Si certains préfèrent se cacher derrière l’antienne « le chien aboie, la caravane passe », elle, l’ancienne farouche opposante au pouvoir déchu dénie au dernier Premier ministre d’Ali Bongo l’emploi du terme « crise institutionnelle » au Gabon. Sur la chaine française de télévision TV5, hier soir, en effet, Alain Claude Bilie-By-Nze affirmait que le peuple gabonais « n’en peut plus et ne veut plus » de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire de la descendante de Wongo qui, dans la tribune ci-après, remet les choses dans leur contexte. « Cette sortie illégitime, antirépublicaine, maladroite et finalement égocentrique, écrit-elle, traduit une problématique profonde qui mine le débat politique au Gabon : celle de l’éditorialisation du débat politique à l’aune des intérêts personnels. » Et de poursuivre : « Il est intolérable que dans un pays de droit, des citoyens dont la gestion a été maculée du désespoir et de la détresse des Gabonais s’autoproclament aujourd’hui justiciers, à l’exclusion des mécanismes légaux prévus par le corpus juridique en vigueur. Une crise sociale n’est pas inédite dans un pays démocratique. Elle traduit la vitalité de la liberté d’expression. Mais une crise sociale n’est nullement une crise institutionnelle. » Voilà qui est dit ! Lecture
Par Nadia Christelle Koye*
Depuis quelques jours, des voix éminemment politiciennes s’élèvent pour annoncer une crise de légitimité que connaîtrait le président de la République, chef de l’Etat, chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ces annonces démagogiques ont atteint leur acmé hier soir, à l’occasion d’une communication faite sur TV5 par Monsieur Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et sempiternel promoteur et défenseur du service après-vente du pouvoir d’Ali Bongo.
En effet, au cours de cet entretien, Monsieur Bilie-By-Nze a affirmé que le peuple gabonais « n’en peut plus et ne veut plus » de Brice Clotaire Oligui Nguema. Et que, selon lui, il était impératif d’envisager l’interruption du mandant présidentiel avant l’échéance.
In limine litis, la Constitution est le socle de l’organisation du pouvoir politique. L’article 3 de la Constitution dispose que la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce directement, par le Référendum ou par l’élection, selon le principe de la démocratie pluraliste, et indirectement par les institutions constitutionnelles.
Fort de ce rappel élémentaire en matière démocratique, je m’interroge sur le fondement des allégations fallacieuses et dilatoires du candidat malheureux à l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Quel est le mécanisme institutionnel qui a permis de consulter les Gabonais sur une question aussi cruciale que celle du choix du président de la République ? Et de l’évaluation de la mise en œuvre de son projet de société, fondement du plébiscite des Gabonais avec près de 95% des voix, lors de l’élection présidentielle susmentionnée.
Un individu, qui n’a pas réussi à recueillir plus de 3% à une élection présidentielle, peut-il se subroger à la souveraineté nationale, en s’exprimant pour le compte de tout un pays ? Cette sortie illégitime, antirépublicaine, maladroite et finalement égocentrique traduit une problématique profonde qui mine le débat politique au Gabon : celle de l’éditorialisation du débat politique à l’aune des intérêts personnels.

En effet, il est inconcevable et intolérable qu’à une période aussi sensible de la vie sociale de notre pays, où l’attention devrait être cristallisée sur la résolution de la crise sociale autour des revendications légitimes des enseignants, des perfides trompeurs, des profito-situationnistes chroniques et obsédés, sans aucune légitimité, ni même légalité, sabordent et compromettent la cohésion nationale en distillant le mensonge dans les médias, par des allégations mensongères.
Il est intolérable que la détresse des parents d’élèves et des enseignants soit exploitée pour motiver l’appétence pour l’exposition médiatique des politiciens nostalgiques des pratiques prosaïques, illégitimes et illégales. Il est intolérable que dans un pays de droit, des citoyens dont la gestion a été maculée du désespoir et de la détresse des Gabonais, s’autoproclament aujourd’hui justiciers, à l’exclusion des mécanismes légaux prévus par le corpus juridique en vigueur.
Une crise sociale n’est pas inédite dans un pays démocratique. Elle traduit la vitalité de la liberté d’expression. Mais une crise sociale n’est nullement une crise institutionnelle. Monsieur Bilie-By-Nze n’a pas dit la vérité sur TV5 hier.