblématiques, témoins de l’histoire médiatique du pays, subissent les affres du temps et du manque d’investissement. « La Maison Georges Rawiri, temple historique de l’audiovisuel public, se meurt », a déploré le patron de presse au sujet du siège de la radiotélévision nationale.

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Le couple présidentiel lors de la cérémonie.

Ce diagnostic de vétusté s’étend à la production cinématographique et à la formation, domaines pour lesquels « la modernisation de cet outil stratégique s’impose dès lors comme une nécessité et un investissement d’avenir », a-t-il souligné.

L’ambition de Désiré Ename touche également à la qualité de l’information sur tout le territoire. Aussi a-t-il appelé à une attention particulière sur la situation de l’Agence gabonaise de presse. « Une agence de presse moderne et correctement dotée constitue un levier majeur pour l’amélioration de la qualité du journalisme dans un pays », a-t-il précisé.

Le Gabon comme futur hub des médias en Afrique

Dans un environnement saturé par l’immédiateté parfois superficielle des réseaux sociaux, l’orateur a tenu à marquer la spécificité du métier de journaliste. « La presse a un rôle que les réseaux sociaux ne joueront jamais : donner du sens ; fournir le fait recoupé, analysé, vérifié, commenté », a-t-il martelé.

En rassurant le pouvoir sur le fait qu’une presse libre et responsable constitue l’un des piliers les plus solides de l’État, il a projeté la corporation vers un objectif de rayonnement régional sans précédent, soutenu par la prochaine Conférence internationale de la presse francophone à Libreville. « Nous nourrissons une ambition claire : faire du Gabon le futur hub des médias en Afrique », a conclu le journaliste.

Le plaidoyer de Désiré Ename pour une restauration structurelle des médias

Au-delà des revendications matérielles et des enjeux de prestige international, l’adresse de Désiré Ename a surtout rappelé une vérité fondamentale : il n’y a pas de restauration des institutions sans une presse capable d’en porter le récit avec rigueur et probité. En tendant la main au sommet de l’État, le porte-voix de la presse gabonaise a scellé une promesse de performance. Car, si « la liberté ne doit pas craindre la liberté », elle impose désormais aux journalistes gabonais d’être à la hauteur de l’ambition affichée : transformer le Gabon en un miroir d’excellence pour l’Afrique tout entière.

L’expertise technique au gouvernail : Clotaire Kondja prend les rênes du Pétrole et du Gaz

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Le secteur des hydrocarbures, véritable poumon de l’économie gabonaise, entame une phase de transformation décisive avec la nomination de Clotaire Kondja au poste de ministre du Pétrole et du Gaz. Ce choix marque une rupture stratégique en confiant les clés d’un département crucial à un profil dont la légitimité repose sur une connaissance millimétrée des rouages de l’industrie. Ingénieur en production pétrolière totalisant plus de trente ans d’expérience, le nouveau ministre n’est pas un inconnu des plateformes de forage ni des cercles de décision.

Le parcours de Clotaire Kondja témoigne d’une ascension bâtie sur le terrain et la rigueur technique. Après avoir forgé ses premières armes chez Africa Forage et Perenco, il a consacré près de deux décennies à la société VAALCO Gabon SA. En tant que directeur général adjoint, il y a supervisé des dossiers complexes, allant de la gestion de la production offshore aux négociations contractuelles délicates avec l’État. Cette immersion opérationnelle lui confère une vision pragmatique des réalités industrielles que peu de ses prédécesseurs ont pu revendiquer avec une telle acuité.

Un architecte de la réforme et de la souveraineté

Au-delà de sa maîtrise de l’ingénierie, Clotaire Kondja s’impose comme un fin connaisseur du cadre législatif gabonais. Membre influent de l’Union pétrolière gabonaise (UPEGA) et ancien directeur général adjoint du secteur, il a été l’un des artisans majeurs de la révision du Code des hydrocarbures en 2014 et 2019. Son expertise a également été déterminante dans la conception des mécanismes de vente du brut gabonais, faisant de lui un architecte de la souveraineté énergétique du pays.

À 60 ans, le nouveau ministre hérite d’une feuille de route ambitieuse dans un contexte mondial de transition énergétique. Ses priorités sont clairement identifiées : renforcer la gouvernance du secteur, optimiser les recettes issues des hydrocarbures et dynamiser la valorisation du gaz naturel. Pour relever ces défis, il entend instaurer un management participatif, misant sur la mobilisation des compétences internes du ministère pour restaurer une efficacité administrative optimale.

L’entrée en fonction de cet expert respecté suscite de réelles attentes quant à l’attractivité du bassin sédimentaire national. Sous sa direction, le ministère devra trouver l’équilibre délicat entre la promotion des investissements étrangers et l’exigence croissante de responsabilité environnementale des opérateurs. En plaçant la rigueur de l’ingénieur au service de l’action publique, Clotaire Kondja dispose des atouts nécessaires pour consolider les acquis pétroliers du Gabon tout en préparant l’avenir énergétique du pays.

[Tribune libre] Finances publiques au Gabon : l’État face à ses propres angles morts

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Alors que la récente taxe sur l’habitation continue d’alimenter les débats et divise fortement l’opinion, l’économiste financier Arthur Ndoungou livre une analyse sans concession sur les réelles marges de manœuvre de l’État gabonais. Loin des solutions de facilité fiscale, il démontre comment, par une simple rationalisation des dépenses publiques et une révision courageuse des exonérations, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 1 000 milliards FCFA sans peser davantage sur le pouvoir d’achat des ménages. Une réflexion stratégique qui interpelle sur l’exécution et les orientations futures des finances publiques, alors que le cadre budgétaire de l’année 2026 est désormais acté.

Comment mobiliser jusqu’à 1 000 milliards FCFA sans accroître la pression fiscale

La controverse autour de la taxe forfaitaire d’habitation, adossée à la facture d’électricité, a relancé un débat essentiel : le Gabon manque-t-il réellement de ressources publiques ou manque-t-il surtout d’une méthode crédible de mobilisation fiscale ? Derrière la polémique, une réalité s’impose : à l’horizon du budget 2026, l’enjeu n’est pas de taxer plus, mais de gouverner mieux.

Une crise révélatrice, plus politique que technique

La taxe forfaitaire d’habitation a agi comme un révélateur. En liant un impôt à un service public vital, relevant de deux régimes juridiques et économiques distincts, l’État a suscité une incompréhension et un rejet social massif. Plus qu’un simple débat fiscal, cette séquence a mis en lumière une fragilité plus profonde de la gouvernance publique : la tentation de réponses rapides à des contraintes budgétaires structurelles, au détriment de la cohérence et de l’équité.

Comme le rappelait déjà Adam Smith, l’impôt qui se perçoit au moment où il est le moins commode pour le contribuable est le plus injuste. Une fiscalité mal pensée n’est pas seulement inefficace, elle fragilise le contrat de confiance entre l’État et les citoyens.

Un État sous contrainte, mais pas sans leviers

Les finances publiques gabonaises font face à des tensions bien identifiées, marquées par le poids croissant de la dette, la rigidité des dépenses de fonctionnement et une dépendance persistante aux recettes pétrolières. Ces contraintes sont réelles, mais elles ne constituent ni une fatalité, ni une excuse à l’improvisation fiscale.

Pour l’exercice budgétaire 2026, l’enveloppe globale est estimée à environ 7 233 milliards FCFA. Les dépenses de fonctionnement absorbent près de 50 % du budget, tandis que le service de la dette avoisine les 1 000 milliards FCFA. Avec une dette publique dépassant désormais 80 % du PIB, le Gabon se trouve dans une situation comparable à plusieurs pays de la CEMAC, mais dispose d’une marge d’optimisation encore largement sous-exploitée.

Réformer la dépense publique : le premier acte de crédibilité

Avant toute création d’impôt, la réforme la plus légitime reste celle de la dépense publique. La reconduction automatique de programmes à faible impact, la dispersion des centres de décision et l’insuffisance des évaluations de performance constituent un gisement d’économies majeur. Selon Richard Musgrave, père de l’économie publique moderne, un système fiscal n’est crédible que s’il s’inscrit dans une gestion rigoureuse de la dépense. Taxer sans se réformer est politiquement coûteux et économiquement contre-productif.

Le potentiel d’économies est considérable. La rationalisation des charges de fonctionnement pourrait générer entre 50 et 100 milliards FCFA. Une maîtrise progressive de la masse salariale, en dehors des services essentiels, dégagerait entre 50 et 150 milliards FCFA supplémentaires. Enfin, la révision des subventions mal ciblées permettrait d’économiser jusqu’à 200 milliards FCFA. Au total, l’État pourrait ainsi mobiliser entre 150 et 450 milliards FCFA sans aucune création d’impôt.

Les exonérations fiscales : quand l’exception devient la règle

Autre angle mort majeur : les exonérations fiscales. Accumulées sans évaluation rigoureuse, elles ont progressivement réduit l’assiette fiscale, souvent sans effet démontré sur l’investissement ou l’emploi. Le manque à gagner cumulé sur la période 2022-2025 avoisine les 1 000 milliards FCFA, avec une TVA exonérée représentant environ 150 milliards FCFA par an.

Les dépenses fiscales totales atteignent ainsi 4 à 5 % du PIB, alors que la moyenne des pays de l’OCDE se situe souvent en dessous de 2 %. Une rationalisation ciblée permettrait de mobiliser entre 200 et 500 milliards FCFA, sans hausse de taux ni pression supplémentaire sur les ménages. Comme le souligne Vito Tanzi, ancien directeur du FMI pour les finances publiques, ces dépenses sont souvent les plus coûteuses car elles échappent au contrôle démocratique.

Où trouver 1 000 milliards FCFA sans taxer plus

La question centrale n’est donc pas de savoir qui faire payer davantage, mais plutôt d’identifier où l’État accepte enfin de se réformer. Contrairement aux discours alarmistes, le Gabon dispose déjà, à périmètre fiscal constant, de gisements suffisants pour mobiliser jusqu’à 1 000 milliards FCFA à l’horizon 2026.

Le secteur informel, qui représente 40 à 50 % du PIB, constitue un espace où circulent des volumes financiers considérables hors du radar fiscal. Les expériences internationales montrent que les États performants ne cherchent pas à éradiquer l’informel, mais à le connecter progressivement au système via la digitalisation et la simplicité administrative. Les transferts d’argent domestiques, par le biais du mobile money et des circuits semi-formels, représentent le cœur de cette économie avec des volumes annuels estimés entre 2 000 et 3 000 milliards FCFA. Un prélèvement léger de 0,5 à 1 % produirait des recettes immédiates de 20 à 30 milliards FCFA, avec un potentiel à moyen terme allant jusqu’à 200 milliards FCFA.

Fiscalité et gouvernance : le vrai test de l’État

La fiscalité est avant tout un acte de souveraineté. Une perception d’improvisation affaiblit le contrat fiscal et nourrit la défiance. Comme le résume l’OCDE, la conformité fiscale dépend moins du niveau d’imposition que de la perception de justice et d’efficacité de l’État. Adosser des taxes à des services essentiels traduit souvent une faiblesse administrative : l’État prélève là où c’est facile, non là où c’est juste.

En synthèse, les gisements mobilisables sans taxer plus se répartissent entre la rationalisation des dépenses (150 à 450 milliards FCFA), la réduction des exonérations (200 à 500 milliards FCFA) et l’intégration de l’informel (100 à 200 milliards FCFA). Le total mobilisable oscille ainsi entre 450 et 1 000 milliards FCFA.

Conclusion : Le choix politique derrière la fiscalité

Le Gabon ne manque ni de ressources, ni d’options, il manque d’une méthode de gouvernement fiscal. Continuer à empiler des taxes socialement sensibles revient à confondre facilité administrative et efficacité économique. À l’inverse, un État qui se réforme avant de taxer renforce sa crédibilité, restaure la confiance et consolide sa légitimité.

À l’horizon du budget 2026, le choix est clair entre une fiscalité improvisée et conflictuelle ou une fiscalité stratégique et structurante. Le principal facteur limitant n’est ni économique ni comptable, mais institutionnel et décisionnel. Ne pas agir en ce sens relèverait désormais d’un choix politique assumé.

Arthur N’doungou, Economiste et financier

Note de l’auteur : Les montants présentés reposent sur des données publiques et des rapports institutionnels. Ils constituent des estimations prudentes destinées à éclairer le débat public.

Port-Gentil : Pascal Houangni Ambouroue passe à l’offensive contre l’insalubrité

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Dans l’optique de redonner à la cité pétrolière son lustre d’antan, le maire de la commune, Pascal Houangni Ambouroue, a présidé une cérémonie de remise de matériel technique le 6 janvier 2026, à la Foire municipale. Cette dotation, destinée aux mairies d’arrondissements et à la Direction des services techniques, marque le coup d’envoi logistique de l’« Opération urgente d’assainissement » lancée officiellement à cette occasion.

Le renforcement des capacités opérationnelles se traduit par l’acquisition de tondeuses, tronçonneuses, débroussailleuses et équipements de protection individuelle. Ce déploiement de moyens vise à placer les services de proximité au cœur de la reconquête de l’ordre public, l’exécutif municipal exigeant en retour un usage rigoureux et transparent de ces outils financés par le contribuable.

Port-Gentil : Pascal Houangni Ambouroue passe à l’offensive contre l’insalubrité

Lors de son allocution, l’édile de Port-Gentil n’a pas occulté les difficultés chroniques auxquelles la ville fait face. Livrant un diagnostic lucide, il a affirmé : « C’est un constat amer, parce que nous avons constaté effectivement que le domaine public est devenu anarchique. Nous avons mené une première opération de surveillance et de repérage, et il est aujourd’hui question de revenir aux fondamentaux ».

Ce rappel à l’ordre s’adresse particulièrement aux acteurs économiques et aux commerçants dont l’occupation de l’espace public outrepasse souvent le cadre réglementaire. Conscient de l’érosion de l’autorité municipale ces dernières années, le maire a tenu à clarifier la nouvelle ligne de conduite de son administration. « Nous sommes en train de faire un travail extrêmement important pour que le domaine public redevienne le domaine légal. Nous sommes dans une démarche de légalité qui va se poursuivre pendant toute l’opération d’assainissement », a-t-il martelé avec fermeté.

Port-Gentil : Pascal Houangni Ambouroue passe à l’offensive contre l’insalubrité

Pour le maire Houangni Ambouroue, cette campagne s’inscrit dans la droite ligne des orientations du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce dernier prône une action publique de proximité, visant à transformer concrètement le quotidien des Gabonais par des résultats mesurables sur le terrain.

[Editorial] Vacations : le naufrage du respect

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Dans l’arithmétique froide de l’administration, 1 800 FCFA ne sont qu’une ligne comptable, le reliquat d’une demi-tranche d’harmonisation. Mais dans la réalité d’un pays où le coût de la vie écrase chaque jour un peu plus les ménages, ce montant est devenu le matricule d’une humiliation nationale. En versant cette somme dérisoire aux enseignants pour leurs vacations, le ministère de l’Éducation nationale ne s’est pas seulement rendu coupable d’une maladresse logistique, il a brisé le miroir de la considération.

Le symbole est d’une violence inouïe. Comment peut-on sérieusement notifier à un cadre de l’État, garant de la transmission du savoir, que son travail de préparation aux examens nationaux vaut à peine le prix d’un trajet en taxi et d’un morceau de pain ? L’administration a beau se réfugier derrière la technicité des textes et la progressivité des paiements, elle oublie l’essentiel : le message envoyé. En saupoudrant ainsi des miettes sur les comptes bancaires des enseignants, l’État renvoie l’image d’une République qui marchande la dignité de ses serviteurs.

On ne paie pas un enseignant comme on règle une facture d’appoint. La vacation est le salaire de l’effort supplémentaire, de l’expertise et de l’engagement pour la jeunesse. Réduire cet investissement à un virement de 1 800 FCFA, c’est transformer le mérite en aumône. Si le ministère assure que le reste suivra, le traumatisme symbolique, lui, est déjà ancré. Dans cette affaire, ce n’est pas la trésorerie qui est en faillite, c’est le respect dû à la fonction.

Musique : Josey, l’accord parfait entre la lagune Ébrié et le fleuve Congo

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Priscille Josée Gnakrou, figure de proue de la scène musicale ivoirienne, n’était pas forcément destinée aux projecteurs. Diplômée en finance générale à l’École nationale d’administration (ENA), celle que le public connaît sous le nom de Josey a finalement délaissé les bureaux de la haute administration pour suivre sa vocation première.

Née à Abidjan le 29 juin 1989 dans une famille de musiciens, elle a forgé sa voix dès l’enfance aux côtés de parents chanteurs de gospel, posant les jalons d’une carrière qui dépasse aujourd’hui les frontières de la Côte d’Ivoire.

Si elle s’est imposée avec des succès fulgurants comme « Diplôme » ou « Mon nom », Josey incarne désormais un véritable pont culturel entre son pays natal et la République démocratique du Congo. Son répertoire, savant mélange d’afro-zouk et de coupé-décalé, s’est enrichi d’une dimension hybride remarquable. En choisissant de chanter en lingala, l’artiste ne réalise pas une simple performance technique, mais rend un hommage vibrant à la Rumba et au Ndombolo qui ont bercé sa jeunesse.

Cette affinité avec la culture congolaise est, selon ses propres mots, une évidence qui précède sa carrière professionnelle. Elle affirme d’ailleurs s’être sentie proche de cette identité bien avant d’en adopter la langue sur disque. Pour la chanteuse, la Côte d’Ivoire est naturellement imprégnée de ces sonorités d’Afrique centrale, et son œuvre ne fait que formaliser cette fusion historique.

Ce positionnement stratégique et artistique permet à la diva d’élargir son influence vers l’Afrique centrale, renforçant son statut d’icône panafricaine. Au-delà du succès commercial, le parcours de Josey témoigne de la puissance de la musique comme vecteur d’unité, prouvant que les émotions et les rythmes ignorent les tracés coloniaux pour célébrer une identité continentale commune.

CAN 2025 : Michel Kuka « Lumumba » quitte le Maroc la tête haute et le cœur lourd

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Après la déroute des Léopards de la RDC face aux Fennecs algériens en huitièmes de finale de la CAN 2025, Michel Kuka, alias « Lumumba Vea », a regagné Kinshasa le jeudi 8 janvier 2026. Malgré de multiples sollicitations visant à le retenir au Maroc jusqu’au terme de la compétition, l’homme qui a marqué l’histoire de ce tournoi par sa présence constante et ses gestes symboliques a choisi de s’éclipser en même temps que son équipe nationale.

Cet homme, quasi incognito sur ses propres terres avant l’événement, s’est imposé comme le personnage le plus populaire auprès du public du Royaume chérifien. Durant les quatre rencontres disputées par la sélection congolaise, il a offert une image attractive et mémorable, loin d’être un simple passage météorique dans les tribunes.

Sa particularité résidait dans une attitude inhabituelle au milieu du tumulte assourdissant des stades : il imposait le silence. Immobile, drapé aux couleurs nationales et le bras droit levé, il incarnait la dignité, la retenue et la mémoire de Patrice Emery Lumumba.

Un dernier salut au Royaume chérifien : Michel Kuka, alias « Lumumba Vea », emporte avec lui la ferveur d’un public conquis et l’intégrité d’un supporter fidèle jusqu’au bout.
Un dernier salut au Royaume chérifien : Michel Kuka, alias « Lumumba Vea », emporte avec lui la ferveur d’un public conquis et l’intégrité d’un supporter fidèle jusqu’au bout.

L’intégrité d’un symbole face aux offres lucratives

Mais face à la défaite, au terme d’une confrontation haletante où le score est resté vierge jusqu’au bout du temps réglementaire, le piédestal a vacillé. Submergé par l’émotion, la figure emblématique a laissé place à l’image d’un supporter meurtri, éclatant en sanglots alors que le rêve des tirs au but s’envolait.

Au-delà de l’émotion, l’intégrité de l’homme force le respect. Michel Kuka aurait décliné une proposition de la Fédération marocaine de football s’élevant à 2000 dollars par match pour le reste du tournoi. Le contrat impliquait qu’il change de tenue en fonction des équipes en lice. Fidèle à son idéal, il a estimé que rester après l’élimination de la RDC aurait été une trahison envers son pays.

Cette dignité rare, que ni l’argent ni les études ne peuvent acheter, témoigne d’une éducation et d’un patriotisme profond qui interroge désormais les observateurs sur la manière de valoriser ce nouvel aspect culturel ayant rayonné sur le monde durant cette CAN.

Mali : Vers une gestion locale renforcée de l’environnement

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Sous la présidence du Général d’armée Assimi GOÏTA, le Conseil des ministres s’est réuni le mercredi 7 janvier 2026. À l’issue de cette séance, une réorganisation majeure des compétences environnementales au profit des collectivités territoriales a été actée, marquant une étape décisive dans la réforme administrative du pays.

La restructuration territoriale engagée par la Transition franchit ainsi un nouveau palier. Suite à la suppression de l’échelon administratif du « Cercle » consacrée par la loi de mars 2023, le cadre juridique devait impérativement s’adapter à la réalité institutionnelle. C’est désormais chose faite avec l’adoption de deux décrets essentiels portés par le ministre de l’Environnement, de l’assainissement et du développement durable. L’objectif affiché est de mettre en cohérence le transfert des compétences avec la nouvelle architecture du territoire malien, laquelle s’articule désormais autour de la commune, de la région et du district de Bamako.

Ces décrets précisent dorénavant le rôle exact de chaque acteur local dans deux domaines vitaux pour le quotidien des populations, soit l’assainissement et la lutte contre les pollutions d’une part, et la gestion des ressources forestières et fauniques d’autre part.

Toutefois, si les collectivités territoriales montent en puissance, l’État ne se désengage pas pour autant. Le texte prévoit que les services centraux et déconcentrés du ministère de l’Environnement assurent une mission permanente d’appui-conseil. Ce dispositif d’accompagnement garantit que les autorités locales disposeront de l’expertise technique nécessaire pour mener à bien leurs missions de développement durable.

Cette réforme témoigne de la volonté des autorités de la Transition de rapprocher l’administration des administrés, tout en assurant une gestion plus rigoureuse et locale des défis écologiques du Mali.

Gabon : Le mépris à 1 800 FCFA, l’affront de trop pour les enseignants

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Le monde de l’éducation est en ébullition depuis le mercredi 7 janvier 2026, date à laquelle le paiement tant attendu des vacations de la session 2024-2025 a tourné à la farce. Ce qui devait être une opération de régularisation financière s’est transformé en une gifle monumentale pour les acteurs du système éducatif. En consultant leurs comptes, de nombreux enseignants ont découvert avec stupeur des virements de 1 800 FCFA. Ce montant, inférieur au prix d’un manuel scolaire de base, est désormais perçu comme le symbole d’un mépris systémique envers ceux qui forment la jeunesse gabonaise.

Pour tenter d’éteindre l’incendie, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique a dégainé un communiqué aux allures de leçon de comptabilité. L’administration s’abrite derrière une lecture froide et bureaucratique des textes, précisant que « le paiement des vacations relatives aux examens de l’année scolaire 2024-2025 s’effectue de manière progressive ». Le ministère insiste sur le fait que les sommes décriées « ne correspondent qu’à une première tranche, équivalente à 50 % du montant total dû » pour les différents baccalauréats, une explication qui peine à calmer l’indignation générale.

Cette gymnastique sémantique masque difficilement un naufrage logistique. Jamais dans l’histoire administrative du pays, l’État n’était tombé dans une telle déconnexion avec la réalité du terrain. Pour justifier ces versements dérisoires, le ministère rappelle que, selon le cadre réglementaire, « le paiement des vacations est effectué en fonction des activités effectivement réalisées ». En détaillant les tarifs, l’autorité explique que les montants perçus reflètent « uniquement une partie correspondant à une activité spécifique », en l’occurrence l’harmonisation, dans la majorité des cas observés par les services financiers.

La colère des enseignants ne porte plus seulement sur le retard de paiement, mais sur la dignité de leur fonction. En choisissant de verser des miettes de manière isolée, le ministère fait preuve d’une maladresse déconcertante. Payer un fonctionnaire à hauteur de 1 800 FCFA, c’est ignorer superbement les frais de transport et l’investissement humain consentis. Bien que le communiqué assure que « l’intégralité des montants dus sera versée », le mal est déjà fait.

En s’accrochant à des dispositions réglementaires pour justifier l’inacceptable, l’administration oublie qu’au-delà des textes, il existe un contrat de respect mutuel que cette transaction financière vient de fragiliser.