Le monde de l’éducation est en ébullition depuis le mercredi 7 janvier 2026, date à laquelle le paiement tant attendu des vacations de la session 2024-2025 a tourné à la farce. Ce qui devait être une opération de régularisation financière s’est transformé en une gifle monumentale pour les acteurs du système éducatif. En consultant leurs comptes, de nombreux enseignants ont découvert avec stupeur des virements de 1 800 FCFA. Ce montant, inférieur au prix d’un manuel scolaire de base, est désormais perçu comme le symbole d’un mépris systémique envers ceux qui forment la jeunesse gabonaise.
Pour tenter d’éteindre l’incendie, le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique a dégainé un communiqué aux allures de leçon de comptabilité. L’administration s’abrite derrière une lecture froide et bureaucratique des textes, précisant que « le paiement des vacations relatives aux examens de l’année scolaire 2024-2025 s’effectue de manière progressive ». Le ministère insiste sur le fait que les sommes décriées « ne correspondent qu’à une première tranche, équivalente à 50 % du montant total dû » pour les différents baccalauréats, une explication qui peine à calmer l’indignation générale.
Cette gymnastique sémantique masque difficilement un naufrage logistique. Jamais dans l’histoire administrative du pays, l’État n’était tombé dans une telle déconnexion avec la réalité du terrain. Pour justifier ces versements dérisoires, le ministère rappelle que, selon le cadre réglementaire, « le paiement des vacations est effectué en fonction des activités effectivement réalisées ». En détaillant les tarifs, l’autorité explique que les montants perçus reflètent « uniquement une partie correspondant à une activité spécifique », en l’occurrence l’harmonisation, dans la majorité des cas observés par les services financiers.
La colère des enseignants ne porte plus seulement sur le retard de paiement, mais sur la dignité de leur fonction. En choisissant de verser des miettes de manière isolée, le ministère fait preuve d’une maladresse déconcertante. Payer un fonctionnaire à hauteur de 1 800 FCFA, c’est ignorer superbement les frais de transport et l’investissement humain consentis. Bien que le communiqué assure que « l’intégralité des montants dus sera versée », le mal est déjà fait.
En s’accrochant à des dispositions réglementaires pour justifier l’inacceptable, l’administration oublie qu’au-delà des textes, il existe un contrat de respect mutuel que cette transaction financière vient de fragiliser.
