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Gabon : Noël Bertrand Boundzanga rend hommage aux enseignants le jour de son anniversaire

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Alors que le Gabon traverse une zone de fortes turbulences de revendications d’un mieux-être dans presque tous les secteurs d’activité, ce professeur d’université dédie le jour de sa naissance « aux enseignants et, plus généralement, aux agents publics ». Ancien président de la Commission politique du Dialogue national inclusif, ils estiment que « les gens souffrent alors qu’ils travaillent ».

Dans une actualité très fortement perturbée, notamment la vague de revendications sociales dont l’issue inquiète presque tout le monde, il est des hommes qui pointent le problème et esquissent de pistes de solutions pour y remédier. Profitant du jour de son anniversaire, Noël Bertrand Boundzanga, sur sa page Facebook, le dédie « aux enseignants et, plus généralement, aux agents publics. Que l’Etat mette fin aux avances de salaire, aux rappels soldes ; qu’il régularise, propose-t-il, administrativement et financièrement ses agents ».

D’autant plus que pour cet universitaire « les gens souffrent alors qu’ils travaillent ; les gens meurent sans avoir touché un pécule des rappels soldes. Il faut régulariser le travail administratif. C’est une question de gouvernance, d’arbitrage budgétaire, de respect de droit, de recherche d’efficacité administrative ». Il pense qu’« en une année, on peut régler tout ça et repartir sur de nouvelles bases en 2027. L’injustice n’est pas une norme ; le provisoire n’est pas définitif ; le travail à la fonction publique n’est pas intermittent, il est permanent ! Le paiement de la dette publique à l’égard des agents publics est une cause nationale. Ce doit être un engagement de la première année de la 5e République : restaurer l’agent public dans ses droits. Il y restera encore six ans pour construire les immeubles ». Voilà qui est dit !

Noël Bertrand Boundzanga : Un acteur engagé du dialogue national au Gabon

Noël Bertrand Boundzanga est une figure reconnue sur la scène politique et intellectuelle gabonaise. Professeur, écrivain et analyste politique, il s’est illustré par son engagement en faveur du dialogue et de la démocratie au Gabon, notamment lors du dialogue national du mois d’avril 2024, événement marquant de la vie publique du pays.

Ce natif de Mbigou a joué un rôle actif au sein du dialogue national inclusif, en apportant une voix indépendante et critique. Sa contribution s’est traduite par des interventions sur la nécessité de renforcer la démocratie, de garantir la transparence des institutions et de favoriser l’inclusion de toutes les composantes de la société gabonaise.

Son engagement lors des débats a témoigné de sa volonté d’œuvrer pour une transformation profonde des structures politiques gabonaises. Fidèle à ses principes, Boundzanga a insisté sur l’importance de la liberté d’expression et de la participation citoyenne, soulignant que le dialogue national ne doit pas être un simple exercice formel mais une véritable occasion de refonder le pacte social du pays.

Son implication a contribué à rehausser le niveau des discussions

La présence de Noël Bertrand Boundzanga au dialogue national a été saluée par de nombreux observateurs pour son apport constructif et son franc-parler. Son implication a contribué à rehausser le niveau des discussions et à porter des revendications essentielles au cœur du processus. Si les résultats du dialogue national sont le fruit d’un compromis entre différentes forces, la voix de Boundzanga demeure celle d’un intellectuel exigeant, soucieux du respect des principes démocratiques. Pour preuve, Noël Bertrand Boundzanga, dit-on ici et là, a été le seul membre de la Commission politique du Dialogue national inclusif à répondre les yeux dans les yeux au général de Brigade, Brigitte Onkanowa « que tout le monde n’a pas été Pdgistes ». Cette observation, croit savoir la clameur populaire, serait à l’origine de la mise à l’écart du brillant Noël Bertrand Boundzanga du choix des personnes devant accompagner la Transition. Or, au regard de ses prises de position lors de cette rencontre, il a été vertement malmené sur les réseaux sociaux. Il méritait tout même à être responsabilisé dans l’un des secteurs d’activité de notre République.

Au reste, à travers sa participation au dialogue national, Noël Bertrand Boundzanga illustre le rôle crucial des intellectuels dans la consolidation de la démocratie et le développement du Gabon. Son engagement, son expertise et sa capacité à porter un regard critique sur l’évolution du pays font de lui un acteur incontournable du débat public gabonais. Le parcours de Boundzanga rappelle que le dialogue et la réflexion sont les fondements d’une société ouverte et résiliente.

Joyeux anniversaire Pr Noël Bertrand Boundzanga !

GABON : Sosthène Ngokila prend les rênes de l’IPPRB

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L’ambassadeur Sosthène Ngokila a été élu président du bureau du Réseau international pour le protocole et les relations publiques (IPPRB), à l’issue d’une assemblée générale organisée samedi 31 janvier à Libreville. Il succède à l’ambassadeur Sylvestre Ratanga, qui a personnellement installé le nouveau président ainsi que les membres du bureau élu.

L’IPPRB est une organisation dédiée à la formation de professionnels capables d’accompagner les institutions gabonaises dans la gestion de leurs relations avec les États tiers.

De nouvelles ambitions pour le protocole

Cette rencontre a permis de définir les axes prioritaires de la nouvelle équipe. Fraîchement investi, Sosthène Ngokila a souligné l’urgence de renforcer la visibilité de l’association et d’attirer davantage de professionnels afin de fournir aux décideurs des agents dotés de compétences pointues.

« Nous sommes la section gabonaise de l’IPPRB, qui est une institution internationale. Nous allons désormais aller vers les autorités et les institutions pour présenter notre structure et décliner le programme d’activités de l’association », a-t-il précisé.

Modernisation et ouverture régionale

Le nouveau bureau mise sur l’organisation de séminaires et de formations spécialisées en protocole et en relations publiques pour améliorer l’image de marque du pays. Cette relance s’inscrit dans un plan de travail annuel incluant une ouverture vers l’Afrique centrale.

Jean-Paulin-Lebel Mabiala, président de l’IPPRB Afrique centrale, a salué ce « nouveau départ» qui doit impulser une restructuration en profondeur de l’antenne gabonaise. Pour l’ancien président Sylvestre Ratanga, l’enjeu est clair : ce réseau international doit permettre de professionnaliser les agents pour qu’ils soient des atouts stratégiques tant sur le plan national qu’international.

Gabon : L’Ordre des médecins engage une réforme historique pour sortir de l’obsolescence

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Réunis en assemblée générale, le 31 janvier 2026 à Libreville, à l’immeuble Arambo, les médecins gabonais ont acté une refonte en profondeur de leur institution. Sous l’impulsion du Dr Emmanuel Ogandaga, président du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), cette rencontre marque un tournant après des années de transition politique et les défis de la période post-Covid-19.

Pour le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), le changement n’est plus une option mais une nécessité vitale. « Notre institution souffre aujourd’hui de textes trop anciens qui ne nous permettent plus de bien fonctionner », a martelé le Dr Ogandaga face à ses confrères. L’Ordre est en effet régi par une ordonnance datant de 1975, un cadre législatif jugé totalement inadapté aux réalités contemporaines du système de santé gabonais.

Vers un nouveau Code de déontologie

Au cœur des échanges, la révision du règlement intérieur a été soulevée comme une priorité. Le président de l’Ordre a notamment pointé du doigt l’article 18, dont certaines dispositions écarteraient inutilement des praticiens. L’objectif affiché est clair : instaurer un Ordre plus inclusif et efficace. En parallèle, le CNOM s’attelle à l’élaboration de son propre code de déontologie, en s’alignant sur le projet de Code de la santé publique actuellement en examen au Sénat.

Une santé financière en demi-teinte

Si la trésorerie de l’institution affiche une progression spectaculaire, passant de 53 millions de FCFA en 2012 à 227 millions de FCFA fin 2025, l’équilibre demeure fragile. Le Dr Ogandaga a déploré l’incivisme fiscal de ses membres : sur plus de 2 200 médecins inscrits, près de 80 % ne sont pas à jour de leurs cotisations. « C’est un vrai problème pour le fonctionnement de notre institution. Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il rappelé avec fermeté.

En clôture des travaux, le président a annoncé l’ouverture prochaine des candidatures pour le renouvellement du bureau du CNOM. Cet appel à candidature vise à insuffler une nouvelle dynamique et à bâtir une institution plus crédible, capable de relever les défis de la médecine moderne au Gabon.

Cameroun : La 12e édition du Festival YARHA 2026 sous le signe de l’excellence

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C’est une lapalissade : les gènes de la fin de toute chose résident dans son commencement. La 12e édition de la Semaine internationale du premier film, appelée encore Festival Yarha, s’est tenue du 25 janvier au 1er février 2026 à Yaoundé (Cameroun), sous la résolution désormais indéfectible de la promotion du triptyque : innovation, solidarité, excellence.

Les lampions, qui viennent de s’éteindre au Cameroun de la 12e édition du Festival Yarha 2026, événement d’envergure, n’ont pas fort heureusement fait place à de la pénombre, mais à une lumière diffuse, telle dans la phosphorescence d’un feu follet.

En effet, dans l’observation des phénomènes, et au pressentiment d’un augure heureux, le mot de ralliement est : qui le sait, le sent. Ainsi, il a fallu douze éditions portées, avec une passion inspirante, par Madame Sylvie Nwet, présidente de l’ONG Yaoundé Reviv’Art, directrice du Yarha, pour que l’opinion, dans sa pluralité globale, s’approprie enfin ce concept si fécond. Tels qu’en nous-mêmes désormais donc, le flambeau du relèvement se hissera très haut, pour marquer notre volonté de bâtir, pour notre cinéma aussi, un label qui en impose, dans notre monde désormais globalisé à l’extrême, et où l’impératif d’excellence est le mode de coexistence consacré.

YARHA, une plateforme fédérative

L’adage qui proclame que la main qui demande est toujours en bas, s’est peut-être trop longtemps conforté dans notre esprit. Au nom de l’innovation positive, investissons-nous alors de la mission exaltante de rappeler que le Sud global, qui nous place en dessous de l’hémisphère Nord, ne relève que d’une position géographique neutre, excluant toute considération en termes de supériorité, ni d’infériorité. Car les peuples qui les habitent font valoir des aptitudes à la créativité, égales. Leurs capacités à penser le monde dans une mesure pleine, ne souffrent d’aucune remise en cause. Chaque pôle en présence doit ainsi lutter pour le triomphe salvateur de cette vérité.

Vivement que le YARHA consolide sa qualité de plate-forme fédératrice, sur laquelle des productions cinématographiques de haut vol vont faire un contrepoids conséquent, pour que les regards avisés se tournent vers cette direction, pour reconnaître que le vent a tourné, pour consacrer les créations des nouveaux lauréats du panthéon de l’image à l’échelle continentale africaine.

Gabon-Cameroun, une proximité agissante dans le cinéma

Dans l’Afrique du centre, hier cœur des ténèbres, célébrera son nouveau statut de rampe de lancement de production d’œuvres audiovisuelles légitimement ambitieuses. A force de volonté, le défi est relevable.

Le Gabon et le Cameroun, par leur proximité agissante, ont déjà à leur actif une collaboration avant-coureur de résultats probants. C’est la magie de la mise en commun des ressources : comédiens ou machinistes lors des tournages de films dans l’un ou l’autre pays.

Cameroun : La 12e édition du Festival YARHA 2026 sous le signe de l’excellence
Une vue de la tribune officielle

Les institutionnels, les financiers et les promoteurs font déjà cligner les voyants dans le sens longtemps souhaité.

Comme quoi, un chemin balisé avec un soin frisant l’insolence n’est rien moins que le présage d’une croisière qui marquera le temps, de manière durable. Bon vent, Sylvie. Le ministre des Arts et de la Culture du Cameroun a remercié, au nom du chef de L’État, son excellence Paul Biya, la promotrice de ce festival, Madame Sylvie Swet, pour son engagement constant depuis 12 ans.

 Décès du Professeur Bruno Ella Nguema en France : une onde de choc mondiale

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La triste nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre ce 1er février 2026 au sein de la diaspora gabonaise en France, avant de gagner le Gabon, sa terre natale. Le monde scientifique et la communauté gabonaise pleurent une perte immense.

Le décès du Professeur Bruno Ella Nguema, Chef de pôle Médecine et Chirurgie bucco-dentaire au CHU de Bordeaux, a provoqué une véritable onde de choc. Figure de proue de la diaspora, il était particulièrement investi depuis de nombreuses années dans le combat pour la « libération » de son pays. En avril 2024, il avait d’ailleurs rejoint le Dialogue national inclusif à Libreville en sa qualité de Président de la Convention de la Diaspora Gabonaise (CDG).

Partout, les témoignages saluent un intellectuel respecté, reconnu tant dans les sphères académiques que politiques pour son engagement indéfectible en faveur du développement de l’Afrique.

L’hommage de l’Ambassadeur

Par un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’Ambassadeur du Gabon en France, S.E.M. Alfred Nguia Banda, a exprimé sa profonde émotion :

« Je viens d’apprendre avec consternation le décès brutal de mon très cher cadet, le Professeur Bruno Ella Nguema. Nous avons partagé ensemble, en France, le noble combat pour la libération du Gabon. Brillant professeur agrégé, meneur d’hommes et grand rassembleur de la diaspora résistante, Bruno Ella Nguema nous laisse dans une tristesse infinie. »

L’Ambassadeur, lui-même ancien exilé politique et proche du défunt, a conclu son hommage en soulignant l’héritage laissé par l’illustre disparu :

« Nous ne l’oublierons jamais, car les grands hommes ne meurent pas. Son nom restera gravé dans notre mémoire collective et dans les annales politiques du Gabon. Le pays perd un talent, une valeur et une torche qui éclairait notre chemin. Mes condoléances à sa famille, aux membres de la CDG et à tous ceux qui l’ont aimé. »

La sagesse du village face à la crise de l’école gabonaise

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Dans une vidéo devenue virale, EBINDA NGOKOUBA Archy – Glaril, compatriote gabonais, exhorte le Général Brice Clotaire Oligui Nguema à écouter la voix de la sagesse et à privilégier le dialogue plutôt que la colère, alors que l’école gabonaise est paralysée depuis plusieurs semaines.

 « On reconnaît le chien de chasse en forêt, pas au village », rappelle l’orateur, pour signifier que la valeur d’un dirigeant se mesure dans l’action et la résolution des crises, non dans les discours ou la vanité. La véritable chefferie d’un homme, dit-il, « se reconnaît à sa capacité de juger les affaires, à trouver des solutions et non à se vanter ».

La colère ne résout rien

Face à la grève des enseignants, le message est clair : « Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère ». Les documents qui circulent pour sanctionner ceux qui ne reprennent pas le travail ne sont pas une solution. « Quand une affaire secoue le pays, n’écoute pas ceux qui te disent de te fâcher, de blâmer les gens. Quand quelque chose se gâte, on arrange dans la paix, on apaise. La colère ne résout rien. »

L’image est parlante : « Regarde le ver de soie, pour le prendre c’est avec un doigt mou et non dur. Ce que la bouche a mal dit, seule la bouche peut arranger. »

La grandeur se révèle dans l’épreuve

Un village où tout est calme ne permet pas de juger la grandeur d’un chef. « C’est quand il y a des problèmes et que tu trouves des solutions qu’on verra ta grandeur, ta chefferie. » Les anciens rappellent que « le village s’est dispersé à cause de l’avarice, du non-partage, et non du partage inégal ».

Ainsi, face à la crise de l’éducation, il ne s’agit pas de punir ou d’emprisonner les enseignants. « Ils peuvent repartir en classe, s’asseoir et ne rien faire, ne dispenser aucun cours. Est-ce la solution ? » demande l’orateur. La voie proposée est celle du dialogue : « Faites-les asseoir, discutez et trouvez des solutions ensemble. »

Un pays à construire ensemble

Le message insiste sur la responsabilité partagée : « Ce pays appartient à nous tous et non à moi seul. Pour construire ce pays j’ai besoin de vous tous, et vous aussi avez besoin de moi. »

Le chef doit reconnaître ses limites : « À mon niveau je ne peux pas trouver les solutions à tous les problèmes en même temps. Je vais faire un peu, une partie. Laissez-moi le temps de trouver la solution à l’autre partie de vos problèmes. » Et de rappeler : « Si tu fais un peu, c’est un partage inégal. Mais si tu ne fais rien, c’est l’avarice, le non-partage, et ce n’est pas bien. »

Les prémices d’une crise plus large

La grève des enseignants n’est qu’un début. « Si tu penses que les seuls grévistes sont les enseignants, alors tu te trompes. Car le jour où les testicules sont tombés, ce n’est pas le même jour que les seins sont tombés. » Cette métaphore obamba souligne que d’autres secteurs pourraient bientôt exprimer leur mécontentement.

« N’appelle pas le chien avec un bâton », avertit-il encore. « Quand on tire le ver de soie du palmier, c’est en douceur pour éviter qu’il éclate. Ceux qui te disent de punir ne t’aiment pas, ils te poussent à la faute. »

Anticiper et gouverner avec bienveillance

L’intelligence d’un dirigeant, rappelle l’orateur, « c’est la vigilance, l’anticipation, voir l’avenir ». Trouver des solutions pour tous les secteurs, même partielles, permet d’éviter « l’explosion sociale ». La colère, elle, ne résout rien.

La voie de la sagesse

Nourri de proverbes gabonais et de la sagesse du village, ce vibrant appel sonne comme une véritable leçon de gouvernance : la grandeur d’un chef ne s’évalue ni à la force de ses sanctions ni à la dureté de ses décisions, mais à sa capacité à apaiser quand le pays gronde, à dialoguer quand la colère monte et à anticiper lorsque l’avenir devient incertain. Gouverner, rappelle cette voix enracinée dans la tradition, n’a jamais consisté à hausser le ton, mais à élever l’esprit, car « une réponse douce calme la fureur, tandis qu’une parole dure excite la colère ». En temps de crise, la sagesse commande de ranger le bâton, de délier la parole et de tendre la main, car seuls les dirigeants capables de transformer la tension en dialogue, la colère en solutions et l’épreuve en grandeur s’inscrivent durablement dans la mémoire des peuples. À Brice Clotaire Oligui Nguema revient ainsi un choix décisif : céder à la dureté du moment ou inscrire son action dans le temps long de la bonne gouvernance, celui où la patience, la justice et l’écoute des anciens fondent l’autorité véritable.

Environnement médiatique au Gabon : Le chemin de croix de la presse

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La presse écrite, en particulier, vit aujourd’hui un véritable sacerdoce. Outre les difficultés inhérentes à l’exercice du métier et les pressions exercées sur les professionnels, la question financière devient de plus en plus précaire. Plus globalement, le journaliste se heurte constamment à un dialogue de sourds et à des préjugés tenaces.

Depuis l’avènement des réseaux sociaux et la prolifération de la distribution illégale des journaux en ligne, éditer un titre et vivre de cette profession relève du défi permanent. Alors que les ventes s’effondrent, couvrir les frais d’impression et les charges des rédactions demeure une gageure pour ceux qui s’engagent encore pour la pérennité du métier.

Loin d’être une sinécure, la régularité des parutions relève de la résilience, voire un acte citoyen. Une visite dans les kiosques suffit à démontrer que peu de titres paraissent régulièrement aujourd’hui.

La cause immédiate est flagrante : pour un tirage de cinq mille exemplaires, ce sont plus de cent mille lecteurs qui en bénéficient par le biais de la distribution irrégulière de fichiers PDF sur les réseaux sociaux. Ce manque à gagner colossal est, dès lors, impossible à combler.

Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Bihadjow, qui a la lourde charge de valoriser son secteur, devrait se pencher, avec ses équipes, sur la problématique de cette distribution parallèle. Il doit également faire face au phénomène récurrent des arrestations tous azimuts de journalistes dans l’exercice de leurs fonctions.

Environnement médiatique au Gabon : Le chemin de croix de la presse

Retrouvé la liberté que grâce à l’intervention courageuse du président de la HAC

Deux cas récents et largement médiatisés illustrent cette entrave : l’arrestation, en octobre 2025, du directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time, appréhendé à sa descente d’avion par les forces de l’ordre et incarcéré à la prison de Gros-Bouquet ; et celle récente de son confrère Roland Olouba Oyabi, directeur de publication de Gabon Mail Infos, interpellé le 15 janvier dernier par les services du B2.

Roland Olouba Oyabi n’a retrouvé la liberté que grâce à l’intervention courageuse du président de la Haute autorité de la communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, dont l’équipe a réussi à extraire le journaliste des geôles du service de renseignement militaire.

Ces interpellations démontrent avec quelle légèreté les lois de la République sont parfois foulées aux pieds.

 Si le cadre législatif gabonais semble adéquat, son application pose problème. En effet, nul n’ignore que la dépénalisation des délits de presse est effective au Gabon depuis le 11 août 2015. Le texte de base stipule : « Cette ordonnance, portant principalement sur la dépénalisation des délits de presse, prend en compte les médias en ligne et l’identification des différents acteurs de la communication. L’objectif déclaré était alors de doter le pays d’un cadre juridique moderne, aligné sur les standards internationaux. »

Déjà, au sortir de la Conférence nationale de 1990, le Conseil national de la communication (CNC) avait été mis en place en 1991 pour réguler les médias et veiller au pluralisme, à l’éthique et à l’accès équitable à l’information. En 2018, la HAC a succédé au CNC. En tant qu’autorité administrative indépendante, elle est l’interface entre les professionnels et le public, garante de la liberté de la presse et de la déontologie.

Restaurer l’État de droit

En toute logique, la HAC devrait être la seule institution saisie en cas de litige concernant une publication. Mais, comme le disait Pierre-Claver Maganga Moussavou : « Au Gabon, les lois sont très bien faites, mais il se trouve toujours des personnes pour s’asseoir dessus. » Une réalité qui devrait être bannie sous la Ve République, si tant est que le « coup de libération » vise à restaurer l’État de droit.

Malgré toutes ces dispositions légales, un phénomène demeure récurrent : la traque des journalistes jusque dans leurs rédactions. Alors qu’il est un principe fondamental que le journaliste doit protéger ses sources, les forces de l’ordre s’autorisent à fouiller les bureaux et les véhicules professionnels à la recherche de l’origine de l’information. Même les téléphones portables, objets strictement personnels protégés par le secret de la correspondance, sont soumis au diktat des agents. L’organisation d’un colloque sur les droits et devoirs des acteurs de la presse devient une urgence que la HAC doit envisager, pour que chaque partie s’en tienne à ses obligations.

Un tel cadre permettrait de définir clairement les responsabilités des et des autres, afin que chaque partie — qu’il s’agisse des professionnels des médias ou des forces de sécurité — s’en tienne strictement à ses obligations légales et déontologiques.

La prophétie de Joseph Lapensée Essingone va-t-elle s’accomplir ?

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Entre prévisions sombres et réalité sociale explosive, l’ombre d’un passé que l’on croyait révolu plane à nouveau sur le Gabon. Un an après sa sortie médiatique remarquée, les mots de l’ancien candidat à la présidentielle résonnent aujourd’hui comme un avertissement négligé.

Actuellement Inspecteur des Services Adjoint (ISA) à la Direction Générale des Impôts depuis le Conseil des ministres du 28 décembre 2023, Joseph Lapensée Essingone n’est pas qu’un technicien de la finance publique. Ancien candidat à la présidentielle de 2025, il s’est imposé dans le débat public par son franc-parler.

Il y a un an, sur le plateau de l’émission « Le Canapé Rouge » de notre confrère Gabon Media Time (GMT), il brossait un portrait apocalyptique de la Transition : « On sait qu’ils vont s’enrichir aisément avec l’argent du Gabon. Mais après, c’est grève sur grève. » Selon lui, l’accaparement des ressources au sommet de l’État se ferait au détriment des services de base. Il prédisait une gestion de façade : « Ils vont se battre pour payer les salaires (…) Mais le reste, ça va être comme à l’époque d’Ali Bongo. » Plus grave encore, il annonçait une dérive autoritaire face à l’échec économique : « La solution économique n’arrivera pas. Ce sera la violence militaire. »

Un climat social au bord de la rupture

Aujourd’hui, le décor peint par Essingone semble prendre vie. Depuis trois semaines, le secteur de l’éducation est paralysé : aucun cours n’est dispensé sur toute l’étendue du territoire. La tension a franchi un palier avec l’arrestation et la liberté provisoire des leaders syndicaux Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, accusés de « trouble à l’ordre public » après avoir soutenu le mouvement des enseignants. Le jeudi 22 janvier 2026, les agents de Gabon Télévisions sont rentrés en grève illimitée. L’incendie social ne s’arrête pas là. Les préavis de grève se multiplient dans les secteurs névralgiques de la santé et du pétrole. Ce mois de janvier 2026 s’est ouvert sur un Gabon suspendu, où le dialogue social semble rompu au profit d’une logique de confrontation. Entre la paralysie des écoles et les menaces de blocage de l’économie réelle, l’inquiétude grandit.

Quand la prophétie devient miroir du présent

Face à l’escalade des tensions sociales, il devient difficile de ne pas relire les paroles de Joseph Lapensée Essingone comme une alerte lancée trop tôt. Ses références à « la dictature », aux « menaces » et à une possible « répression » résonnent aujourd’hui avec une actualité marquée par les arrestations de syndicalistes, la rigidité du pouvoir face aux revendications et l’essoufflement du dialogue social. Plus qu’une simple coïncidence, ces faits interrogent la capacité des institutions à répondre aux attentes vitales des citoyens — médicaments, infrastructures, droits sociaux — sans recourir à la contrainte. À mesure que le pays s’enlise dans l’incertitude, les « sept prochaines années difficiles » annoncées prennent des allures de grille de lecture troublante du malaise gabonais. Sans conclure ni condamner, l’analyse des faits impose une interrogation lourde de sens, suspendue comme une épée de Damoclès sur l’avenir national : la prophétie de Joseph Lapensée Essingone va-t-elle s’accomplir ?

Non, pourquoi ? Parce que, contrairement à l’ère d’Ali Bongo, celle de Brice Clotaire Oligui Nguema est marquée par la restauration de la dignité du Gabonais. Le Conseil des ministres de jeudi dernier a imposé au gouvernement et ses démembrements la culture du dialogue. Comme quoi, c’est en dialoguant que les points de divergence trouveront une solution. Enfin, il faut l’espérer ! 

[Editorial] Faudrait-il une nouvelle adresse du chef de l’Etat à la Nation ?

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Pour la première fois depuis son accession au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema fait face à une vague de mouvements d’humeur. Ce signal est clair : fini l’état de grâce. Le pays est revenu à la réalité brute de la gouvernance quotidienne, à l’épreuve des revendications sociales, à la pression légitime des agents publics. Disons-le tout net : les revendications sont loin d’être un désaveu contre le président de la République mais une manifestation de la misère dans laquelle les Gabonais sont plongés depuis bien des années, nonobstant un environnement potentiellement riche.

Aujourd’hui, chaque Gabonais réclame son mieux-être. Rien de plus normal dans un pays immensément riche. Il suffit d’observer le parc automobile de certaines administrations, constitué de véhicules de luxe à plus de 100 millions de FCFA l’unité, ou l’ascension fulgurante de certains responsables fraîchement nommés, bâtissant en quelques mois des villas somptueuses. Une preuve manifeste que le Gabon a de l’argent. Le vrai problème, c’est qu’il est accaparé par une minorité cupide, loin des besoins du plus grand nombre.

La direction que prend notre pays

La grève des enseignants, qui entre dans sa cinquième semaine, annonce d’autres secousses sociales dans d’autres secteurs. Face à cette colère sourde, le silence présidentiel n’est plus une option. Il est temps de s’interroger collectivement sur la direction que prend notre pays. Depuis l’indépendance, une élite dirigeante a dilapidé les ressources publiques par un enrichissement personnel outrancier. Le scandale des Biens mal acquis sous Omar Bongo Ondimba, puis le procès Bongo-Valentin, ont confirmé la confiscation de la richesse nationale par une poignée d’individus, laissant le peuple dans une précarité extrême.

Héritier de ce lourd passé, Oligui Nguema doit assumer la continuité de l’État et apporter des réponses claires à court, moyen et long terme. Le 30 août 2023, les Gabonais ont cru au soleil de l’espérance. Ils y croient toujours. Fidèle à son ADN, avec un bec acéré mais le cœur tendre, chaque enfant de cette Nation espère sa part « du gâteau » (Dixit Marc Ona Essangui). 

Parler aux enseignants, poumon de l’avenir

Le président Oligui Nguema ne peut plus se contenter de recevoir quelques acteurs syndicaux au palais. Il doit parler à la Nation. Parler aux enseignants, poumon de l’avenir. Décréter ce septennat comme celui de l’éducation, consacrer 70 % de la RSE à ce secteur stratégique. Car jamais la confiance n’a été rompue entre lui et le peuple. En aucun moment, le peuple n’a rejeté le président de la République. Il lui met devant son serment : « Servir, protéger et unir…Les Gabonais ». En veillant notamment à leur bien-être. Nous y sommes !

Dans un monde secoué par les incertitudes (le monde redessiné par Trump), des guerres et des bouleversements géopolitiques (Iran, Ukraine-Russie, Liban-Israël…), la grandeur d’un chef se mesure à sa capacité à se lever, dialoguer et rassurer. C’est là que le Gabon attend Brice Clotaire Oligui Nguema.

Rentrée du SYNAMAG : « Nous ne laisserons passer aucune injustice individuelle, ni recul social déguisé »

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C’est l’une des décisions fortes édictées par le président du Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), Landry Abaga Essono, à l’occasion de la rentrée solennelle de l’année syndicale 2025-2026, le vendredi dernier.

La rentrée solennelle du Syndicat national des magistrats du Gabon, pour l’année 2025-2026, le 29 janvier dernier au Palais de justice de Libreville, a eu plusieurs moments forts. D’abord la lecture du bilan moral de l’année 2024-2025, faisant suite à la délivrance du récépissé du 27 janvier 2025 par la Mairie de Libreville, conformément à la loi fixant les conditions de constitution et de fonctionnement des organisations syndicales des agents de l’État.

Outre cette reconnaissance officielle, le Bureau exécutif du Synamag s’est doté d’un compte bancaire, « afin, non seulement d’assurer une gestion orthodoxe des ressources financières du syndicat, mais aussi pour se conformer aux exigences des partenaires au développement et des organisations internationales, telle que l’Union internationale des magistrats (UIM) à laquelle nous sommes affiliés », a déclaré le Secrétaire général, Harnac Claver Mbélé.

Au niveau international, le Synamag était menacé d’exclusion des instances de l’UIM, en raison d’arriérés de cotisations et d’une absence prolongée aux réunions du Groupe régional africain. Le bureau exécutif a régularisé cette situation en s’acquittant de sa dette et en participant au dernier congrès annuel du Groupe régional africain de l’UIM, tenu à Rabat, au Maroc, en mai 2025.

Retour sur les luttes sociales

Concernant la défense des intérêts matériels et moraux, le Bureau exécutif sortant avait obtenu des autorités de la Transition, au lendemain du « coup de libération » d’août 2023, la promulgation de la loi n°40/2023 portant Statut des magistrats. Cependant, « l’Assemblée générale du 13 janvier 2025 a décidé du retour à la grève générale illimitée. Celle-ci a duré trois mois, jusqu’en mars 2025, marquée par la rupture du dialogue entre le syndicat et le ministère de la Justice », a rappelé M. Mbélé.

Face à ce blocage, le président de la République, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature, a instruit le ministre de la Justice de recourir au Médiateur de la République dont l’intervention, ainsi que celle du « président de la Cour constitutionnelle de la Transition, et au regard du contexte politique marqué par l’organisation de l’élection présidentielle, les magistrats ont décidé de suspendre le mouvement le 25 mars 2025 », a-t-il ajouté.  Un compromis a finalement été trouvé sur l’indemnité de judicature, fixée à 500 000 FCFA.

Cet accord a fait l’objet d’une audience accordée par le chef de l’État au Bureau exécutif, le 5 juillet 2025.

Plaidoyer pour l’indépendance de la justice

En ouvrant les travaux, Landry Abaga Essono a fustigé un fait : « Depuis la Transition, nous vivons un paradoxe. Jamais l’État de droit n’a été autant invoqué, et pourtant, jamais ses fondations n’ont semblé aussi fragiles. Au cœur de cette fragilité se trouve une lutte silencieuse mais féroce : celle de l’indépendance de la justice. »

 Il a martelé que cette indépendance ne doit être ni « muette », ni « asservie », rappelant qu’elle n’est pas un « privilège de caste ». Citant Montesquieu, il a souligné : « Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. »

Le président du SYNAMAG a également dénoncé l’instabilité législative « dictée par l’émotion politique du moment », qui transforme le juge en simple exécutant et l’empêche de bâtir une jurisprudence stable.

Enfin, regrettant le « dialogue de sourds » entre la justice et le citoyen, il a conclu : « Nous parlons de conclusions, de dépens, de non-lieu. Mais le citoyen, lui, vient nous parler de sa vie, de sa peur, de ses enfants, de son emploi. »

Reconnaissant que l’année fut rude, Landry Abaga Essono a salué la résilience de ses collègues face à des vents contraires qui « ne donnaient pas cher de notre peau. »