Réunis à la Fondation Jeanne Ebori le 23 janvier dernier, les acteurs de la pharmacie gabonaise ont jeté les bases d’une mutation technologique profonde. Entre facturation électronique et régulation du commerce en ligne, le secteur s’apprête à redéfinir sa relation avec les patients et les assureurs.
La 3e édition des journées de l’économie des établissements pharmaceutiques s’est tenue sous l’impulsion du Syndicat national des pharmaciens du Gabon (Sypharga), en partenariat avec le ministère chargé de l’Économie numérique. Au cœur des échanges, la volonté de bâtir la pharmacie de demain en s’appuyant sur trois piliers : la digitalisation, la régularisation et la professionnalisation. Durant cette rencontre, pharmaciens, acteurs de la santé et représentants institutionnels ont planché sur les défis structurels auxquels fait face le secteur pour améliorer la qualité de service offerte aux patients.
La digitalisation des procédures figure parmi les priorités absolues. Qu’il s’agisse de la facturation électronique, des paiements dématérialisés ou des échanges numérisés avec la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) et les assureurs privés, ces leviers sont jugés essentiels pour fluidifier le parcours des assurés. Selon le Dr Sandrine Itou-Y-Maganga, ces outils numériques permettront de réduire considérablement les lenteurs administratives, les longues files d’attente et certains dysfonctionnements régulièrement décriés dans les officines. « Bien maîtrisée, la digitalisation peut améliorer le traitement des assurés », souligne-t-elle, avant d’ajouter que cela permettra de « rendre nos services plus performants ».
Vers une interface unique et sécurisée
Un autre chantier majeur concerne la mise en place d’une interface numérique unique reliant les officines, les prestataires médicaux et les organismes de couverture santé. Cette interconnexion devrait simplifier les démarches tout en sécurisant les échanges d’informations. Une commission technique devrait d’ailleurs voir le jour prochainement afin de définir les contours opérationnels de cette plateforme.
Par ailleurs, les participants n’ont pas occulté la question sensible de la vente de médicaments sur internet. Ce phénomène, amplifié par la crise sanitaire, voit émerger une demande parfois satisfaite de manière informelle ou illégale. Pour les professionnels du médicament, il devient urgent de structurer cette pratique via un cadre juridique sécurisé, en collaboration avec l’Agence du médicament. L’enjeu reste de protéger les patients contre les produits contrefaits tout en s’adaptant aux nouvelles habitudes de consommation.
Le Sypharga entend ainsi impulser une transformation durable pour que la pharmacie gabonaise devienne un acteur pleinement intégré à l’économie numérique. En misant sur la transparence et l’innovation, le secteur espère répondre plus efficacement aux exigences sanitaires contemporaines.