AccueilSociétéEducationLa Maitresse Peggy : trois erreurs qu’un enseignant ne devrait jamais commettre

La Maitresse Peggy : trois erreurs qu’un enseignant ne devrait jamais commettre

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À l’école, aider un enfant ne consiste pas seulement à lui transmettre des connaissances. C’est aussi savoir regarder ses difficultés en face, respecter son rythme et éviter de l’enfermer dans une image définitive. C’est autour de cette conception de l’éducation que Mademoiselle Peggy, connue sur les réseaux sociaux pour ses vidéos consacrées à l’éducation, à la pédagogie et aux conseils scolaires, aujourd’hui consultante en éducation, formule trois refus qui interpellent les pratiques enseignantes. Dans une vidéo virale intitulée « Trois choses que je ne ferai jamais en tant qu’enseignante », largement partagée dans les milieux éducatifs, elle met ainsi en garde contre trois pratiques qu’elle juge préjudiciables à l’épanouissement et à la progression des élèves : camoufler leurs lacunes, les comparer aux autres et leur coller une étiquette.

Ne pas camoufler les lacunes pour mieux accompagner l’enfant

La première chose que Mademoiselle Peggy dit ne jamais vouloir faire en tant qu’enseignante est de « camoufler les lacunes de l’enfant ». Une position qu’elle présente comme un principe fondamental de sa conception du métier d’enseignant.

Elle évoque notamment certaines pratiques qu’elle dit avoir rencontrées dans des établissements privés, où les enseignants peuvent être invités à présenter les difficultés scolaires d’un élève avec davantage de retenue afin de ne pas froisser les parents. Elle raconte avoir elle-même été confrontée à ce type de situation lors de la rédaction des bulletins scolaires.

Pour la consultante en éducation, cette manière de procéder pose un problème essentiel : si les difficultés de l’enfant ne sont pas clairement expliquées aux parents, comment ceux-ci peuvent-ils comprendre la situation et contribuer à la recherche de solutions ?

« Notre premier but, c’est d’aider les enfants », rappelle-t-elle. Pour elle, reconnaître qu’un élève présente des difficultés ne revient donc pas à le condamner. Au contraire, c’est le premier pas vers une prise en charge adaptée. L’enseignant doit pouvoir expliquer aux parents ce qui ne va pas, identifier les lacunes et, surtout, réfléchir avec eux aux moyens de les combler.

Mademoiselle Peggy affirme avoir même perdu un poste au Maroc parce qu’elle refusait de se conformer à certaines pratiques qui ne correspondaient pas à sa conception de l’éducation. Elle explique aujourd’hui avoir choisi de travailler comme consultante dans les établissements, plutôt que comme enseignante à temps plein.

Ne pas comparer les élèves, mais mesurer leurs progrès

Deuxième refus : comparer un élève à un autre. Forte de son expérience dans l’éducation, qu’elle situe à une dizaine d’années et auprès de différents niveaux, Mademoiselle Peggy estime que cette pratique peut fragiliser la confiance en soi de l’enfant. « Le fait de comparer un enfant à un autre, un enfant à son frère, à sa sœur, au collègue, ça ne l’aide pas », soutient-elle.

Des remarques comme « Regarde, les autres ont déjà terminé » ou « Ton frère faisait mieux que toi » peuvent en effet détourner l’attention de l’enfant de son propre parcours. Au lieu de chercher à progresser, celui-ci risque de se percevoir uniquement à travers ses écarts avec les autres.

La pédagogie défendue par Peggy privilégie donc une autre approche : comparer l’enfant à lui-même. Il s’agit de regarder le chemin parcouru et de s’interroger sur les progrès réalisés ou les difficultés apparues.

Un élève qui réussissait un exercice auparavant mais qui rencontre aujourd’hui des difficultés doit ainsi être amené à réfléchir à ce qui a changé. Cette approche permet à l’enseignant de partir des acquis de l’enfant pour comprendre ses besoins actuels.

L’objectif n’est plus de savoir qui est le meilleur de la classe, mais de permettre à chacun de progresser à partir de son propre niveau.

Ne pas coller d’étiquette à l’enfant

La troisième chose que Mademoiselle Peggy refuse est de « coller une étiquette » à un élève. Pour elle, des qualificatifs comme « mauvais élève », « incapable » ou « cas difficile » peuvent influencer durablement le regard porté sur l’enfant.

Elle raconte avoir souvent entendu, lorsqu’un enseignant prenait une nouvelle classe, des remarques du type : « Lui, c’est un cas » ou « Tu vas voir, celui-là ne réussit pas ». Or, estime-t-elle, une telle réputation peut conduire l’enseignant à considérer l’élève à travers les difficultés qu’on lui a déjà attribuées.

Le risque est alors de limiter, parfois inconsciemment, les attentes placées en lui. Si l’on considère dès le départ qu’un enfant est incapable de réussir, on peut finir par ne plus chercher les moyens pédagogiques susceptibles de lui permettre de progresser.

Après dix années dans l’éducation et une expérience auprès du primaire, du collège et de l’université, Mademoiselle Peggy dit avoir compris que « tous les cerveaux des enfants ne fonctionnent pas pareil ».

Cette diversité appelle, selon elle, une pédagogie adaptée aux profils des apprenants. Certains élèves comprennent plus facilement grâce à des supports visuels, tandis que d’autres ont besoin de manipuler, d’expérimenter ou de passer par des activités concrètes.

C’est là qu’intervient la différenciation pédagogique : au lieu d’imposer une seule manière d’apprendre à toute une classe, l’enseignant peut diversifier ses outils et ses méthodes afin de permettre au plus grand nombre de comprendre.

Une même exigence : chercher des solutions

Derrière ces trois refus se dessine une même conception du métier d’enseignant. Ne pas camoufler les lacunes, c’est accepter de regarder les difficultés en face. Ne pas comparer les élèves, c’est reconnaître que chacun possède son propre rythme. Ne pas les étiqueter, c’est considérer qu’une difficulté actuelle ne définit pas définitivement leurs capacités.

Pour Mademoiselle Peggy, le véritable enseignant est donc celui qui cherche des solutions lorsqu’un enfant ne comprend pas de la même manière que les autres. La question n’est pas de savoir pourquoi cet élève « n’y arrive pas », mais plutôt de rechercher les outils susceptibles de l’aider à comprendre.

Au-delà de ses trois « choses qu’elle ne fera jamais », la consultante en éducation pose une question essentielle : que signifie réellement être enseignant ? Enseigner ne consiste ni à donner l’illusion de la réussite, ni à classer les enfants, encore moins à condamner ceux qui avancent autrement. C’est observer, comprendre, adapter et accompagner, en tenant compte du rythme et des besoins de chaque apprenant. À quelques semaines de la rentrée scolaire, les réflexions de « la maîtresse Peggy » peuvent ainsi nourrir utilement celle des enseignants gabonais et les inviter à repenser certaines pratiques pédagogiques. Car derrière un élève en difficulté ne se cache pas nécessairement une incapacité à apprendre, mais parfois une autre manière d’apprendre ou un besoin particulier auquel l’école doit savoir répondre.

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