Réunis en assemblée générale ce samedi 4 avril 2026 à Libreville, les membres du Syndicat autonome des commerçants du Gabon (SYNACOG) ont dénoncé un environnement fiscal devenu « invivable ». Entre multiplication des taxes et contrôles intempestifs, le secteur menace de réduire ses activités.
Le constat était amer à la Chambre de commerce de Libreville. Sous l’égide de leur secrétaire général, Jonas Mouniengou Mbembo, les commerçants gabonais ont fait le point sur une situation qu’ils jugent critique. Malgré leur volonté affichée de privilégier le dialogue avec les autorités, l’exaspération monte face à une pression fiscale jugée disproportionnée.
Une « parafiscalité » étouffante
Le SYNACOG pointe du doigt une accumulation de prélèvements émanant à la fois des collectivités locales et de l’administration publique. Pour Jonas Mouniengou Mbembo, cette superposition de taxes fragilise les opérateurs, en particulier les plus petits. « Cette situation dure depuis plusieurs années et rend l’activité commerciale presque impossible pour certains », a-t-il martelé.

Le secteur de l’alimentation se trouve en première ligne. Les commerçants y dénoncent des contrôles administratifs de plus en plus fréquents, débouchant sur des amendes jugées arbitraires ou excessives.
Face à l’impasse, le ton se durcit. Pour limiter les charges, notamment les taxes sanitaires, certains opérateurs envisagent désormais des mesures radicales : baisser le rideau plus tôt en semaine et cesser toute activité le week-end.
Au-delà de l’aspect purement financier, le syndicat fustige le manque de lisibilité administrative. Le chevauchement des compétences entre plusieurs services sur les mêmes dossiers crée, selon eux, une confusion coûteuse et inutile.
L’énigme du prix de la farine
L’ordre du jour a également abordé la cherté des coûts de production. Le SYNACOG s’étonne notamment du maintien du prix élevé de la farine dans les boulangeries, alors que les cours mondiaux du blé se sont stabilisés.
Une lueur d’espoir subsiste néanmoins : la nomination d’un nouveau responsable provincial à l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA). Ce dernier est perçu comme un interlocuteur plus ouvert au dialogue, même si le syndicat prévient qu’il attend désormais des « résultats concrets » pour apaiser la grogne du secteur.


