Face à la presse ce jeudi 12 février 2026 dans les locaux abritant le cabinet du président-fondateur de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), sis à la Sablière, les membres du directoire, parmi lesquels le directeur de cabinet du président, Jean-Pierre Oyiba, les vice-présidents, Serge Maurice Mabiala et Séraphin Akure Davain ont tenu à clarifier la position du parti sur la grève des enseignants. Tout en saluant le dénouement de la crise, le directoire du parti met en garde contre les tentatives de manipulation orchestrées par certains acteurs de l’opposition.
D’entrée les collaborateurs du président de l’UDB, par la voix du vice-président Séraphin Davin Akure, a rappelé que « le cabinet du président fondateur de l’UDB a été saisi par un groupe d’enseignants sur la crise qui a prévalu dans le monde éducatif ». Cette rencontre serait donc la suite de la déclaration officielle de l’UDB Sur Gabon Première, le 31 janvier 2026. La sortie médiatique serait consécutive « à la prise de conscience collective des enseignants ayant abouti au dénouement de cette crise dans le secteur éducation ».

Egrenant les différentes négociations qui ont été menées pour arriver à cette prise de conscience collective, le Vice-président a préconisé : « Par ailleurs, l’UDB invite tous les acteurs politiques, au regard du caractère sensible et primordial de l’éducation de nos enfants et pour l’avenir de notre pays, à faire fi de toute instrumentalisation et manipulation de la crise qui secoue notre système éducatif », a-t-il déclaré. Sans le nommer, Davin Akure s’est violemment pris à l’ancien Premier ministre du régime déchu, Alain Claude Bilie-By-Nze. « L’UDB condamne avec fermeté les propos tenus par un ancien Premier ministre, candidat malheureux de la dernière présidentielle, lors de ses interventions dans les médias internationaux », citant TV5 Monde, RFI et Global Africa Telesud.
Accusée par certains observateurs d’avoir tardé à s’exprimer sur la paralysie du secteur éducatif, l’UDB balaie ces critiques d’un revers de main. Pour Jean-Pierre Oyiba, ce silence était une phase d’analyse nécessaire. « La réaction de l’UDB n’est pas tardive, c’est une réaction responsable. L’UDB, créée par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, exerce les fonctions de l’Etat. L’UDB siège au parlement et au gouvernement. Il est donc important que ses responsables prennent le temps d’examiner la situation, avant de donner un avis ou des orientations conformes à la ligne de conduite de son président. Nous avons pris le temps de bien examiner la situation avant de donner notre avis », a-t-il précisé.
Vers une sortie de crise durable
Le parti affirme avoir pris la mesure de la détresse du corps enseignant dès le 27 janvier 2026, suite à des missions de terrain et des saisines directes. L’UDB reconnaît ainsi le caractère « social et légitime » des revendications, tout en rappelant l’implication personnelle du président de la République pour rétablir le dialogue social au Gabon.
L’honorable Davain Akure a rappelé les étapes clés de la médiation : des audiences présidentielles accordées aux syndicats dès la mi-janvier, suivies de l’instruction ferme donnée au gouvernement de mettre en place une commission interministérielle (Éducation, Fonction publique, Budget).
Ces efforts ont abouti à la signature de deux protocoles d’accord visant à normaliser la situation. Le directoire de l’UDB exhorte désormais le gouvernement à respecter scrupuleusement ces engagements pour garantir une « accalmie durable » et « restaurer la confiance entre l’État et ses partenaires sociaux ».
Les responsables de l’UDB sont revenus sur l’actualité politique relative à la crise de l’éducation. Par leurs voix, le parti présidentiel condamne fermement ce qu’il qualifie de « déni de réalité » de la part de certains opposants. L’ancien Premier ministre a été encore pris pour cible par l’UDB, accusé de faire une récupération de cette crise. Ses propos, jugés « diffamatoires et calomnieux », sont perçus par le parti au pouvoir comme une tentative d’instrumentalisation d’un secteur aussi sensible que celui de l’éducation. L’UDB appelle l’ensemble de la classe politique à la retenue pour préserver l’avenir de la jeunesse gabonaise.