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Piraterie maritime : neuf marins enlevés dans les eaux gabonaises

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Le golfe de Guinée vient de rappeler brutalement sa dangerosité. Dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 janvier 2026, une nouvelle attaque de pirates a visé le secteur de la pêche au large de Libreville. Le chalutier Ibe Fish 7, battant pavillon gabonais, a été pris d’assaut alors qu’il opérait dans une zone de pêche traditionnelle. L’annonce a été faite officiellement à la télévision nationale par le vice-amiral Bekale Meyong, chef d’état-major de la Marine nationale, au nom du ministère de la Défense.

Le bilan humain de cet assaut est lourd. Selon les précisions fournies par le haut gradé, neuf membres d’équipage ont été enlevés par les assaillants. Parmi les captifs figurent cinq ressortissants chinois et quatre Indonésiens. Six autres marins, de nationalités indonésienne, chinoise et burkinabè, ont été délaissés à bord par les ravisseurs. « Cette attaque, perpétrée par trois individus armés, a conduit à l’enlèvement de neuf membres d’équipage », a déclaré le vice-amiral lors de la lecture du communiqué officiel, précisant que l’incident s’est produit aux environs de 2 heures du matin à environ 5 nautiques au sud-ouest d’Ekwata.

Une sécurisation immédiate et une enquête judiciaire

Dès l’alerte donnée, les forces de défense et de sécurité ont été mobilisées. La Marine nationale, épaulée par les unités nautiques de la gendarmerie, a déployé un dispositif opérationnel pour sécuriser la zone et le navire sinistré. « Le dispositif a abouti à la localisation puis à l’escorte du chalutier vers Libreville où il est accosté au port d’Owendo », a souligné le chef d’état-major de la Marine. Si le navire est désormais en sécurité, le sort des otages reste la priorité absolue des autorités.

Ce nouvel incident s’inscrit dans un contexte sécuritaire régional complexe. Bien que les statistiques globales de la piraterie dans le golfe de Guinée aient montré des signes de baisse ces dernières années grâce aux patrouilles internationales, les eaux gabonaises restent une zone de vulnérabilité. Ce n’est en effet pas la première fois que des navires de pêche sont ciblés. En mai 2020, une attaque similaire avait visé deux chalutiers au large de Libreville, entraînant également l’enlèvement de plusieurs marins. La proximité des côtes et la nature des embarcations de pêche, souvent moins protégées que les pétroliers, en font des proies privilégiées pour des groupes criminels rapides et mobiles.

La réponse de l’État se veut ferme et coordonnée. Le ministère de la Défense assure que « la situation est suivie au plus haut niveau de l’État et toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la sécurité maritime ». Parallèlement à l’action militaire et diplomatique pour retrouver les captifs, le volet judiciaire est déjà enclenché. Une enquête a été formellement ouverte par le parquet de la République de Libreville afin de déterminer les circonstances exactes de l’abordage et d’identifier les auteurs de cet acte de piraterie.

Logement social : Mays Mouissi met la SNI sous pression de performance

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Le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et du cadastre, Mays Mouissi, a accordé une audience stratégique le vendredi 9 janvier à une délégation de la Société nationale immobilière (SNI). Cette rencontre, conduite par le président-directeur général Jean-Marie Obame Ondo et le directeur général Jean-Pierre Ondounda, visait à présenter un diagnostic sans complaisance de l’entreprise ainsi que sa nouvelle feuille de route pour le développement immobilier au Gabon.

Les échanges ont permis à la direction de la SNI de dresser un état des lieux exhaustif de son fonctionnement interne, marqué par des contraintes opérationnelles qui ont jusqu’ici ralenti le déploiement des chantiers prioritaires. Au-delà des obstacles techniques, les discussions se sont cristallisées sur les réformes structurelles indispensables pour restaurer l’agilité de cet outil public et accroître sa capacité de réponse face à la demande croissante des ménages gabonais.

L’état-major de la SNI a profité de cette tribune pour exposer ses projections à court et moyen terme. Celles-ci reposent sur une relance méthodique des programmes de construction à l’arrêt et une modernisation des processus de gestion. L’objectif affiché est clair : transformer la société en un acteur compétitif et structurant, capable de réduire de manière significative le déficit en logements grâce à une meilleure mobilisation des ressources financières et au renforcement des compétences techniques.

Cette vision stratégique s’appuie sur une approche intégrée de l’habitat, en parfaite cohérence avec les orientations gouvernementales actuelles. La SNI entend ainsi passer du statut d’opérateur en difficulté à celui de moteur de la croissance immobilière, en misant sur une rigueur accrue dans l’exécution des projets et une adéquation plus étroite avec les besoins du marché national.

Le ministre Mays Mouissi a salué l’ambition portée par la nouvelle équipe dirigeante tout en réaffirmant son exigence de résultats. Il a souligné que la SNI doit redevenir le pilier central de la politique nationale du logement, car l’implication d’un bras séculier de l’État reste le meilleur garant de la maîtrise des prix et de la qualité des infrastructures. Pour le membre du gouvernement, ce repositionnement est une question de souveraineté immobilière visant avant tout à protéger l’intérêt général.

Ogobagna 2026 : la culture comme levier de la refondation du Mali

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La Place du cinquantenaire de Bamako s’apprête à vibrer au rythme de la 11ème édition du Festival Culturel Ogobagna. Lors d’une conférence de presse organisée le samedi 10 janvier dans la capitale malienne, le Professeur Pierre Adegné Dolo, président de la commission d’organisation, a officiellement lancé les festivités qui se dérouleront du 26 janvier au 1er février prochain.

Né en 2015 sous l’impulsion de l’association « Ginna Dogon », cet événement s’est imposé en une décennie comme un pilier incontournable du paysage culturel national, avec l’ambition affirmée de placer la culture au sommet de l’agenda de la refondation de l’État.

Pour ce nouveau cru, la thématique choisie, « Cultures du Mali : dialogue, créativité, résilience pour un développement durable », traduit une volonté de dépasser la simple célébration folklorique. Selon le Pr Dolo, il ne s’agit pas seulement de célébrer le passé, mais de mobiliser les savoirs endogènes pour répondre aux défis contemporains.

Le président de la commission d’organisation insiste sur la dimension sociale de l’événement. « Il s’agit de réinventer le vivre-ensemble à travers la parenté à plaisanterie, les rituels et la chefferie coutumière face aux enjeux environnementaux et sécuritaires », a-t-il déclaré devant les médias.

Les Bozos, maîtres du fleuve, à l’honneur cette année

Le festival se conçoit désormais comme un véritable laboratoire d’idées où universitaires et professionnels débattront de la contribution de la culture à la refondation de la gouvernance publique au Mali. Cette quête de sens s’accompagne d’une tradition d’ouverture immuable. Chaque année, Ogobagna invite une communauté spécifique à co-organiser les réjouissances.

Après avoir mis à l’honneur les Tamasheks, les Peulhs ou encore les Soninkés, le festival braque cette année ses projecteurs sur les Bozos. Ce choix des « maîtres du fleuve » souligne une volonté de célébrer la diversité ethnique comme un moteur de cohésion plutôt qu’un facteur de division.

L’ampleur de cette 11ème édition se reflète également dans les chiffres de fréquentation, les organisateurs espérant accueillir environ 30 000 visiteurs. Sur le terrain, l’immersion sera totale pour le public qui pourra admirer les célèbres parades de masques et les tournois de lutte traditionnelle.

Fidèle à l’identité de ses invités d’honneur, cette édition proposera une spécificité nautique de taille avec des courses de pirogues sur le fleuve Niger. Ces activités phares illustrent la vitalité d’un patrimoine qui, loin d’être figé, continue d’irriguer la résilience de la nation.

CAN de handball 2026 : la diplomatie gabonaise au chevet des Panthères à Kigali

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L’heure de la compétition a sonné pour le handball gabonais en terre rwandaise. Déjà présentes à Kigali pour disputer la Championnat d’Afrique des nations masculin de handball, prévue du 21 au 31 janvier 2026, les Panthères ont été reçues officiellement par la représentation diplomatique du Gabon au Rwanda.

La délégation sportive a été chaleureusement accueillie par Sylver Aboubakar Minko Nsémé, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République gabonaise, accompagné pour l’occasion du Consul Christophe Mbadinga. Cette rencontre, placée sous le signe du patriotisme, visait à apporter un soutien moral décisif aux joueurs avant leur entrée en lice dans ce tournoi majeur du handball africain.

Au cours de cet échange institutionnel, l’Ambassadeur a tenu à saluer la rigueur et l’engagement de l’ensemble de l’effectif ainsi que du staff technique. Il a exhorté les Panthères à faire preuve d’une combativité exemplaire sur le parquet pour porter haut les couleurs nationales et représenter dignement le Gabon tout au long de la compétition.

Sensibles à cette marque d’attention, les membres de la sélection nationale ont exprimé leur vive gratitude envers la chancellerie. Ce soutien de proximité, manifesté dès leur arrivée sur le lieu de la compétition, constitue une source de motivation supplémentaire pour le groupe. Les Panthères de handball abordent désormais leurs premières échéances avec la ferme volonté d’honorer la confiance placée en elles par les autorités et le peuple gabonais.

Peine de mort : l’ombre des commanditaires derrière le populisme pénal

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Le Gabon vacille sous le poids d’une insécurité qui ne se cache plus. Les larmes des proches du jeune Cameron, dont l’assassinat a soulevé un vent de révolte, ne sont pas seulement celles d’un deuil familial ; elles sont le symbole d’une nation qui ne se sent plus protégée. Face à l’effroi, la tentation de la réponse brutale est humaine, presque instinctive. Mais lorsque cette réponse émane du sommet de l’État sous la forme d’un retour à la peine de mort, elle mérite un examen froid, loin des passions.

Lors de la présentation des vœux au palais Rénovation, le jeudi 8 janvier, Mgr Jean Patrick Iba-Ba a eu les mots justes en rappelant que le pays reste « traumatisé par les crimes de sang associés à tort ou à raison aux acteurs politiques ». Le prélat a mis le doigt sur la plaie : le crime rituel n’est pas qu’un fait divers, c’est un symptôme de la décomposition morale d’une certaine élite.

Pourtant, la réponse suggérée par le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, à travers l’annonce d’une consultation populaire, déplace dangereusement le curseur. Vouloir rétablir la peine capitale au motif que la réclusion à perpétuité ne serait pas assez « dissuasive » est un raccourci intellectuel. La dissuasion ne naît pas de la cruauté du châtiment, mais de sa certitude. Or, ce qui manque cruellement au Gabon, ce n’est pas la sévérité des lois, c’est leur application aux « mains invisibles ».

L’histoire judiciaire de notre pays est jonchée de procès où les exécutants sont jetés en pâture tandis que les commanditaires, souvent tapis dans les hautes sphères du pouvoir ou de l’influence, demeurent intouchables. Rétablir la peine de mort dans un système où la justice subit encore des pressions ou cède à la corruption revient à donner à l’État le droit de tuer les « seconds couteaux », tout en laissant les véritables architectes du crime prospérer dans l’ombre d’une immunité de fait.

L’émotion populaire est un mauvais guide pour le législateur. Surfer sur la douleur des familles pour proposer une solution radicale peut s’apparenter à une distraction politique alors que le vrai chantier demeure l’indépendance de la magistrature. Si un juge n’a pas la liberté ou l’intégrité de convoquer un puissant cité à la barre, que la loi prévoie la prison ou la guillotine ne changera rien au cycle des sacrifices humains.

La sécurité des Gabonais ne réside pas dans le rétablissement d’un châtiment suprême, mais dans la fin de l’immunité pour les « mains invisibles ». Avant d’offrir un exutoire sanglant à la colère populaire, l’État a le devoir de garantir une justice intègre, capable de frapper au sommet de la pyramide plutôt que de se contenter des seconds couteaux.

Éducation nationale : l’Exécutif sort l’artillerie lourde pour briser l’impasse

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Face à une grève qui paralyse les établissements scolaires depuis le 5 janvier 2026, l’Exécutif gabonais dévoile une feuille de route interministérielle mêlant mesures concrètes, concertations élargies et mécanismes de suivi. Dans un communiqué interministériel daté du 10 janvier 2026, le gouvernement a officiellement réagi au climat social délétère qui secoue le secteur éducatif.

Le texte s’inscrit, selon ses termes, dans « un souci d’amélioration continue de la qualité du système éducatif national » et dans le cadre préparatoire des travaux de la commission tripartite chargée du traitement des situations administratives et financières des agents de l’Éducation nationale.

Ces travaux sont conduits « sous la coordination et les hautes instructions du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault » et associent le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, le ministre de l’Économie et de Finances, Thierry Minko, ainsi que la ministre de la Fonction publique, Laurence Mengue Me Nzoghe épouse Ndong. Le communiqué annonce des actions précises, notamment « l’octroi de 300 premiers postes budgétaires, au profit des sortants d’écoles, des professeurs de sciences et des enseignants bénévoles », ainsi que « la régularisation de 3 000 situations administratives ».

Un calendrier de concertation sous haute tension

L’ensemble de ces décisions, précise le document, ainsi que « les autres points contenus dans les différents cahiers de charges », feront l’objet « d’une harmonisation et d’une classification des priorités » lors d’une séance de travail prévue le dimanche 11 janvier 2026. Cette rencontre réunira « les représentants des partenaires sociaux, de SOS Éducation, des enseignants, ainsi que ceux de l’administration centrale de l’Éducation nationale ».

Dans la continuité, « la commission technique chargée de l’examen de ces dossiers », composée des services techniques des ministères concernés, reprendra ses travaux le lundi 12 janvier 2026, avant la tenue de la Commission tripartite interministérielle, placée « sous la haute présidence du Vice-Président du Gouvernement », le mardi 13 janvier 2026. Enfin, le communiqué annonce qu’« une commission de suivi et d’évaluation sera mise en place afin d’assurer un point mensuel sur l’état d’avancement et la mise en œuvre des engagements pris ».

Une volonté affichée de désamorcer une grève aux conséquences lourdes

À travers cette succession d’actions, de rencontres et de commissions, le gouvernement affiche une volonté manifeste de sortir de la grève qui paralyse les cours sur toute l’étendue du territoire depuis le 5 janvier 2026. En ouvrant des espaces de dialogue élargis et en annonçant des mesures chiffrées, l’Exécutif semble vouloir répondre à une crise sociale qui menace de se durcir si des solutions idoines ne sont pas rapidement mises en œuvre.

Reste désormais à transformer ces annonces en résultats concrets. Car plus la grève se prolonge, plus le retard pédagogique s’accumule, rendant le rattrapage difficile et exposant le système éducatif à des conséquences durables. Le temps du calendrier est enclenché ; celui des résultats est désormais attendu par l’ensemble de la communauté éducative.

À Alibandeng, des enfants pêchent dans les caniveaux pour survivre

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Dans les ruelles d’Alibandeng, quartier populaire de Libreville, la misère ne se cache plus. Elle s’étale sans fard le long des routes, au creux de rigoles béantes où l’eau stagnante charrie déchets, boue et désespoir. C’est là, au bord de ces conduits insalubres, que des enfants aux pieds nus tentent de capturer de petits poissons ou des têtards pour subsister.

La scène est saisissante. Deux garçonnets avancent prudemment dans la vase. L’un tient un piège rudimentaire, l’autre scrute l’onde trouble. Leurs vêtements sont usés, leurs sandales absentes ou abandonnées sur le bitume brûlant. Autour d’eux, la circulation poursuit son cours, indifférente. Personne ne s’arrête. Personne ne s’étonne. Dans ce secteur de la capitale, ce tableau est devenu presque ordinaire.

Le paradoxe d’un pays riche face à la faim

Ces enfants ne jouent pas. Ils ne cherchent pas à s’amuser, mais à se nourrir. Dans un pays riche de ses ressources naturelles, cette réalité heurte les consciences. Comment expliquer que des mineurs soient contraints de fouiller des cloaques au péril de leur santé, s’exposant aux infections et aux accidents, pendant que les discours officiels célèbrent la croissance, les réformes et la relance économique ?

Ce spectacle est le symbole brutal d’une pauvreté structurelle, enracinée dans une répartition inégale des richesses collectives. À Alibandeng comme dans de nombreux quartiers défavorisés, les familles vivent sans accès réel à l’eau potable, à l’assainissement, ni à une alimentation décente. L’école devient dérisoire quand l’urgence est de combler un estomac vide. L’enfance, ici, se trouve sacrifiée sur l’autel du délaissement social.

La faillite du filet de sécurité sociale

Ce que ces gamins extraient de la boue ne se limite pas à quelques proies. Ils y puisent une survie quotidienne que l’État, les collectivités locales et les politiques publiques n’ont pas su garantir. Cette situation pose une question fondamentale : quelle est l’utilité des ressources publiques si elles ne protègent pas les plus vulnérables ?

Il ne s’agit pas ici de solliciter une charité ponctuelle ou de susciter une émotion passagère, mais d’exiger la justice sociale. Une redistribution équitable des revenus nationaux, des investissements massifs dans les infrastructures de base et une protection réelle de la jeunesse ne sont pas des options, mais des obligations régaliennes.

À Alibandeng, les caniveaux sont devenus des lieux de subsistance. Tant que ce constat persistera, il restera un réquisitoire silencieux contre un système qui laisse ses enfants lutter pour leur survie là où ils devraient simplement grandir.

Grève des enseignants : Laurent Angue Mezui appelle à l’humilité

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Alors que les cours sont suspendus sur toute l’étendue du territoire depuis le 5 janvier 2026, une voix issue du cœur même du système éducatif appelle l’État gabonais à regarder la crise en face, avant qu’elle ne devienne irréversible.

Laurent Angue Mezui, président du Rassemblement pour le Gabon (RPG) et inspecteur pédagogique principal admis à la retraite, a publié le 9 janvier une déclaration au ton particulièrement grave. Il s’exprime avec « gravité », précise-t-il, parce qu’il appartient au corps enseignant, parce que l’éducation est « le métier d’une vie », et parce qu’il a « servi la République jusqu’au grade d’inspecteur pédagogique ». Cette parole se veut à la fois professionnelle et citoyenne, portée par « une double casquette de professionnel de l’Éducation et de leader d’opinion ».

Les racines d’une colère profonde et légitime

Pour l’ancien inspecteur, la grève actuelle n’est ni soudaine ni capricieuse. Elle est « la conséquence de la non prise en compte, depuis des lustres, des revendications des enseignants », analyse-t-il. S’appuyant sur une sagesse populaire pour illustrer l’enlisement du conflit, « ce sont les ruisseaux qui se transforment en rivières et les rivières en fleuves », il décrit la crise comme le résultat d’un problème longtemps différé, étouffé, puis laissé à « métastaser ». Ainsi, la suspension des cours révèle une rupture profonde : celle d’un système qui a cessé d’écouter ceux qui le font vivre.

Laurent Angue Mezui apporte un « soutien plein et entier » aux enseignants en lutte, tout en réfutant toute lecture politicienne du mouvement. « Leur mouvement n’a rien de capricieux. Il ne relève ni de la haine, ni du sabotage, encore moins de la manipulation politique », écrit-il avec fermeté. Il évoque au contraire « un cri d’un corps professionnel qui porte la Nation mais que la Nation refuse de porter ». Il dénonce également des décennies de « clochardisation », de précarité et d’invisibilisation, rappelant qu’« aucun peuple ne progresse en reléguant l’éducation au bas de l’échelle ».

L’urgence d’un dialogue sincère pour l’avenir national

L’ancien inspecteur met en lumière un déséquilibre structurel qu’il juge dangereux. « Pendant que certaines institutions voient leurs avantages s’accumuler, d’autres voient leur précarité s’installer », déplore-t-il. Pour lui, cette injustice n’est pas seulement morale, elle est « explosive ». « Ce n’est pas seulement une grève que vous avez face à vous, c’est une crise de confiance », lance-t-il en guise d’avertissement au gouvernement, convaincu que toute crise de confiance non traitée finit par une rupture entre le pouvoir et le peuple.

Face à l’urgence, l’homme politique esquisse des solutions de sortie de crise. Il appelle l’exécutif à « prendre à bras-le-corps le cahier des charges des enseignants » et à faire preuve d’« humilité », qu’il définit comme « une vertu politique et une force morale ». Il insiste sur la nécessité d’écouter le collectif S.O.S. Éducation, rappelant que « celui qui est entendu devient de fait représentatif », surtout lorsque les bases ne se reconnaissent plus dans leurs syndicats traditionnels. « L’éducation n’est pas un luxe », tranche-t-il sans détour, « elle est le pilier de toute souveraineté nationale ». Trouver rapidement des solutions durables n’est plus un choix politique, conclut-il, mais une « obligation historique ».

Enseignement Supérieur : le Pr Charles Edgar Mombo décrète l’urgence absolue

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Dès sa prise de contact officielle le 6 janvier 2026 avec les responsables de l’administration centrale, le Pr Charles Edgar Mombo, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a d’emblée marqué son territoire en exigeant une rupture avec l’inertie. Face à un département ministériel en proie à des difficultés persistantes, le nouveau locataire a sommé ses collaborateurs de traduire sans délai la vision présidentielle en résultats concrets, plaçant la rigueur et le sens de l’intérêt général au cœur de sa méthode.

« Il est urgent de se mettre résolument au travail dès à présent, avec rigueur, discipline et sens élevé de l’État, tout en maintenant un climat de convivialité, gage d’une action gouvernementale efficace et responsable », a martelé le ministre. Pour le Pr Mombo, l’heure n’est plus aux promesses mais à une mobilisation totale pour restaurer l’image d’un secteur vital pour la jeunesse gabonaise.

Au cours des échanges, le ministre a dévoilé la feuille de route dictée par le président de la République pour les mois à venir. Ce plan d’action vise à s’attaquer de front aux maux qui minent l’université gabonaise, notamment le déficit criant de campus modernes, les retards récurrents dans le paiement des bourses et les insuffisances de l’encadrement scientifique. Par ailleurs, le ministre a rappelé que la gestion du porte-parolat du Gouvernement lui est désormais confiée, une décision stratégique destinée à mieux coordonner la communication gouvernementale tout en valorisant les avancées académiques et scientifiques du pays.

Face aux défis du ministère, le Pr Mombo insiste sur l’urgence de passer de la vision à l’action.
Face aux défis du ministère, le Pr Mombo insiste sur l’urgence de passer de la vision à l’action.

Le Pr Mombo prend ainsi les rênes d’une institution fragilisée, où les enjeux financiers et structurels pèsent lourdement sur le quotidien des étudiants et du corps enseignant. Dans cet environnement sous tension, son appel à l’action immédiate dépasse la simple formalité administrative pour devenir une obligation de résultats. L’efficacité de son magistère se mesurera à sa capacité à régulariser le paiement des bourses et à lancer les chantiers d’infrastructures tant attendus, transformant ainsi les orientations présidentielles en une réalité palpable pour la nation.

Le collectif SOS Éducation défie l’exécutif et durcit sa grève

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Réunis en assemblée générale ce samedi 10 janvier 2026, les enseignants membres du collectif SOS Éducation ont tranché : la grève entamée le 5 janvier est reconduite et appelée à se durcir sur toute l’étendue du territoire.

L’école publique Martine Oulabou a servi de cadre à cette mobilisation d’envergure, accueillant une rencontre exceptionnelle où l’atmosphère était à la fois grave et déterminée. Le message porté par les syndicalistes est resté sans ambiguïté, martelant qu’il n’y aura aucune reprise des cours sans des actions concrètes de la part des autorités.

À l’issue des échanges, la décision est tombée de manière unanime, confirmant la poursuite du mouvement avec un durcissement annoncé, les enseignants refusant toute concession tant qu’un signal clair et crédible ne sera pas donné.

Des exigences fermes sur le cadre du dialogue

Au cours des débats, les grévistes ont fixé des lignes rouges claires en matière de négociation, s’articulant autour de deux principes majeurs. Le premier concerne le cadre même des discussions. Les enseignants exigent que les échanges soient menés exclusivement avec le collectif SOS Éducation, initiateur du mouvement, rejetant fermement toute médiation ou représentation intermédiaire qui viendrait diluer leurs revendications.

Allant plus loin dans leurs exigences, les membres du collectif réclament une rencontre directe avec les plus hautes autorités du pays, incluant le président de la République. Toutefois, cette ouverture au dialogue est strictement conditionnée à un signal fort préalable, à savoir le début effectif de la mise en œuvre de certaines revendications, considéré comme un gage indispensable de bonne foi avant toute négociation formelle.

Le second principe porte sur le fond des dossiers à traiter. Les enseignants entendent limiter les négociations aux seules primes de logement, de transport et d’éloignement. Ils estiment en effet que les situations administratives, telles que les avancements, les reclassements, les intégrations ou encore la mise en solde des enseignants bénévoles et des sortants des écoles de formation, constituent des acquis de droit. Pour le collectif, ces dossiers relèvent de la gestion courante de l’administration compétente et doivent être réglés sans faire l’objet de nouveaux marchandages.

Une colère attisée par le paiement partiel des vacations

La colère des enseignants a d’ailleurs été ravivée par la récente décision gouvernementale de déclencher le paiement des vacations des examens de 2025 par un versement partiel de 50 % pour le baccalauréat général et technique. Cette mesure est jugée incompréhensible par les intéressés, d’autant plus qu’aucune communication officielle n’a été faite pour justifier ce fractionnement ou préciser le calendrier des paiements restants.

Dans ce bras de fer, le collectif SOS Éducation a reçu le soutien de l’Association des parents d’élèves du Gabon, un appui qui renforce la détermination des grévistes face au pouvoir public. Alors que les cours restent suspendus, la crise s’enlise et le gouvernement est désormais appelé à réagir en urgence. Plus l’école reste à l’arrêt, plus le rattrapage pédagogique sera complexe, faisant peser sur le système éducatif national le risque d’un discrédit majeur auprès des instances internationales comme l’UNESCO.