Avec un bilan officiel qui s’établit désormais à 2 325 décès pour 4 945 cas confirmés, l’actuelle flambée de virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est officiellement devenue la plus meurtrière de l’histoire du pays. En seulement trois mois, cette 17e épidémie sur le territoire national surpasse la crise majeure qui avait endeuillé l’Est congolais entre 2018 et 2020.
La barre symbolique et tragique est franchie. Selon les derniers relevés de l’Institut national de santé publique (INSP), le taux de létalité de la maladie atteint désormais 47 %, tandis que 1 040 patients ont pu être déclarés officiellement guéris.
Jusqu’alors, la référence la plus sombre sur le sol congolais demeurait l’épidémie de 2018-2020, caractérisée par 3 481 cas recensés et 2 299 pertes humaines. L’accélération brutale de l’épisode actuel confirme l’inquiétude généralisée des autorités médicales face à un agent pathogène hors de contrôle.

La souche Bundibugyo s’étend à six provinces
Officiellement déclarée le 15 mai dernier, cette vague épidémique se distingue par les caractéristiques de sa souche, le virus Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, la variante Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin homologué ni de traitement thérapeutique standardisé, limitant la riposte à des soins de soutien et à des candidats-vaccins en phase d’expérimentation.

Sur le plan géographique, la contagion progresse à une vitesse inédite. Initialement circonscrit à l’Ituri, l’épicentre de la crise, le virus frappe désormais 55 zones de santé. Le déploiement s’observe à travers un total de six provinces connectées du nord et de l’est du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la TshopoLe Sud-Kivu, le Bas-Uélé.
L’OMS redoute une progression exponentielle
Face à ce scénario critique, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, multiplie les interventions pour mobiliser la communauté internationale. L’agence onusienne a récemment requalifié le niveau de risque pour la santé publique en RDC de « élevé » à « très élevé », avertissant que le rythme de transmission est supérieur à toutes les crises précédentes.












