Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a présidé ce jeudi 22 octobre 2026 une cérémonie historique de remise de 16 000 titres fonciers. Cette régularisation massive vise à clore des décennies d’immobilisme bureaucratique tout en transformant le patrimoine informel des ménages en levier économique majeur.
La fin du parcours du combattant pour des milliers de foyers. Pour des milliers de Gabonais, l’obtention d’un titre foncier s’apparentait jusqu’à présent à un mirage administratif, exigeant parfois plus de dix à quinze ans d’interminables procédures. La grande cérémonie de distribution organisée à Libreville marque le dénouement d’une vaste réforme initiée par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre.
Signe fort de cette Ve République, le chef de l’État s’est vu symboliquement remettre son propre titre de propriété au cours de l’événement, rappelant qu’il avait lui-même fait face à ces lourdeurs dans le passé. Pour soutenir les ménages les plus modestes, Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé la prise en charge personnelle des frais d’enregistrement pour les compatriotes économiquement vulnérables, tant dans la capitale qu’à l’intérieur du pays.
Le « capital mort » réveillé pour dynamiser l’économie
Au-delà de la simple justice sociale, cette opération de régularisation à grande échelle revêt un enjeu macroéconomique crucial. Jusqu’alors, les parcelles occupées sans titre officiel constituaient ce que les économistes qualifient de « capital mort » : des biens impossibles à valoriser sur le marché ou à présenter comme garanties auprès des institutions financières.
En convertissant ces occupations en titres de propriété en bonne et due forme, l’État gabonais offre un puissant levier d’enrichissement et d’accès au crédit. Désormais protégées par la loi, les familles bénéficiaires disposent d’un patrimoine sécurisé qu’elles peuvent légitimement transmettre, vendre ou hypothéquer pour financer des projets entrepreneuriaux ou des études.
Le verrou de l’inattaquabilité et perspectives d’avenir
L’ordonnance n°0006/PR/2026 pose le principe d’un titre foncier définitif et inattaquable. Si cela protège des expulsions, certains acteurs craignent que cela ne limite les recours en cas de fraude.
Avec un tarif transitoire de 600 000 FCFA jusqu’en mars 2027, le gouvernement vise désormais les 50 000 actes.
