L’urgence de la santé oculaire infantile est au cœur d’une vaste campagne lancée par le Samu Social Gabonais. Initiée sous le nom de « Ma bonne vue garantit ma réussite », cette opération de trois jours a démarré le 3 décembre dans les écoles primaires du PK8, en présence de Nadine Awanang, ministre des Affaires sociales et de l’inclusion, assurant l’intérim du portefeuille de la Santé.
L’objectif est ambitieux : offrir un dépistage et une prise en charge gratuite à 4 000 élèves.
En donnant le coup d’envoi de l’initiative, la ministre Awanang a souligné l’impératif de détecter précocement les déficiences visuelles. « La santé oculaire est essentielle pour le développement et la réussite scolaire de nos enfants. Il est important de déceler les carences visuelles le plus tôt possible pour permettre une prise en charge anticipée », a-t-elle insisté, mettant en exergue l’impact direct de la vision sur le parcours éducatif.
Sur le terrain, les équipes médicales tirent la sonnette d’alarme face à l’augmentation des troubles de la vue chez la jeunesse. Le Dr Christian Agaya, ophtalmologue mobilisé sur l’opération, établit un lien direct et préoccupant avec l’exposition précoce aux écrans. « Nous observons de plus en plus d’enfants souffrant de maux oculaires dus aux écrans. La règle est claire : pas d’écran avant l’âge de 3 ans », a averti le spécialiste.
Pour le Dr Agaya, ce phénomène s’est mué en un véritable problème de santé publique, largement encouragé par les habitudes de consommation au sein des familles gabonaises.
Le Samu social appelle à un changement de comportement
Alors que l’approche de Noël 2025 relance la traditionnelle ruée des parents vers les boutiques d’appareils électroniques, tablettes et téléphones portables étant devenus des cadeaux courants, le corps médical exhorte à la prudence.
Le Samu Social, fort de son bilan (plus de 9 000 opérations gratuites de la cataracte à son actif), insiste sur le rôle des parents dans la prévention. Les spécialistes recommandent de privilégier les livres, les activités sportives et les loisirs qui stimulent le développement sans fragiliser la vue, par opposition à la banalisation des équipements numériques.
Cependant, si cette campagne offre une bouffée d’oxygène à des milliers d’enfants, le Samu Social est catégorique : protéger la santé oculaire passe impérativement par un changement de comportement à la maison, loin de la banalisation des écrans et des réflexes de consommation.

