Le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a reçu cette semaine l’ambassadrice des États-Unis en fin de mission pour acter une étape clé de la coopération bilatérale. Au centre des échanges figure la construction d’un data center national à Libreville, une infrastructure stratégique qui lie étroitement transformation digitale et autonomie énergétique.
Le projet, porté par le groupe américain CYBASTION, se distingue par une approche intégrée rare. Sous la conduite du Dr Thierry Awandji et d’Anthonia Oliveira, les promoteurs prévoient l’implantation d’une centrale thermique à gaz de 20 MW. Cette unité de production est spécifiquement dimensionnée pour garantir l’alimentation continue du data center, protégeant ainsi les serveurs des fluctuations du réseau national. Dans un contexte où la demande en électricité ne cesse de croître, cette autonomie est présentée comme un gage de fiabilité indispensable pour les futurs utilisateurs.
Une synergie entre numérique et sécurité énergétique
Loin de fonctionner en vase clos, cette infrastructure énergétique est conçue pour soutenir le réseau public. Les concepteurs du projet prévoient en effet que l’électricité excédentaire soit directement injectée dans le réseau de la SEEG. Cette synergie technique permet de renforcer l’offre globale dans le Grand Libreville tout en sécurisant un actif stratégique. Pour les autorités gabonaises, il s’agit d’une réponse concrète aux contraintes techniques actuelles, transformant un besoin industriel en un bénéfice pour la collectivité.
Sur le volet technologique, ce futur pôle numérique se positionne comme le garant de la souveraineté des données nationales. En offrant des capacités locales de stockage et de traitement, il s’adresse prioritairement aux administrations publiques et aux opérateurs économiques désireux de sécuriser leurs actifs numériques. Cette modernisation de l’outil administratif est vue comme un levier de croissance capable de soutenir l’émergence de nouveaux services à forte valeur ajoutée.
Cette audience, teintée d’émotion par le départ de la diplomate américaine, marque une volonté commune de pérenniser les investissements structurants entre Libreville et Washington. En alliant l’innovation technologique à la durabilité énergétique, le Gabon franchit un pas supplémentaire vers la diversification de son économie et la maîtrise de son destin numérique.