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Gabon : Un QR Code pour sortir le gibier de l’ombre

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Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit homme-faune, Maurice Ntossui Allogo, a lancé début mars 2026 un système national de traçabilité de la « viande de brousse ». En misant sur le numérique, l’Etat gabonais espère structurer une filière historiquement informelle et renforcer la lutte contre le braconnage. Un défi de taille sur le terrain.

Le gibier n’échappera plus au radar de l’Etat. Au Gabon, où la forêt occupe 90 % du territoire, la « viande de brousse » est un pilier de l’assiette et de l’économie locale. Mais jusqu’ici, le secteur restait une zone grise, échappant à tout contrôle rigoureux. Pour y remédier, le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, vient d’introduire un outil inédit : un QR code unique pour chaque produit issu de la faune.

« Le QR code est un outil majeur de gouvernance permettant d’instaurer une filière structurée, transparente et durable », a martelé le ministre lors du lancement. L’objectif est limpide : pouvoir retracer le parcours du produit, du site de prélèvement légal jusqu’à l’étal du marché.


Dans un pays où la chasse et la vente de viande de brousse restent largement informelles, la mise en œuvre du QR code s’annonce comme un défi.

Dans un pays où la chasse et la vente de viande de brousse restent largement informelles, la mise en œuvre du QR code s’annonce comme un défi.

Au-delà de l’organisation commerciale, l’enjeu est écologique. En identifiant chaque pièce de viande, le gouvernement entend verrouiller le marché contre le braconnage et assurer la survie des espèces protégées.

Si l’initiative séduit sur le papier, elle se heurte déjà au scepticisme de l’opinion publique. Comment imposer le numérique dans les zones les plus reculées du pays ? La filière repose sur des circuits informels profondément ancrés dans les habitudes.

Pour les observateurs, la technologie ne suffira pas. La réussite de cette réforme dépendra de trois facteurs clés : la rigueur des agents sur le terrain ; une sensibilisation massive des chasseurs et commerçants ; des moyens logistiques conséquents pour les services de contrôle. Le QR code marque une volonté de modernisation évidente. Reste à savoir si cette ambition numérique saura s’adapter à la réalité brute de la forêt gabonaise.

Comment ça marche ?

Le système de traçabilité numérique repose sur un processus en trois étapes clés, conçu pour sécuriser chaque maillon de la chaîne : l’enregistrement à la source. Lors d’un prélèvement légal (hors espèces protégées et durant les périodes autorisées), l’animal est enregistré par les services des Eaux et Forêts. Un identifiant numérique unique est généré.

Le marquage par QR Code. Une étiquette scellée ou un certificat portant le QR code est apposé sur la carcasse ou le lot de viande. Ce code contient des données inviolables : espèce, date, zone de chasse et nom de l’exploitant agréé.

Le contrôle instantané. Grâce à une application mobile dédiée, les agents de contrôle (brigades de faune, douanes) et même les acheteurs finaux peuvent scanner le code. En un clic, ils vérifient instantanément si le produit provient d’un circuit légal ou du braconnage.

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