Au lendemain de la Journée nationale de l’enseignant, la réalité sociale a vite balayé les festivités. Ce mardi 24 mars 2026, le collectif des enseignants non intégrés a exposé sa situation de grande précarité au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Entre promesses présidentielles et blocages budgétaires, le malaise s’installe.
Ils sont près d’une centaine, répartis sur tout le territoire gabonais, à tenir les salles de classe sans existence légale. Reçus en audience par le président du CESEC, Guy Bertrand Mapangou, ces enseignants ont dénoncé une situation devenue « intenable » : travailler depuis des années sans statut, sans sécurité administrative et sans salaire fixe de l’Etat.
Le problème central reste le même : l’absence de postes budgétaires. Malgré des démarches répétées, ce verrou administratif bloque toute régularisation. Pour ces enseignants, le sentiment d’abandon est profond, d’autant que le secteur de l’éducation est officiellement érigé en priorité nationale.
Enseigner sans être reconnu comme agent de l’Etat, c’est vivre dans l’incertitude permanente, souvent avec des revenus dérisoires ou précaires, dans un pays qui souffre pourtant d’un déficit chronique de personnel éducatif.
Entre espoir et scepticisme
Cette audience intervient 24 heures après les annonces du Chef de l’Etat. Lors de la Journée nationale de l’enseignant, Brice Clotaire Oligui Nguema a réitéré sa volonté d’intégrer progressivement les bénévoles et intérimaires, notamment via la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).
Si ces propos ont ouvert une lueur d’espoir, la prudence reste de mise. Au CESEC, la réponse est restée institutionnelle. Tout en promettant de transmettre le dossier aux autorités compétentes, Guy Bertrand Mapangou a invité le collectif à la patience.
Une attente sans fin ? Peut-on retorquer, vu le décalage entre la volonté politique affichée et les lenteurs de l’administration locale qui pèse lourdement sur le quotidien de ces professionnels. Une seconde question demeure au cœur du débat : combien de temps ces enseignants devront-ils encore exercer « sans exister » aux yeux de la République ?


