Réunis en front commun ce vendredi 13 février 2026 à Libreville, les syndicats de la formation professionnelle (SYNEPFOP, SYNFEP et SYFOP) ont lancé un ultime cri d’alarme. Face à ce qu’ils qualifient de « mépris » des autorités, les formateurs durcissent leur mouvement de grève, menaçant l’année académique en cours.
Le centre de formation Basile Ondimba d’Oloumi a servi de cadre, ce vendredi, à une démonstration de force syndicale. Alors que le front social reste instable à l’Education nationale, c’est désormais la Formation professionnelle qui s’enfonce dans la crise. En grève depuis novembre dernier, les agents passent à la vitesse supérieure, dénonçant l’inertie d’un gouvernement sourd à leurs revendications.
Au cœur de la discorde : le non-paiement chronique des compléments de salaires et des vacations. Pour Marc Gnassa Poutou, président du SYNFEP, la situation est devenue intenable. « Le travail a été fourni, mais la reconnaissance financière reste bloquée, plongeant de nombreux agents dans une précarité inacceptable », a-t-il martelé lors du point de presse.
Un sentiment d’injustice partagé par Edmond Hendet Ngadi, président du SYNEPFOP, qui place le débat sur le terrain de la dignité humaine : « L’excellence de la formation ne se construit pas sur le mépris des formateurs. Nous demandons simplement le respect des engagements pris par l’État. »
Au-delà des portefeuilles, c’est l’outil pédagogique qui prend l’eau. Les syndicats alertent sur un risque imminent de désorganisation des examens. Le blocage des vacations du DTS 2025 impacte déjà le calendrier inter-stages et hypothèque l’organisation du CFP 2025, ainsi que les concours d’entrée pour la future cohorte 2026/2028.

Prince Prosper Engonga, président du SYFOP, ne cache pas son inquiétude pour la jeunesse : « L’avenir des apprenants est directement menacé. Sans résolution immédiate, nous risquons une année blanche ou des diplômes dévalués », a-t-il martelé.
Des ateliers vides et des carrières bloquées
Outre les arriérés financiers, la coalition pointe du doigt le délabrement des conditions d’apprentissage. Comment former des techniciens qualifiés sans matériel dans les ateliers ? Pour les syndicats, cette « impossibilité technique » vide l’enseignement de sa substance. A cela s’ajoute le gel des régularisations administratives et un manque de transparence dans les promotions internes, nourrissant un sentiment de frustration généralisée.
Si les syndicats se disent encore ouverts au dialogue, le ton n’en demeure pas moins ferme. La coalition exige désormais des « actes administratifs concrets » et un échéancier de paiement immédiat. Pour les leaders syndicaux, la balle est dans le camp du gouvernement : toute paralysie totale du système sera de sa responsabilité exclusive.
Dans les couloirs des centres de formation, l’inquiétude grandit. Entre des formateurs déterminés et des autorités muettes, les apprenants se retrouvent, une fois de plus, les premières victimes d’une crise qui semble s’installer dans la durée.


