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    Affaire Bounda Balondzi : Prison ferme et saisie de villa pour l’ex-ministre des Travaux publics

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    L’ancien ministre des Travaux publics d’Ali Bongo Ondimba, Léon Armel Bounda Balondzi, a quitté le box des accusés pour regagner sa cellule de la prison centrale de Libreville, mais cette fois avec le statut de condamné. Le 16 janvier 2026, le tribunal correctionnel spécialisé a rendu un délibéré lourd de sens, marquant la fin d’un feuilleton judiciaire qui tenait l’opinion publique en haleine depuis son arrestation au lendemain du coup d’État du 30 août 2023.

    Reconnu coupable de corruption passive, blanchiment de capitaux, association de malfaiteurs et violation des procédures d’octroi des marchés publics, Léon Armel Bounda Balondzi a été condamné par le Tribunal correctionnel spécialisé à quatre ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme. Cette sentence est assortie d’une amende de 5 millions de francs CFA, de la confiscation de sa résidence de Fougamou et d’une condamnation solidaire à verser plus de 390 millions de francs CFA à l’État gabonais à titre de dommages et intérêts.

    Des réseaux d’influence au mépris de la loi

    L’audience de fond, tenue le 19 décembre dernier, avait mis en lumière les dérives d’une gestion jugée opaque par le ministère public. Au cœur des débats : la réhabilitation du marché de Potos à Franceville. Le tribunal s’était étonné du choix de l’entreprise ZEN B.T.P., qui avait facturé les travaux à 3 milliards de francs CFA, alors que la société SOCOBA proposait une offre concurrente à 900 millions de francs CFA. Pour justifier ce gouffre de plus de deux milliards, l’ancien ministre avait alors invoqué « l’expérience et la capacité de ladite entreprise », tout en concédant qu’elle ne figurait pas dans les fichiers de l’État.

    Le procès a pris une tournure politique lorsque le juge a rappelé les aveux de l’accusé consignés durant l’enquête préliminaire. Selon ces documents, l’ex-ministre aurait agi sous les instructions de Ian Ngoulou, alors conseiller influent à la présidence de la République. Le magistrat a souligné que Bounda Balondzi s’était déclaré redevable envers Ian Ngoulou pour sa nomination en tant que ministre car ce dernier serait à l’origine de son poste. Une déclaration qui vient confirmer, pour l’accusation, l’existence de réseaux d’influence contournant les règles légales de la commande publique.

    Un épilogue carcéral et une leçon pour l’avenir

    Sur l’origine de sa fortune, l’ex-ministre a vainement tenté de justifier ses avoirs. « J’ai fait 33 mois au gouvernement où je percevais un salaire trimestriel de 45 millions de francs CFA », avait-il argué, invoquant également des « aides familiales » pour l’achat de sa maison de Fougamou. Des explications balayées par le tribunal qui a ordonné la saisie de ce bien immobilier. Son complice, Abdoul Hatem Moussavou, a lui aussi été condamné à vingt-quatre mois d’emprisonnement, dont six mois ferme, pour avoir bénéficié de ces largesses sans même fournir de caution bancaire.

    Incarcéré depuis septembre 2023, Léon Armel Bounda Balondzi a déjà passé un peu plus de deux ans en détention préventive ; par conséquent, il lui reste désormais moins d’un an à purger sur ses trois ans de prison ferme. Cette condamnation résonne aujourd’hui comme un avertissement solennel pour les gouvernants actuels.

    Alors que de nombreux chantiers lancés pendant la Transition sont en cours, la question de la transparence des marchés publics reste brûlante : les règles de mise en concurrence sont-elles scrupuleusement appliquées ? La norme est-elle devenue la règle ou l’exception ? Le dossier Bounda Balondzi rappelle avec force que si le pouvoir peut offrir l’illusion de l’impunité, le temps de la justice finit toujours par rattraper ceux qui confondent les caisses de l’État avec leurs propres intérêts ou ceux de leurs protecteurs.

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