Chaque jour, le Grand Libreville produit plus de 600 tonnes de déchets, une charge que la décharge de Mindoubé, saturée après quarante ans d’exploitation, ne peut plus supporter. Pour sortir de cette impasse sanitaire, les autorités activent désormais le site de Nkoltang. Ce nouveau pôle de 75 hectares doit transformer radicalement la gestion des rebuts de l’agglomération.
Situé à 28 kilomètres de la capitale, Nkoltang accueillera d’abord un centre d’enfouissement temporaire avant d’évoluer vers un centre de valorisation moderne. Ce projet est conçu pour traiter les déchets d’Owendo, Akanda et Libreville dans des conditions respectueuses de l’environnement. Pour les riverains de Mindoubé, cette transition est synonyme de délivrance face aux fumées toxiques et aux nuisances quotidiennes.
L’objectif est de rompre avec l’enfouissement sauvage pour instaurer un traitement contrôlé, adapté à la croissance démographique. Selon la société adjudicataire, les infrastructures sont prêtes pour le long terme. Le porte-parole de l’entreprise a ainsi affirmé que le site offre « la possibilité d’absorber tous les déchets ménagers du Grand Libreville » et ce, « sur une durée d’une trentaine d’années à peu près ».

La promesse d’un site aux normes
Techniquement, le centre mise sur la protection des ressources naturelles. « C’est un projet à forte connotation environnementale », assure le porte-parole, précisant que les installations comprennent de « grands bassins avec un système de filtration en dessous » ainsi qu’un « système de captation pour tout ce qui est déchets viables ». Ce dispositif doit empêcher la contamination des sols et des nappes phréatiques, tout en favorisant le recyclage d’une partie des collectes.
L’enjeu dépasse la simple ingénierie : il s’agit de garantir aux populations un cadre de vie sain sur la durée. Si Nkoltang tient ses promesses techniques et opérationnelles, la fermeture définitive de Mindoubé ne sera plus un mirage, mais le signal d’une mutation écologique indispensable pour le pays.