Et si le pardon devenait la nouvelle grammaire politique du Gabon ? Vendredi soir, en provenance de Paris, Wilfried Okoumba Kamitatou Lénine d’Andjogo a foulé le sol de ses ancêtres après treize années d’exil. Un retour qui en dit long sur l’esprit d’ouverture voulu par le Président de la Transition.
Depuis la France, Wilfried Okoumba n’avait jamais gardé sa langue dans sa poche. Se proclamant soutien indéfectible de Brice Clotaire Oligui Nguema et membre de l’UDB, l’activiste s’était fait connaître par un langage virulent, n’hésitant pas à nommer directement ceux qu’il jugeait responsables des dérives autour du Chef de l’État.
Le mea-culpa de la descente d’avion
À sa descente d’avion, le ton a changé. Okoumba a salué le leadership de Brice Clotaire Oligui Nguema, invité les Gabonais de la diaspora à rentrer au pays pour participer à l’édification et à la construction nationale, et présenté ses excuses. Il a notamment regretté ses propos virulents, parfois racistes et xénophobes, tenus envers certaines ethnies durant son combat depuis l’étranger.

La voix de la Nyanga
Dans un post largement partagé, Koumba Mbouala, notable de la vallée de la Nyanga, a salué ce geste comme « un acte de responsabilité ». Il y loue le courage de celui qui reconnaît ses torts, rappelant que dans la culture gabonaise, « celui qui demande pardon n’est pas diminué, il grandit ». Le notable revient sur le dossier des indemnisations de l’Estuaire, qui fut au cœur des polémiques et rappelle son encadrement institutionnel clair, du gouverneur au Trésor Public. Il déplore que « dans l’excès du combat, des mots ont blessé » et que « des vies privées ont été exposées », avant de fixer une règle désormais intangible : critiquer, oui, mais « toujours dans le respect de la loi, des institutions et de la dignité humaine ». Il en appelle enfin à un pardon collectif, dans « l’esprit de rassemblement et de cohésion voulu par le Chef de l’État ».
La méthode Oligui Nguema : Fédérer plutôt que diviser
Ce retour illustre la méthode Oligui Nguema : un dialogue inclusif qui entend fédérer toutes les filles et tous les fils du Gabon autour d’un même idéal, celui du développement national. Okoumba n’est que le premier d’une cordée d’activistes appelés, eux aussi, à rentrer.
Aux activistes encore hésitants, le message est désormais clair : la critique reste un droit, mais elle doit se conjuguer au respect. Une critique saine, républicaine, sans insulte ni atteinte à la dignité d’autrui, voilà la voie que trace ce retour. Car un pays ne se bâtit jamais dans l’invective, il se construit dans le dialogue que le Gabon nouveau s’efforce, patiemment, d’incarner.
Selon l’ambassadeur Alfred Nguia Banda : « Le président n’a de problème avec personne. Bien au contraire, il a prêté serment pour protéger chaque compatriote gabonais, partout où il se trouve sur la Terre. À ce titre, les portes de l’ambassade, Haute représentation du Gabon en France, leur sont grandes ouvertes. Ils trouveront auprès de moi l’écoute nécessaire, conformément aux fermes instructions du chef de l’État, invitant chacun à rentrer chez soi. Le Gabon a besoin de tous ses enfants. »









