L’administration américaine dirigée par Donald Trump a ordonné le rappel immédiat de près de trente ambassadeurs de carrière en poste à l’étranger, incluant celui affecté au Gabon. Cette décision inhabituelle s’inscrit dans la droite ligne de la doctrine « America First » et interpelle tant par son ampleur que par son calendrier. À Libreville, cette mesure concerne directement Son Excellence Vernelle Trim FitzPatrick, dont le départ marque un tournant dans la représentation diplomatique des États-Unis au Gabon.
Selon des sources concordantes, les diplomates visés sont sommés de quitter leurs fonctions et de regagner Washington dès janvier 2026. La Maison Blanche justifie cette purge par la volonté de confier les postes stratégiques à des représentants jugés pleinement alignés avec les priorités politiques du président américain. Cette approche rappelle qu’un ambassadeur est, dans l’esprit de l’actuelle administration, l’émanation directe de la volonté de l’exécutif plutôt qu’un simple gestionnaire de la continuité d’État.
Une réciprocité sur fond de crise des visas
Le cas du Gabon revêt une dimension particulière, car ce rappel intervient dans un contexte de refroidissement notable des relations bilatérales. Washington a récemment inscrit le Gabon sur une liste restrictive, entraînant un durcissement significatif des conditions d’entrée sur le sol américain. Depuis cette décision, de nombreux citoyens gabonais font face à des difficultés croissantes pour obtenir des visas, une situation qui pèse sur les échanges entre les deux nations.
En réponse, les autorités gabonaises ont appliqué le principe de réciprocité diplomatique en ajustant à leur tour les conditions d’entrée et de séjour des ressortissants américains. Cette posture, pleinement assumée par Libreville, témoigne d’une volonté de préserver la dignité nationale et l’équilibre des rapports de force diplomatiques. Le départ de Vernelle Trim FitzPatrick, diplomate de carrière réputée pour sa maîtrise des dossiers africains, soulève désormais des interrogations majeures sur l’avenir de la coopération bilatérale.
Si le Département d’État tente de minimiser la portée politique de ce mouvement, le signal envoyé demeure puissant. Dans une région d’Afrique centrale où les influences internationales se recomposent rapidement, ce vide diplomatique momentané pourrait affaiblir la présence américaine au Gabon. Cette décision ouvre ainsi un chapitre d’incertitude et impose une redéfinition profonde des relations entre Libreville et Washington pour les années à venir.



