Après une longue période de léthargie, l’Union du peuple gabonais (UPG) sort de son silence. Une assemblée générale organisée ce samedi 7 mars 2026 au siège d’Awendjé a marqué le coup d’envoi de la restructuration du parti, avec en ligne de mire un congrès national décisif.
L’heure est à la mobilisation au quartier Awendjé. Le parti fondé par l’emblématique Pierre Mamboundou veut retrouver son lustre d’antan. Pour ce faire, les cadres de l’UPG ont acté ce week-end la mise en place d’une commission ad hoc et d’une coordination générale, véritables tours de contrôle du processus de transition devant mener à la prochaine convention nationale.
Le principal chantier de cette relance est technique. Pour Aleck Nziengui, secrétaire général de la formation, la modernisation du parti passe par une identification rigoureuse de ses troupes. « L’ancien fichier était devenu caduc », a-t-il tranché.
Le nouveau système repose sur trois piliers : une refonte totale de la base de données ; une nouvelle fiche d’adhésion intégrant une photographie, l’exigence du Numéro d’identification personnel (NIP) pour chaque membre.
Se conformer à la loi, reconquérir le terrain
Au-delà de la stratégie interne, cette mutation répond à une nécessité légale. Selon le coordinateur général, Roger Mouloungui, l’usage du NIP est désormais indispensable pour garantir l’existence juridique des formations politiques au Gabon.
Mais la bataille se jouera aussi sur le terrain. Les responsables ont reçu pour consigne de parcourir le pays afin de remobiliser la base. L’objectif est de transformer cette étape administrative en un véritable élan populaire pour que le futur congrès ne soit pas seulement une réunion de cadres, mais le point de départ d’une reconquête politique.
En multipliant les références à son fondateur historique, la direction actuelle de l’UPG cherche à ressouder un parti qui a connu plusieurs années de divisions internes. L’intégration du NIP dans le processus d’adhésion est perçue comme un gage de transparence et de sérieux, visant à rassurer les militants et les autorités sur la vitalité réelle de cette formation historique de l’opposition.
L’exigence du Numéro d’identification personnel (NIP) pour les adhésions n’est pas qu’une simple formalité administrative. Elle s’inscrit dans le cadre du durcissement de la loi sur les partis politiques au Gabon. Cette mesure vise à mettre fin aux « doubles adhésions » et aux fichiers gonflés artificiellement. Pour l’UPG, c’est un test de crédibilité : en liant chaque militant à une identité biométrique officielle, le parti prouve qu’il dispose d’une base réelle et vérifiable, condition sine qua non pour peser lors des futurs scrutins.
Le défi de l’unité retrouvée
Au-delà de la restructuration technique, le véritable défi pour Aleck Nziengui et Roger Mouloungui reste celui de la cohésion. Depuis la disparition de Pierre Mamboundou, l’UPG a souvent été affaiblie par des querelles de leadership. L’installation de cette nouvelle coordination générale est une tentative de synthèse pour rassembler les différentes sensibilités du parti. La réussite du prochain congrès dépendra de la capacité des cadres à convaincre la base que cette « redynamisation » est un projet collectif et non une simple manœuvre d’appareil.
En lançant ce chantier de restructuration, l’UPG joue sa survie sur l’échiquier politique gabonais. Entre modernisation technique et reconquête territoriale, le parti d’Awendjé n’a plus le droit à l’erreur. Le succès du futur congrès déterminera si cette formation historique peut redevenir un acteur de premier plan ou si elle restera prisonnière de son passé.


