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Gabon – France : Un périple historique qui ouvre une nouvelle ère de coopération économique, politique et diplomatique

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La visite d’État en France du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est achevée en début de soirée après quarante-huit heures d’une intense activité politique, économique et diplomatique. Pour sa dernière journée en terre parisienne, le chef de l’État a mené un marathon institutionnel en visitant successivement le Palais du Luxembourg, la mairie de Paris et la cathédrale Notre-Dame. Ces différentes étapes hautement symboliques marquent un tournant décisif dans la refonte des échanges bilatéraux entre Libreville et Paris.

Au Palais du Luxembourg, siège de la haute assemblée française, Brice Clotaire Oligui Nguema a été accueilli avec tous les honneurs réservés aux dirigeants en visite officielle. Lors d’un tête-à-tête stratégique, le président du Sénat français, Gérard Larcher, a chaleureusement salué les réformes courageuses engagées par les autorités de la République et leur ambition d’accélérer le développement du pays. Les deux hommes d’État ont réaffirmé la nécessité absolue de bâtir un axe Paris-Libreville fondé sur un dialogue franc, un pragmatisme rigoureux et des intérêts mutuellement bénéfiques.

Pour le président du Sénat, ce déplacement envoie un signal fort à l’ensemble du continent africain. Le Gabon entend désormais codévelopper avec la France un partenariat modernisé, résolument axé sur l’attractivité des investissements, la diversification économique et une coopération bilatérale équilibrée.

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Entre diplomatie locale et signatures protocolaires

Plus tôt dans la matinée, l’agenda présidentiel s’est ouvert à l’Hôtel de Ville de Paris. Le chef de l’État gabonais y a été reçu par Emmanuel Grégoire pour des discussions approfondies sur le jumelage et le renforcement des liens culturels et économiques entre les capitales Paris et Libreville. À l’issue de cet entretien, Brice Clotaire Oligui Nguema a paraphé le prestigieux livre d’or de la ville, gravant ainsi dans l’histoire municipale parisienne le passage de la nouvelle diplomatie gabonaise.

Souveraineté militaire et colocalisation industrielle : les grands arbitrages

Au-delà des fastes du protocole, cette visite d’État a accouché d’avancées majeures et concrètes pour l’avenir du Gabon. Les négociations de haut niveau ont permis d’acter des progrès décisifs sur des dossiers hautement stratégiques.

Souveraineté territoriale. Les discussions ont validé les contours de la future cession définitive de la base militaire française de Libreville aux forces armées gabonaises.

Valorisation des ressources. Un accord historique se dessine pour imposer l’industrialisation et la transformation locales du manganèse de Moanda, garantissant une meilleure valeur ajoutée pour l’économie nationale.

Modernisation de l’économie et des infrastructures. Plusieurs protocoles d’accord économiques ont été signés pour financer de grandes infrastructures d’envergure et soutenir la diversification du tissu économique gabonais.

Un partenariat d’égal à égal face aux défis mondiaux

Par sa portée historique et la solidité des engagements pris, ce voyage officiel jette les bases d’une nouvelle ère géopolitique. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema et son homologue français, Emmanuel Macron, affichent une convergence de vues totale pour substituer aux vieux schémas un partenariat plus équilibré, axé sur la culture du résultat. Dans un contexte international en pleine mutation, Libreville et Paris redéfinissent ainsi les règles d’une diplomatie décomplexée et résolument tournée vers l’avenir.

Le pari souverainiste du manganèse gabonais

Le Gabon s’impose comme le 2ème producteur mondial de manganèse, un métal hautement critique indispensable à la sidérurgie mondiale et à la transition énergétique. Sa filiale nationale Comilog (détenue par le groupe français Eramet) a extrait plus de 7,1 millions de tonnes de minerai en 2025.

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé une ligne directrice claire et non négociable : l’interdiction d’exporter du manganèse brut à l’horizon du 1er janvier 2029. L’objectif est d’imposer au moins une première transformation locale sur le sol gabonais pour créer des milliers d’emplois et générer une forte valeur ajoutée nationale.

La feuille de route industrielle. Le protocole signé à Paris avec Eramet trace l’avenir de cette filière. Trois projets majeurs sont à l’étude pour traiter localement jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici fin 2031, incluant la construction d’une usine d’alliages de manganèse et la création d’unités de production d’oxyde de manganèse.

Le défi de l’énergie. Pour matérialiser ce saut industriel d’envergure, le Gabon s’est engagé à résoudre son grand défi énergétique. Le protocole d’accord lie la viabilité de ces futures usines à la sécurisation d’un approvisionnement en électricité compétitif et stable, un chantier de modernisation énergétique activement piloté par Libreville.

Par Agnès Laplumacerbe, Envoyée spéciale à Paris

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