Avec 1 147 dossiers validés pour seulement 750 lits disponibles, la Commission d’attribution des chambres du CNOU place les étudiants de l’Université Omar Bongo dans une situation critique. Dès lundi, la règle du « premier payé, premier servi » transformera l’accès au campus en un véritable sprint financier.
Le verdict est tombé ce 19 mars 2026 à Libreville. Si la Commission d’attribution des chambres a jugé éligible la quasi-totalité des demandeurs (1 147 sur 1 198), la réalité physique du campus est tout autre : le déficit de places est criant. Près de 400 étudiants, pourtant sélectionnés, resteront sur le carreau faute d’infrastructures suffisantes.
Pour trancher ce déséquilibre, l’administration a choisi une méthode pragmatique mais brutale : la réactivité financière. Pour sécuriser une chambre, les candidats devront verser immédiatement trois mois de caution, soit 30 000 FCFA (pour un loyer mensuel de 10 000 FCFA).
Dès l’affichage des listes ce lundi, une course contre la montre s’engagera. Un système qui pénalise de fait les étudiants les plus précaires, dont les bourses accusent parfois des retards et qui ne disposent pas d’un soutien familial immédiat.
Un sursis pour les anciens
Dans ce climat de haute tension, les résidents actuels bénéficient d’une légère bouffée d’oxygène. Un « délai de rigueur » leur a été accordé pour renouveler leur bail, évitant ainsi des expulsions soudaines. Toutefois, ce répit ne règle en rien le problème de fond : l’étroitesse de l’offre publique face à l’explosion de la demande estudiantine.
Ce manque structurel de logements pousse chaque année des centaines de jeunes vers le secteur privé, aux tarifs prohibitifs, ou vers des logements précaires loin du campus. Au-delà du confort, c’est l’égalité des chances qui est ici posée : sans logement décent et au coût abordable, la poursuite sereine des études à l’UOB devient, pour beaucoup, un défi insurmontable.


