En point d’orgue de la Fête de la Libération à Makokou, le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema a sorti l’artillerie lourde pour le secteur social. Une enveloppe globale de 55 milliards de FCFA va être déployée pour moderniser des infrastructures hospitalières à bout de souffle. Entre l’urgence des plateaux techniques et le sauvetage de la Cnamgs, la Transition joue sa crédibilité au chevet des patients.
La rhétorique politique s’efface parfois derrière l’urgence sociale. En choisissant la tribune de la 3e édition de la Fête de la Libération dans l’Ogooué-Ivindo pour annoncer un plan de choc pour la santé, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a envoyé un signal limpide : la restauration des institutions ne saurait se passer d’une amélioration concrète du quotidien des Gabonais. Pour le chef de l’État, la souveraineté nationale commence par un accès digne aux soins de santé, érigeant ce secteur en priorité absolue de sa feuille de route.
Le cœur de cette offensive financière repose sur un investissement massif de 44 milliards de FCFA exclusivement fléché vers la modernisation et le renforcement des plateaux techniques. Une bouffée d’oxygène pour des structures sanitaires nationales longtemps asphyxiées par le manque de matériel de pointe.

Redonner de la dignité au corps médical et aux patients
Au-delà des infrastructures, le président de la République a tenu à rendre un hommage appuyé aux véritables piliers du système : médecins, infirmiers, sages-femmes et techniciens. Conscient du dévouement de ces agents qui opèrent quotidiennement dans des conditions précaires, le chef de l’État a décidé d’agir sur leur environnement direct.

Dans cette optique, une enveloppe spécifique de 6 milliards de FCFA sera allouée à la réouverture des restaurants au sein des établissements hospitaliers, une mesure sociale forte destinée à restaurer la qualité de vie sur les lieux de travail et de convalescence.
Parallèlement, pour répondre à la crise profonde de la prise en charge médicale, le gouvernement injecte 5 milliards de FCFA supplémentaires pour renflouer les prestations de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs). Ce coup de pouce financier intervient à un moment critique où les assurés font face à des ruptures récurrentes de services.
Un accueil favorable teinté d’exigence de résultats
Dans les couloirs des hôpitaux et les états-majors syndicaux, ces annonces, totalisant 55 milliards de FCFA, ont suscité un immense espoir, mais aussi une vigilance de tous les instants.
« L’arrivée d’équipements adaptés devrait enfin permettre aux médecins et à l’ensemble des agents de travailler dans des conditions décentes, tout en optimisant la prise en charge des usagers. » a déclaréFranck Josaphat Biyogho Bi Mba, Président du Syndicat national des agents de la santé (Synas)
Un optimisme partagé avec prudence par le Dr Stéphane Germain Iloko Boussengui, médecin et ancien candidat à la présidentielle. Tout en saluant le fait que le chef de l’État ait pris la juste mesure du désastre sanitaire, il appelle à un suivi rigoureux : « L’essentiel réside désormais dans l’impact réel et mesurable de ces financements sur le terrain », confie-t-il.
Fin de l’opacité et rigueur budgétaire
Le chef de l’État sait que l’argent public a trop longtemps alimenté les circuits de la corruption. Brice Clotaire Oligui Nguema a donc profité de son allocution pour sonner la fin de la récréation financière. Il a exigé que chaque franc issu des recettes propres des hôpitaux soit scrupuleusement tracé et réinvesti avec la plus grande rigueur.
Le gouvernement est également mandaté pour engager un chantier complexe : l’harmonisation des quotes-parts issues des recettes des établissements hospitaliers civils et militaires, afin de mettre un terme aux disparités de traitement.
Dix ans après les crises mémorielles et les promesses du passé, le personnel médical et les usagers attendent désormais de voir les décrets d’application se matérialiser. Pour l’Etat, le pari est immense : transformer ces milliards en accouchements sécurisés, en examens d’imagerie fonctionnels et en médicaments disponibles pour tous.












