Ndjaména : Le Tchad met fin à l’accord de défense avec la France
Le 28 novembre 2024, le gouvernement tchadien a annoncé la résiliation de l’ accord de coopération en matière de défense, révisé en 2019, avec la France. Cette décision, selon le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la coopération intercommunale, Abderaman Koulamallah, traduit la volonté du pays d’affirmer sa souveraineté, 66 ans après son indépendance et de réorienter ses partenariats stratégiques.
Les autorités tchadiennes ont assuré que cette rupture respectera les modalités prévues, garantissant une transition ordonnée. N’Djamena souligne que les liens d’amitié avec la France restent solides et qu’une coopération dans d’autres domaines demeure envisageable.
Cette décision marque une étape importante dans la redéfinition des relations internationales du Tchad et sa quête d’autonomie stratégique. Cependant, cette décision peut être un pari risqué, notamment sur le plan sécuritaire, dans une région marquée par l’instabilité.
Gabon : Grève dans la formation professionnelle, l’inaction du ministère sous le feu des critiques
Le Syndicat national des enseignants et des personnels de la formation professionnelle (SYNEPFOP), représenté par son président Edmond Hendet Ngadi, a organisé une conférence de presse, mardi dernier, pour alerter les pouvoirs publics sur les problèmes persistants dans ce secteur.
Cette rencontre avec les médias intervient dans le cadre du mouvement de grève lancé il y a un mois par la Coalition des syndicats de la formation professionnelle, regroupant le SYNFEP, le SYFOP et le SYNEPFOP. Malgré cette action, la réaction du ministère de l’Éducation nationale est attendue face aux revendications des agents. Parmi les points soulevés figurent le non-paiement des vacations et des indemnités liées aux examens et concours, ainsi que l’absence de budget de fonctionnement pour la cohorte 2024-2026 au Centre international de Mvengué.
Une tentative de dialogue infructueuse
Le 21 septembre dernier, une délégation du SYNFEP avait été reçue par la ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, Camélia Ntoutoume Leclercq. Lors de cette rencontre, les syndicalistes ont exposé les difficultés auxquelles les agents sont confrontés et ont donné un temps de réflexion au ministère afin d’éviter une grève. La ministre avait alors exprimé sa volonté de clarifier ces problématiques avec les membres du gouvernement. Cependant, un mois plus tard, aucune action concrète n’a été menée, contraignant les agents à déclencher leur mouvement.
Les revendications actuelles ne sont donc pas nouvelles. Elles s’inscrivent dans une liste soumise bien avant le déclenchement de la grève. L’inaction du ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle aggrave la paralysie du secteur, selon les syndicats.
Face à cette situation, les syndicats de la formation professionnelle appellent les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour résoudre ces problèmes. Ils estiment que l’avenir du secteur dépend d’un engagement clair et immédiat du gouvernement.
Namibie : Un double scrutin au croisement de l’histoire et de la crise
Les Namibiens attendent fébrilement les résultats des élections présidentielle et législatives du mercredi 27 novembre 2024. Ce double scrutin pourrait signifier bien plus qu’un simple renouvellement de la classe politique, il cristallise les espoirs de changement dans un pays marqué par des décennies de gouvernance hégémonique et des fractures socio-économiques béantes.
Netumbo Nandi-Ndaitwah, vice-présidente et candidate du SWAPO, le parti historique au pouvoir depuis 1990, est largement pressentie pour succéder au président Hage Geingob. À 72 ans, cette figure de la lutte pour l’indépendance pourrait devenir la première femme présidente de la Namibie, un fait marquant dans l’histoire du pays. Toutefois, au-delà du symbole, sa candidature incarne également une continuité qui pourrait ne pas séduire un électorat en quête de renouveau. Le SWAPO, pilier de la libération nationale, est aujourd’hui perçu comme une force usée, incapable de répondre aux défis contemporains.
Pour preuve, lors des élections de 2019, le SWAPO, avait enregistré un net recul, passant de 86 % des suffrages en 2014 à 56 %. Cette désaffection, loin d’être anodine, serait le fruit d’une désillusion croissante comme d’ailleurs un peu partout en Afrique. Malgré une richesse en ressources naturelles, notamment le diamant et l’uranium, la Namibie reste minée par plusieurs maux. On peut citer une pauvreté persistante, résultat d’une redistribution inégale des richesses, un chômage galopant, atteignant des niveaux alarmants chez les jeunes déstabilisés par un avenir incertain. Le tout avec les inégalités criantes qui alimentant les frustrations et le mécontentement dans un contexte économique morose. Ces facteurs, combinés à un sentiment de corruption et d’inefficacité au sein des élites au pouvoir, ont offert un terrain fertile à l’émergence de nouvelles forces politiques.
Des partis comme le « Mouvement des sans-terre » ou les Patriotes indépendants pour le changement, portés par des propositions audacieuses, gagnent en popularité. Surfant sur l’inefficacité de leurs concurrents politiques, ils ne manquent pas d’appeler à des réformes agraires profondes et à une redistribution équitable des ressources, brisant le monopole idéologique d’un SWAPO en perte de légitimité.
Ce scrutin namibien s’inscrit dans une vague de désaveux des partis historiques en Afrique australe. En Afrique du Sud, l’ANC est fragilisé par ses échecs économiques et sociaux. Au Botswana, le Parti démocratique botswanais a perdu sa majorité absolue. La Namibie pourrait bien être le prochain domino à tomber.
Alors que le dépouillement des bulletins de vote se poursuit, la question reste posée : la Namibie est-elle prête à tourner la page de trois décennies de domination du SWAPO, ou le parti historique parviendra-t-il à sauver ce qui reste de sa base électorale ? Les résultats, attendus avec fébrilité dans les jours à venir, ne détermineront pas seulement l’avenir du parti au pouvoir, mais bien celui d’une nation en quête d’un équilibre entre son passé glorieux et les défis de demain.
Gabon : Une plateforme exige la réforme de la loi électorale
Lors d’une déclaration de presse, le mercredi 27 novembre, la plateforme « Référendum Je vote NON » a, par la voix de son porte-parole de circonstance March Ulrich Malekou dénoncé les nombreuses irrégularités observées lors du scrutin référendaire du 16 novembre. Elle a réclamé une réforme profonde de la loi électorale, en vue des prochaines élections législatives, locales et présidentielles.
Parmi ses revendications phares figure la suppression de la disposition conférant au ministère de l’Intérieur le monopole de l’organisation des scrutins, une mesure jugée contraire à la transparence et à la crédibilité des processus électoraux.
La plateforme critique également l’exclusion et le favoritisme, pointant du doigt l’organisation unilatérale du référendum par l’administration centrale, à savoir le ministère de l’Intérieur, qui est accusé d’avoir pris ouvertement parti en faveur du « OUI ». Cette posture partiale aurait, selon « Référendum Je vote NON », placé le ministère dans une situation contradictoire en étant la fois juge et partie.
Par ailleurs, la plateforme a affirmé que certaines populations ont été exclues ou manipulées du processus électoral. Ce qui compromet le caractère démocratique et inclusif du scrutin. Elle réaffirme donc son rejet des résultats du référendum, qu’elle qualifie d’illégitimes et plaide pour une révision complète des mécanismes de gouvernance et de gestion électorale.
Dans sa déclaration, « Référendum Je vote NON » a également tenu à remercier le peuple gabonais pour avoir, selon elle, envoyé un signal fort contre les « fossoyeurs de la République ». Un hommage particulier a été rendu aux citoyens ayant voté « NON », désormais considérés comme des défenseurs actifs des libertés. « L’abstention et la politique de la chaise vide ont toujours profité aux bourreaux de nos libertés », a conclu le Président du mouvement panafricain « Osons pour l’Afrique».
Gabon : Les auxiliaires de sécurité scolaire réclament de meilleures conditions de vie au ministère de l’Éducation nationale
Ce mercredi 27 novembre 2024, ces agents, sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, ont organisé un mouvement d’humeur pour dénoncer leurs conditions précaires de travail. A travers cette manifestation, ils interpellent directement le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin d’obtenir des réponses à leurs revendications.
Ces agents, chargés d’assurer la sécurité et le bon déroulement des activités dans les établissements publics, dénoncent un statut qu’ils jugent dévalorisant. Sur leurs banderoles, ils réclament leur intégration officielle en tant qu’agents du ministère de l’Éducation nationale, mettant en avant l’importance de leur rôle dans le fonctionnement du système éducatif.
Les auxiliaires de sécurité pointent du doigt plusieurs dysfonctionnements, notamment l’absence de cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Ils réclament également le versement régulier des salaires à la place des indemnités actuelles, jugées insuffisantes et versées avec plusieurs mois de retard. Selon des informations recueillies, ces indemnités n’ont pas été payées depuis quatre mois, une situation qui pourrait s’aggraver d’ici décembre.
Loin de jeter de l’huile sur le feu, il faut souligner que ce mouvement d’humeur intervient alors que le ministère de l’Éducation nationale est déjà au centre de critiques des syndicats des enseignants de l’Ecole normale supérieure, notamment sa cogestion avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Ces revendications viennent ainsi amplifier les interrogations sur la gestion de ce département stratégique.
Ces auxiliaires de sécurité pour rappel, luttent contre la violence en milieu scolaire. Un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, ces derniers temps, avec le phénomène de la vente et de la consommation des drogues fortes au sein des établissements.
Gabon : Paulette Missambo reçoit en audience Zhou Ping
Le mardi 26 novembre 2024, la Présidente du Sénat de Transition a accordé une audience à l’ambassadeur de Chine au Gabon. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre d’une visite de courtoisie marquée par des échanges constructifs.
Parmi les sujets abordés lors de cette visite, la rénovation du Palais du Omar Bongo Ondimba a occupé une place centrale. L’ambassadeur Zhou Ping a fait le point sur l’avancement des travaux de réhabilitation, qui connaissent quelques retards. Toutefois, il a tenu à rassurer la Présidente du Sénat sur le respect des délais prévus dans le calendrier initial, soulignant l’engagement de la Chine à mener ce projet à son terme.

L’entrevue a été également l’occasion pour les deux personnalités de se satisfaire des relations bilatérales solides et fructueuses entre la Chine et le Gabon. L’ambassadeur Zhou Ping a mis en lumière l’importance de ces liens, notamment à travers des projets concrets comme la réfection du palais du Sénat, symbole de la coopération entre les deux nations.
Cet échange illustre une fois de plus la profondeur du partenariat stratégique qui unit la République populaire de Chine et le Gabon, dans une dynamique de collaboration mutuellement bénéfique.

Gabon : 22ᵉ réunion annuelle du réseau Fratel tenue à Libreville
La capitale gabonaise a accueilli, du 26 au 27 novembre dernier, cette cérémonie organisée par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Pendant ces deux jours, les régulateurs, experts et acteurs clés des télécommunications se sont penchés sur le thème : « Quels modèles d’affaires et quelles stratégies pour les opérateurs télécoms dans le futur ? ».
Cette réunion avait pour objectif de jeter les bases d’une transition numérique réussie pour l’Afrique et d’accompagner les mutations globales du secteur. En effet, tout au long des échanges, l’impact des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle et les télécommunications a attiré l’attention des participants. Les discussions visaient à explorer les moyens d’adapter les cadres législatifs et les stratégies des opérateurs face aux transformations numériques.
Le ministre de l’Économie numérique, le général Bonjean Rodrigue Mbanza, a affirmé que cette rencontre est essentielle pour renforcer la résilience numérique du Gabon et pour positionner le pays comme un acteur majeur de l’économie numérique parmi les pays de la zone francophone. Le président de l’ARCEP, Célestin Kadjidja et la ministre déléguée Murielle Minkoue ont également insisté sur l’importance de la coopération internationale pour encourager l’innovation et stimuler les investissements dans les infrastructures de télécoms.
Gabon : La tension persiste à Comilog
Le climat social reste tendu au sein de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), alors que Joscelain Lebama, secrétaire général du Syndicat des travailleurs des industries minières et métallurgiques (STRIMM), a annoncé sa décision de ne pas participer à une réunion informelle organisée le 24 novembre 2024 avec les membres du comité de direction gabonais à Libreville.
Dans une déclaration officielle, M. Lebama a justifié son refus, par l’absence d’un cadre formel et structuré, de discuter des enjeux majeurs affectant les travailleurs. Il a rappelé que la transparence et la collégialité sont des valeurs fondamentales du STRIMM, et que toute rencontre sans ces garanties pourrait compromettre les principes syndicaux et les revendications des travailleurs.
Le STRIMM insiste sur la nécessité d’échanges entre partenaires sociaux dans des cadres officiels, afin de garantir la légitimité et la portée des décisions. Joscelain Lebama a cependant réaffirmé sa disponibilité à des discussions répondant à ces critères.
En parallèle, le mouvement de grève initié par le STRIMM reste d’actualité. Le secrétaire général a exhorté les travailleurs à demeurer mobilisés et a promis une communication prochaine pour organiser le retour au piquet de grève.
Ce développement reflète les tensions persistantes entre la direction générale de Comilog et les syndicats, alors que les travailleurs revendiquent des conditions de travail améliorées et le respect de leurs droits.