Réunis en assemblée générale, le 31 janvier 2026 à Libreville, à l’immeuble Arambo, les médecins gabonais ont acté une refonte en profondeur de leur institution. Sous l’impulsion du Dr Emmanuel Ogandaga, président du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), cette rencontre marque un tournant après des années de transition politique et les défis de la période post-Covid-19.
Pour le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), le changement n’est plus une option mais une nécessité vitale. « Notre institution souffre aujourd’hui de textes trop anciens qui ne nous permettent plus de bien fonctionner », a martelé le Dr Ogandaga face à ses confrères. L’Ordre est en effet régi par une ordonnance datant de 1975, un cadre législatif jugé totalement inadapté aux réalités contemporaines du système de santé gabonais.
Vers un nouveau Code de déontologie
Au cœur des échanges, la révision du règlement intérieur a été soulevée comme une priorité. Le président de l’Ordre a notamment pointé du doigt l’article 18, dont certaines dispositions écarteraient inutilement des praticiens. L’objectif affiché est clair : instaurer un Ordre plus inclusif et efficace. En parallèle, le CNOM s’attelle à l’élaboration de son propre code de déontologie, en s’alignant sur le projet de Code de la santé publique actuellement en examen au Sénat.
Une santé financière en demi-teinte
Si la trésorerie de l’institution affiche une progression spectaculaire, passant de 53 millions de FCFA en 2012 à 227 millions de FCFA fin 2025, l’équilibre demeure fragile. Le Dr Ogandaga a déploré l’incivisme fiscal de ses membres : sur plus de 2 200 médecins inscrits, près de 80 % ne sont pas à jour de leurs cotisations. « C’est un vrai problème pour le fonctionnement de notre institution. Chacun doit prendre ses responsabilités », a-t-il rappelé avec fermeté.
En clôture des travaux, le président a annoncé l’ouverture prochaine des candidatures pour le renouvellement du bureau du CNOM. Cet appel à candidature vise à insuffler une nouvelle dynamique et à bâtir une institution plus crédible, capable de relever les défis de la médecine moderne au Gabon.

