À Nouvelle Gabon Mining (NGM), la crise n’est plus une simple hypothèse de gestion, elle s’est muée en une réalité administrative brutale. Sous le couvert de procédures internes feutrées et d’un vocabulaire technique, un plan de licenciement économique se déploie, menaçant directement des dizaines de travailleurs et, par extension, des centaines de familles gabonaises. Ce qui se joue aujourd’hui dans les bureaux de la direction dépasse largement le cadre d’une restructuration privée car il s’agit d’un signal d’alarme critique pour l’ensemble du secteur minier national et pour l’État.
L’examen attentif des documents relatifs au projet de licenciement révèle que l’entreprise envisage de se séparer, dans un premier temps, de 37 salariés sur un effectif global de 240 agents. Si cette mesure est officiellement présentée comme une nécessaire rationalisation destinée à adapter l’entreprise à ses capacités économiques actuelles, elle constitue sur le plan social un choc frontal. Pour ces travailleurs, souvent anciens et piliers de leurs foyers, cette décision signifie la fin d’une stabilité vitale dans un environnement économique déjà précaire.
Un paradoxe entre austérité sociale et ambitions industrielles
Cette fragilité apparente de Nouvelle Gabon Mining résulte d’une combinaison de facteurs défavorables où la baisse de l’activité rencontre des contraintes financières persistantes. Malgré des charges d’exploitation qui demeurent élevées, les marges de manœuvre s’amenuisent, limitant la capacité de la société à moderniser ses équipements ou à maintenir son capital humain. Faute de solutions structurelles immédiates, la direction semble avoir choisi de faire de l’emploi la variable d’ajustement, une option dont les conséquences humaines s’annoncent dévastatrices.
Au-delà des chiffres comptables, la perte d’un emploi stable condamne de nombreuses familles à l’impossibilité de financer la scolarité des enfants ou l’accès aux soins de santé. Dans un contexte de rareté des opportunités de reclassement, ces licenciements alimentent un sentiment d’injustice sociale profond, d’autant que les salariés ne se sentent nullement responsables des choix stratégiques ayant mené à cette impasse.
L’effet domino et la responsabilité de l’État
Cette détresse est amplifiée par un effet domino redouté chez les sous-traitants. Les partenaires de l’entreprise, dont l’activité dépend exclusivement de Nouvelle Gabon Mining, envisagent à leur tour des vagues de départs, multipliant ainsi le nombre de travailleurs indirects bientôt privés de revenus. L’urgence de la situation interpelle désormais directement les pouvoirs publics. Le silence de l’État face à cette multiplication de licenciements serait perçu comme un abandon, alors qu’il lui appartient de jouer son rôle de médiateur pour examiner la légalité de ces procédures.
L’enjeu est d’autant plus politique qu’une contradiction majeure alimente l’incompréhension des employés : comment justifier une telle réduction d’effectifs sur les sites d’Okondja et Franceville alors que, parallèlement, l’entreprise investit massivement dans un nouveau site à Mounana ? Ce paradoxe d’une gestion à géométrie variable laisse les observateurs perplexes. La situation de Nouvelle Gabon Mining devient ainsi le symbole d’une question essentielle : celle de la conciliation entre la survie des entreprises et la protection des travailleurs. Sans une intervention rapide des autorités, ce plan pourrait marquer le début d’une crise sociale plus vaste au Gabon.
