Alors que la grogne sociale monte chez les enseignants, Pierre Mintsa se retrouve au cœur d’une tempête institutionnelle. En tentant de justifier le report des paiements par une prétendue mainmise marocaine sur le système de paie, le syndicaliste a essuyé un démenti sans appel de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF). Ce recadrage public, qui réaffirme la souveraineté technologique du Gabon, pourrait bien marquer le début d’une disgrâce pour celui qui se présentait jusqu’ici comme un relais privilégié de l’exécutif.
L’autorité technique a tenu à rétablir une vérité que le syndicaliste semble avoir occultée lors de ses récentes sorties médiatiques à Port-Gentil et Libreville. L’ANINF apporte ainsi « un démenti formel à ces allégations, infondées », précise le communiqué publié le 22 janvier 2026, afin de rassurer l’opinion sur l’indépendance technologique du pays. Contrairement aux déclarations de Pierre Mintsa qui suggéraient un pilotage extérieur, l’agence rappelle que le Fichier unique de référence (FUR) est une « application de l’administration gabonaise administrée par l’ANINF », soulignant par la même occasion que cet outil a été conçu localement par la Direction générale des services informatiques (DGSI).
Une souveraineté numérique réaffirmée par l’ANINF
Cette sortie de l’ANINF résonne comme un véritable désaveu pour le syndicaliste, dont le discours commençait à irriter au plus haut sommet de l’État. En prétendant que tout était verrouillé dès le 10 du mois à cause d’une prétendue gestion délocalisée au Maroc, Pierre Mintsa a non seulement diffusé une information erronée, mais il a également touché à la sensibilité des relations diplomatiques entre Libreville et Rabat. Le système est exploité « dans un environnement institutionnel souverain et hautement sécurisé », insiste l’administration, avant de marteler qu’il est par conséquent « inexact de prétendre que la Solde serait « aux mains » d’un opérateur étranger ».
Le ton employé par l’ANINF marque une rupture nette avec la bienveillance dont Pierre Mintsa semblait jouir jusqu’alors. L’agence qualifie ses propos d’irresponsables, estimant qu’ils peuvent « fragiliser la confiance publique, exposer l’État à des risques de sécurité et créer des tensions inutiles ». Le communiqué s’étonne d’ailleurs qu’une telle légèreté vienne de la part d’un homme dont « la carrure et l’influence commandent, plus que tout autre, rigueur, sens de l’État et vérification préalable des informations ».
Ce recadrage public pose désormais la question du maintien de Pierre Mintsa dans le premier cercle du pouvoir. On sait le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema particulièrement intransigeant face aux dérapages de ses collaborateurs, même les plus proches. L’exemple de Xavier Ndong Ndong, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Libreville, rappelle que la proximité avec le sommet de l’État n’offre aucun permis de travestir la vérité. Entre mensonge délibéré et maladresse stratégique, le chuchoteur du Président pourrait bien avoir franchi une ligne rouge qui le conduirait, à son tour, vers une disgrâce certaine.
