En marge du 37e Sommet de l’Union Africaine, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est prêté à un exercice aussi discret qu’essentiel : une séance de travail avec la représentation diplomatique du Gabon en Éthiopie. Une audience loin des discours convenus, placée sous le signe de l’efficacité et du retour au premier plan du Gabon sur l’échiquier continental.
Face au Chef de l’État, Lilly Stella Ngyema Ndong, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Gabon près la République fédérale démocratique d’Éthiopie et représentante permanente auprès de l’Union africaine (UA), menait une délégation composée de l’ensemble du personnel diplomatique. Cette rencontre, décrite comme «franche et responsable », a permis à la cheffe de mission d’exposer les réalités du terrain.
Au-delà des présentations d’usage, les échanges ont porté sur les attentes, les contraintes logistiques et les défis stratégiques auxquels font face les diplomates gabonais dans un environnement international marqué par une compétition d’influence accrue.
En réponse, le Chef de l’État n’a pas éludé les enjeux de performance. Tout en saluant l’engagement des agents en poste à Addis Abeba, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé le soutien de l’État, non sans rappeler ses exigences : rigueur, exemplarité et sens du devoir. Pour le Président, ces principes sont « non négociables » pour garantir la défense des intérêts supérieurs de la Nation dans cette phase de transition.
Le retour du Gabon dans le « cercle des décideurs »
Cette audience intervient à un moment charnière. Selon les informations rapportées par la Presse présidentielle du Gabon, ce sommet marque une étape clé après l’élection du Gabon au Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA pour la période 2024-2026. Cette consécration diplomatique officialise le retour de Libreville dans les instances décisionnelles majeures du continent, après une période d’observation suite aux événements d’août 2023.
L’intégration du Gabon au sein de cet organe stratégique renforce sa capacité d’influence sur les dossiers brûlants : prévention des conflits, maintien de la paix et sécurité collective. Elle confère également au pays une responsabilité accrue, à la mesure de ses ambitions renouvelées sur la scène africaine et internationale.
Les trois piliers du retour stratégique du Gabon au CPS
L’élection du Gabon au Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) pour la période 2024-2026, actée lors de la session ordinaire d’Addis-Abeba, ne représente pas seulement un succès diplomatique ; elle redéfinit le rôle de Libreville sur la scène continentale à travers trois enjeux majeurs.
Une normalisation diplomatique parachevée. Après sa suspension des instances de l’Union Africaine (UA) suite au changement de régime en août 2023, l’intégration au CPS agit comme un certificat de respectabilité. Cette élection témoigne de la confiance retrouvée des pairs africains envers la trajectoire du nouveau régime gabonais. En siégeant au sein de cet organe décisionnel, le Gabon n’est plus un dossier examiné par l’UA, mais un acteur qui participe à l’examen des crises du continent.
Un leadership régional réaffirmé. Le CPS est l’organe permanent de l’UA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Pour le Gabon, occuper l’un des sièges réservés à l’Afrique centrale permet de : peser sur les décisions liées à la stabilité de la sous-région (lutte contre le terrorisme, piraterie maritime dans le Golfe de Guinée). Renforcer la synergie entre l’UA et la CEEAC (Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale), dont les sanctions contre le Gabon ont été levées en 2024.
Une tribune pour l’Agenda 2063. Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema entend utiliser ce siège pour porter des thématiques chères au pays, notamment le lien entre paix, sécurité et environnement. Cette présence au CPS offre une visibilité internationale cruciale pour attirer des partenaires stratégiques et rassurer les investisseurs sur la stabilité institutionnelle du pays.


