La situation demeure tendue à la radio-télévision nationale gabonaise. À la maison Georges Rawiri, les agents dénoncent depuis plusieurs jours des restrictions d’accès aux locaux, qu’ils estiment conditionnées à la signature d’une fiche d’engagement, une mesure jugée inacceptable dans le contexte actuel de crise sociale.
Selon le Syndicat des professionnels de la communication (Syprocom), ces restrictions ont été constatées dès le début de la semaine. « Arrivés depuis lundi, nous avons fait la levée de couleurs. Mais nous avons dû la faire dehors, parce qu’il nous avait été demandé d’avoir nos noms sur une liste et de remplir une fiche d’engagement pour pouvoir accéder à notre lieu de travail, ce que nous avons refusé », a déclaré Hervé Ndzighe Nzoghe, président du Syprocom.
Face à ces accusations, les directions générales réfutent toute volonté d’entrave à l’activité syndicale. Par la voix du président de la commission bipartite, elles évoquent plutôt la mise en place d’un dispositif exceptionnel de sécurité, instruit par la tutelle.
« La maison Georges Rawiri est un instrument de souveraineté. La fiche demandée est une simple fiche d’identification, adressée à tout le monde, du directeur général à l’agent le plus modeste », a expliqué Elmut Moutsinga Boulingui, président de la commission bipartite, rejetant toute interprétation visant à y voir une mesure de pression.
Au-delà de la question de l’accès aux locaux, la reprise des négociations constitue un autre point de crispation. Le Syprocom dénonce une confusion provoquée par la convocation d’une réunion des directions générales prévue le 28 janvier, à la même date que celle annoncée par le ministère de la Communication.
Une situation que reconnaît également la commission bipartite. « Malheureusement, vous nous apprenez qu’il y a une rencontre avec le ministre. Si nous avions été informés de cette rencontre, nous aurions pu ajuster. Il n’est pas encore trop tard, tout peut être ajusté », a indiqué Elmut Moutsinga Boulingui.