Une entreprise de BTP qui s’associe au « dernier des Mohicans » du cinéma gabonais : l’alliance surprend. Elle pose surtout une question : et si l’avenir de la culture passait aussi par les entreprises nationales ?
Depuis des années, le même constat revient : le cinéma gabonais a du talent, mais il manque de moyens. Les figures qui ont fait sa grandeur vieillissent, et les jeunes auteurs peinent à trouver qui les finance.
C’est dans ce contexte qu’intervient une signature inattendue. MN-Industries, entreprise gabonaise de BTP, vient de s’associer à Jean-Claude MPAKA pour un projet audiovisuel. La signature a eu lieu ce lundi 26 octobre, au siège de l’entreprise à Oloumi. Un bâtisseur de routes et un monument du cinéma national : l’alliance a de quoi surprendre.
Celui que le milieu surnomme « le dernier des Mohicans », toujours sur les plateaux à 72 ans, porte une part de l’histoire du cinéma gabonais, de « L’Auberge du salut » aux « Couilles de l’éléphant ». Honoré au Maroc en septembre pour l’ensemble de sa carrière, il encadre aujourd’hui de jeunes auteurs gabonais, associés au projet.
Le sujet ? Les deux partenaires n’en disent rien. Tout juste laissent-ils entendre qu’il touche à une réalité que de nombreuses familles gabonaises connaissent bien.
Au-delà du mystère, l’initiative pose une vraie question : et si une partie de l’avenir de la culture gabonaise passait par des entreprises nationales qui décident de s’engager, sans attendre ? « Nous ne sommes pas un grand groupe. Mais on n’a pas besoin d’attendre d’être grand pour être utile à son pays », résume Machel Nguema, fondateur et Président-Directeur Général de MN-Industries.
Derrière cette signature, il y a un parcours. Enfant, il regardait les films et séries gabonais comme « L’Auberge du salut ». Aujourd’hui, c’est lui qui signe avec ce géant du cinéma gabonais. Fonceur, prêt à s’aventurer dans des eaux où il ne s’est encore jamais risqué, Machel Nguema a fondé MN-Industries en 2014 et en a fait un groupe de PME gabonaises, du BTP au transport minier. Un entrepreneur qui assume de ne pas diriger un grand groupe, et qui semble en avoir fait une force : celle d’oser là où on ne l’attend pas.
Jean-Claude MPAKA, lui, se contente d’une formule : « L’histoire s’écrit maintenant. » Reste à savoir laquelle.
Contact presse : MN-Industries – Zone Industrielle d’Oloumi, Libreville
