Dans son adresse aux militants du PDG, relayée par notre confrère Gabon Média Time, Ali Bongo Ondimba lance un appel à la base. Il demande aux militants de refuser les consignes qui divisent et de ne pas cautionner un congrès unilatéral. Mais cet appel à la mobilisation contraste avec la manière dont ces mêmes militants ont été traités pendant ses quatorze années au pouvoir : réduits à des porteurs de T-shirts, de pagnes, de danses et d’acclamations.

« Je compte sur vous, militants de base », souhaite Ali Bongo. Il s’adresse ensuite aux « femmes, qui ont porté ce parti à bout de bras », aux « jeunes, qui avez résisté aux sirènes du reniement » et aux « anciens, qui avez gardé la flamme allumée ». Ce langage de reconnaissance vise à reconstruire un lien avec une base qui s’est sentie abandonnée. Mais il ne peut faire oublier la réalité de leur condition durant son règne.
Une base réduite au rôle de figurant
Pendant quatorze ans, les militants du PDG ont été les premiers à soutenir le pouvoir. Ils étaient mobilisés pour les meetings, les campagnes et les célébrations. Mais cette mobilisation s’accompagnait rarement d’une véritable participation aux décisions. Les militants étaient exploités, relégués aux simples rangs de porteurs de T-shirts, de pagnes, de danses et d’acclamations. Leur fidélité était attendue, mais leur voix rarement écoutée.


Un appel à la responsabilité qui sonne creux
Ali Bongo affirme aujourd’hui que « aucune manœuvre ne résiste à une base debout ». Il appelle les militants à refuser les consignes qui divisent ou qui excluent. Mais comment oublier que, durant son règne, la base n’a jamais été consultée sur les grandes orientations du parti ? Comment oublier que les congrès étaient verrouillés et que les militants n’avaient d’autre choix que d’applaudir ? L’appel à la responsabilité sonne creux lorsqu’il vient de celui qui a contribué à réduire les militants au silence.
Une confiance à reconstruire
En définitive, Ali Bongo doit comprendre que la confiance des militants ne se décrète pas. Elle se construit par des actes. Les militants du PDG ne sont pas seulement une réserve de voix à mobiliser. Ils sont les premiers juges de la crédibilité de leurs dirigeants. Après quatorze ans de règne, Ali Bongo ne peut se contenter de discours. Les militants, eux, savent ce qu’ils ont enduré. Et ils ne sont pas près de l’oublier.












