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    Antoine Yalanzele : le cri d’un serviteur de l’Etat oublié

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    Il a servi l’État au sommet du pouvoir, fréquenté les palais et porté la parole présidentielle. Aujourd’hui, Antoine Yalanzele Dangouali lutte seul contre la maladie, l’oubli et l’indifférence institutionnelle.  Dans une lettre bouleversante adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’ancien haut responsable de l’État gabonais expose sa détresse et interpelle la conscience nationale.

    Antoine Yalanzele Dangouali n’est pas un inconnu de l’appareil étatique. Ancien ministre délégué sous Omar Bongo, ancien directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et ex-Représentant personnel du président Ali Bongo Ondimba pour les questions politiques et sociales, il a exercé au cœur du pouvoir. Mais aujourd’hui, celui qui fut un rouage essentiel de l’État se dit ignoré, presque effacé.

    Dans une lettre adressée au chef de l’État, il se présente avec amertume : « Je suis Antoine Yalanzele Dangouali, que vous ne connaissez plus. » Une phrase lourde de sens, qui traduit le sentiment d’abandon d’un homme malade, contraint de rappeler son existence à l’institution qu’il a servie.

    Une maladie contractée en fonction, une prise en charge refusée

    Antoine Yalanzele affirme que la pathologie dont il souffre aujourd’hui s’est déclarée alors qu’il occupait encore ses hautes fonctions. À ce titre, estime-t-il, la prise en charge de ses soins relève clairement de la responsabilité de l’État, comme cela a été fait pour d’autres hauts responsables.

    Pourtant, déplore-t-il, aucune instruction n’a été donnée à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) pour le traitement de son dossier. Conséquence : une évacuation sanitaire arrachée dans l’urgence, financée sur fonds propres, après plus de quinze jours d’attente. « Sinon, je mourais », écrit-il sans détour.

    Le coma, la survie et la solitude

    Arrivé en France, Antoine Yalanzele sombre dans le coma pendant deux semaines. Il est ensuite admis dans une structure spécialisée, où il reste près d’un an, pour un coût mensuel compris entre 25 000 et 30 000 euros. Faute de prise en charge officielle, il est contraint de quitter l’hôpital et de s’installer dans un modeste appartement parisien, poursuivant ses soins, tant bien que mal.

    Il raconte également un espoir vite brisé : la visite d’un médecin-conseil mandaté par l’ancienne direction de la CNAMGS, venu évaluer son état, en vue d’une éventuelle prise en charge et d’un remboursement. Mais à son retour au Gabon, l’équipe est relevée, et le dossier à nouveau enterré.

    Plus récemment, une lettre de la nouvelle direction lui notifie un refus catégorique de toute prise en charge ou remboursement.

    Une interpellation directe au président Oligui Nguema

    Dans sa lettre, Antoine Yalanzele interpelle directement le président de la République, rappelant l’engagement affiché par les autorités dans la lutte contre les Accidents vasculaires cérébraux (AVC), notamment à travers le lancement de projets de structures spécialisées. Une initiative saluée, mais qui, selon lui, laisse de côté l’urgence humaine.

    « Entre-temps, que fait-on ? », questionne-t-il, rappelant que sans l’intervention et les conseils de l’équipe médicale d’El Rapha, il ne serait plus en vie aujourd’hui.

    Une demande simple, une question de dignité

    Derrière cet appel poignant, l’idée défendue par Antoine Yalanzele Dangouali est d’une simplicité désarmante : il a besoin d’une prise en charge médicale pour continuer à vivre. Ni privilège, ni faveur exceptionnelle, mais le droit élémentaire à des soins pour un homme tombé malade au service de l’État.

    Sa supplique résonne comme un avertissement : mieux vaut investir aujourd’hui pour maintenir un ancien serviteur de l’État en vie, que dépenser demain des millions pour ses obsèques nationales et le décorer à titre posthume. Une question de responsabilité, mais surtout de dignité humaine.

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