L’Association des étudiants handicapés du Gabon (AEHG) a organisé un atelier stratégique ce mercredi à l’Université Omar Bongo (UOB) pour dénoncer l’écart « insoutenable » entre la législation et la réalité quotidienne de l’apprentissage. La rencontre visait à structurer un plaidoyer national urgent en faveur d’une éducation véritablement inclusive.
Stive Mapaga Mapaga, coordinateur principal de l’atelier, a posé un diagnostic sévère en dénonçant la déconnexion persistante entre la volonté politique affichée par l’Exécutif et l’expérience concrète des étudiants. « Malgré les déclarations d’intention positives des pouvoirs publics, les textes promulgués ne collent pas avec le terrain », a-t-il affirmé.

Il a mis en lumière des obstacles systémiques, citant notamment l’injustice de la limite d’âge pour l’octroi des bourses d’études : de nombreux étudiants handicapés, scolarisés tardivement, obtiennent leur bac après 30 ans et se retrouvent ainsi exclus du système d’aide, bien qu’ils devraient être prioritaires. Il a également insisté sur l’inaccessibilité flagrante des infrastructures, déplorant que les trois quarts des amphithéâtres de l’UOB ne possèdent aucune rampe, rendant l’accès à la connaissance un véritable parcours du combattant pour les étudiants à mobilité réduite.
L’urgence d’une application concrète
L’atelier a bénéficié du soutien des Nations unies. Nafy Mbingt, fonctionnaire onusienne, a rappelé que cette initiative s’inscrivait dans la dynamique internationale des droits des personnes handicapées. Elle a insisté sur la nécessité pour toutes les parties prenantes d’assurer la bonne application des textes de loi existants, appelant à traduire les politiques en actions concrètes et mesurables.

Le témoignage d’un étudiant en cinquième année de droit, a illustré la dureté du quotidien. Malgré sa passion pour ses études, il a confié que chaque jour est un « parcours du combattant », manquant parfois des cours faute de pouvoir accéder aux salles. « Nous ne réclamons pas des privilèges, seulement les mêmes chances que les autres », a-t-il plaidé.

À l’issue de cette journée, l’AEHG et ses partenaires ont annoncé la finalisation imminente d’un Plaidoyer National sur l’éducation inclusive. Ce document sera transmis aux autorités compétentes, dans l’espoir qu’il provoque des réformes législatives et des travaux d’accessibilité urgents, renforçant l’intégration réelle des personnes handicapées dans le système éducatif gabonais.

